{"id":4023,"date":"2020-11-07T09:48:40","date_gmt":"2020-11-07T08:48:40","guid":{"rendered":"http:\/\/www.paceperilcongo.it\/fr\/?p=4023"},"modified":"2020-11-07T09:48:40","modified_gmt":"2020-11-07T08:48:40","slug":"congo-actualite-n-422","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.paceperilcongo.it\/fr\/2020\/11\/congo-actualite-n-422\/","title":{"rendered":"Congo Actualit\u00e9 n. 422"},"content":{"rendered":"<h1 style=\"text-align: justify;\">L\u2019INSTALLATION DU BOURGMESTRE DE LA COMMUNE RURALE DE MINEMBWE AU SUD KIVU (2)<\/h1>\n<h1 style=\"text-align: justify;\">SOMMAIRE<\/h1>\n<p style=\"text-align: justify;\">1. LES CL\u00c9S POUR COMPRENDRE LA CONTROVERSE DE MINEMBWE<br \/>\n2. LE MINISTRE AZARIAS RUBERWA R\u00c9POND AUX QUESTIONS DES D\u00c9PUT\u00c9S NATIONAUX<br \/>\n3. LA D\u00c9CLARATION DE L\u2019\u00c9V\u00caQUE DU DIOC\u00c8SE D\u2019UVIRA<br \/>\n4. LES R\u00c9ACTIONS DE DEUX NOTABLES DU SUD KIVU<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<h1 style=\"text-align: justify;\">1. LES CL\u00c9S POUR COMPRENDRE LA CONTROVERSE DE MINEMBWE<\/h1>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis ces derni\u00e8res semaines, Minembwe, une commune du Sud-Kivu, dans l\u2019Est de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC), est au c\u0153ur d\u2019une controverse. L\u2019installation de son nouveau bourgmestre le 28 septembre dernier a raviv\u00e9 les craintes d\u2019une \u00abbalkanisation\u00bb de la r\u00e9gion par le Rwanda, et a divis\u00e9 la classe politique congolaise. Au centre de la pol\u00e9mique, on trouve la communaut\u00e9 rwandophone Banyamulenge, majoritaire \u00e0 Minembwe, accus\u00e9e de vouloir cr\u00e9er un territoire autonome. La cr\u00e9ation de cette commune rurale et l\u2019installation d\u2019un maire Banyamulenge par un ministre, lui-m\u00eame issu de cette communaut\u00e9, a mis le feu au poudre. D\u2019autant que depuis plusieurs mois, les violences redoublent dans la r\u00e9gion entre milices Banyamulenge et groupes arm\u00e9s d\u2019autres communaut\u00e9s.<br \/>\nFace au toll\u00e9 suscit\u00e9, le pr\u00e9sident F\u00e9lix Tshisekedi a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019annuler l\u2019installation de la commune de Minembwe et de nommer une commission d\u2019experts pour trancher.<br \/>\nLe coordonateur du Barom\u00e8tre s\u00e9curitaire du Kivu, Pierre Boisselet, analyse cette pol\u00e9mique.<br \/>\n<strong>&#8211; Qui sont les Banyamulenge pr\u00e9sents au Sud-Kivu?<\/strong><br \/>\nC\u2019est une communaut\u00e9 tutsie install\u00e9e sur les hauts plateaux du Sud-Kivu et dont l\u2019activit\u00e9 principale \u00e9tait traditionnellement l\u2019\u00e9levage. Le nom de Banyamulenge a \u00e9t\u00e9 forg\u00e9 dans les ann\u00e9es 1970, notamment pour les diff\u00e9rencier d\u2019autres communaut\u00e9s rwandophones vivant en RDC. Elle fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un des lieux o\u00f9 elle \u00e9tait implant\u00e9es: la colline de Mulenge. Ils parlent une langue, le Kinyamulenge, tr\u00e8s proche des langues parl\u00e9es au Rwanda et au Burundi. Il est difficile d\u2019en estimer le nombre, mais les derniers chiffres qui datent des ann\u00e9es 2000, parlent d\u2019une fourchette assez large de 50.000 \u00e0 400.000 personnes. C\u2019est une petite minorit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du Sud-Kivu.<br \/>\nIl y a un consensus scientifique pour dire que cette communaut\u00e9 \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sente au moment de l\u2019arriv\u00e9e des colons au XIXe si\u00e8cle. Mais si on remontait leur histoire, c\u2019est une communaut\u00e9 qui venait tr\u00e8s probablement du Rwanda et du Burundi. Ce ne sont pas du tout des immigr\u00e9s de date r\u00e9cente comme on le sugg\u00e8re parfois.<br \/>\nLors de l\u2019ind\u00e9pendance, ils sont devenus \u00abautomatiquement\u00bb Congolais. Mais dans les ann\u00e9es 1980, sous Mobutu, des lois ont remis en cause leur \u00abcongolit\u00e9\u00bb. L\u2019actuelle Constitution de 2006 est ambig\u00fce puisqu\u2019elle dispose que: \u00abest Congolais d\u2019origine, toute personne appartenant aux groupes ethniques dont les personnes et le territoire constituaient ce qui est devenu le Congo (pr\u00e9sentement la R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo) \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance\u00bb. La plupart d\u2019entre eux a donc la nationalit\u00e9 congolaise. Si certains membres de la communaut\u00e9 se sont r\u00e9fugi\u00e9s au Rwanda, au Burundi ou m\u00eame aux Etats-Unis, ils y ont obtenu le statut de r\u00e9fugi\u00e9s en tant que Congolais.<br \/>\n<strong>&#8211; Certains Congolais soup\u00e7onnent les Banyamulenge d\u2019\u00eatre une sorte de \u00abcinqui\u00e8me colonne\u00bb au service du Rwanda pour \u00abbalkaniser\u00bb l\u2019Est de la RDC au profit de son voisin. Est-ce une r\u00e9alit\u00e9 ou un fantasme?<\/strong><br \/>\nLe qualificatif de \u00abcinqui\u00e8me colonne\u00bb, quand il est appliqu\u00e9 \u00e0 une communaut\u00e9 enti\u00e8re, est forc\u00e9ment probl\u00e9matique. Il aboutit \u00e0 jeter le soup\u00e7on sur ces personnes en fonction de leur origine. Comme tout groupe humain, les Banyamulenge ont des opinions ou des engagements tr\u00e8s diff\u00e9rents. Il y a de profondes divisions qui traversent cette communaut\u00e9. Et parmi ces divisions, il y a justement l\u2019attitude vis \u00e0 vis du Rwanda.<br \/>\nDans les ann\u00e9es 1980-1990, il y a eu une forme de solidarit\u00e9 entre certains Banyamulenge et des r\u00e9fugi\u00e9s rwandais qui \u00e9taient pr\u00e9sents un peu partout dans la r\u00e9gion \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Et notamment parce qu\u2019ils avaient des adversaires communs: Juv\u00e9nal Habyarimana au Rwanda et puis, dans une certaine mesure, Mobutu au Za\u00efre, \u00e0 cause des lois sur la nationalit\u00e9. Pendant les premi\u00e8res ann\u00e9es 1990, des combattants Banyamulenge sont all\u00e9s au Rwanda se battre \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du Front Patriotique Rwandais (FPR). \u00a0\u00c0 la fin des ann\u00e9es 1990 et au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, ils ont combattu au sein de l\u2019Alliance des Forces D\u00e9mocratiques pour la Lib\u00e9ration du Congo (AFDL) et du Rassemblement Congolais pour la D\u00e9mocratie (RCD), des r\u00e9bellions soutenues par le Rwanda pr\u00e9sentes en RDC.<br \/>\nMais il y a rapidement eu des divisions qui se sont exprim\u00e9es. Certains combattants Banyamulenge se sont rebell\u00e9s, estimant qu\u2019on ne leur faisait pas assez de place au sein de ces mouvements.<br \/>\nD\u2019autres se sont rendus compte que cela d\u00e9gradait les relations qu\u2019ils avaient avec les autres communaut\u00e9s des hauts plateaux. Cette d\u00e9gradation des relations entre les combattants banyamulenge et le gouvernement de Kigali a \u00e9t\u00e9 visible particuli\u00e8rement au moment de la r\u00e9bellion du M23, elle aussi soutenue par le Rwanda. Quasiment aucun Banyamulenge n\u2019a rejoint cette r\u00e9bellion. Et parmi les officiers de l\u2019arm\u00e9e congolaise qui combattaient le M23, on a m\u00eame observ\u00e9 un nombre important de Banyamulenge, comme le g\u00e9n\u00e9ral Jonas Padiri. On voit donc que cette relation est beaucoup plus complexe que certains ne le disent.<br \/>\n<strong>&#8211; Depuis 2019, la r\u00e9gion des hauts plateaux a connu un regain de violence entre les diff\u00e9rentes communaut\u00e9s du Sud-Kivu. Qui sont les diff\u00e9rents acteurs de ce conflit?<\/strong><br \/>\nConcernant les bellig\u00e9rants, on peut distinguer quatre groupes principaux: \u00a0les Gumino et les Twirwaneho, de la communaut\u00e9 Banyamulenge, les Ma\u00ef-Ma\u00ef Ebu-Ela, de la communaut\u00e9 Bembe et les Ma\u00ef-Ma\u00ef Biloze Bishambuke, de la communaut\u00e9 Fuliru.<br \/>\n<strong>&#8211; Quelles sont les causes du conflit?<\/strong><br \/>\nComme tous les groupes arm\u00e9s de l\u2019Est du Congo, ce sont des gens qui prennent les armes en pr\u00e9tendant d\u2019abord d\u00e9fendre leur communaut\u00e9. Mais une fois qu\u2019ils sont arm\u00e9s, ils ont tendance \u00e0 utiliser ce pouvoir pour leurs propres int\u00e9r\u00eats: en taxant les populations pour leur assurer une \u00abprotection\u00bb, mais aussi en pillant, en provoquant des kidnappings ou en vendant leur influence \u00e0 une autorit\u00e9 locale. Ces groupes commettent des exactions et renforcent ainsi le sentiment d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 des habitants qui sont incit\u00e9s en retour \u00e0 soutenir les milices qui sont cens\u00e9es les d\u00e9fendre. On rentre alors dans un cercle de violence qui s\u2019auto-entretient. Et ce sont bien \u00e9videmment les civils les premi\u00e8res victimes de ces violences.<br \/>\nA cela, il faut ajouter la dimension r\u00e9gionale du conflit. Les hauts-plateaux sont une zone strat\u00e9gique que le Burundi et le Rwanda essaient de contr\u00f4ler, notamment en s\u2019alliant et en soutenant des groupes arm\u00e9s, congolais ou \u00e9trangers (burundais et rwandais).<br \/>\n<strong>&#8211; Comment comprendre la controverse sur la cr\u00e9ation de la commune rurale de Minembwe?<\/strong><br \/>\nD\u2019un point de vue juridique c\u2019est tout simplement une entit\u00e9 administrative locale de la RDC, rien de plus. C\u2019est n\u2019est pas un \u00abEtat ind\u00e9pendant\u00bb. Pour revenir \u00e0 la source de ces probl\u00e8mes de territoire et d\u2019entit\u00e9 administrative, il faut dire que les Banyamulenge sont grosso modo majoritaires dans la zone de Minembwe et aux alentours. Mais c\u2019est une zone qui est divis\u00e9e en trois territoires: Mwenga, Fizi et Uvira. Et si dans certaines zones les Banyamulenge sont majoritaires, ils ne le sont dans aucun territoire. Ce qui aboutit \u00e0 les marginaliser dans toutes les repr\u00e9sentations administratives et politiques locales. De ce fait, il y a une revendication de longue date de la communaut\u00e9 Banyamulenge qui souhaite avoir une entit\u00e9 territoriale propre o\u00f9 ils seraient majoritaires. Pendant que le RCD, soutenu par le Rwanda, contr\u00f4lait la zone \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1990 et au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, le mouvement a acc\u00e9d\u00e9 \u00e0 cette revendication en cr\u00e9ant le territoire de Minembwe. Des terres ont \u00e9t\u00e9 prises sur des territoires voisins.<br \/>\nEt cela a \u00e9t\u00e9 v\u00e9cu comme une grande injustice par les autres communaut\u00e9s, comme un vol de leurs terres impos\u00e9 par la force. La cr\u00e9ation du territoire de Minembwe a \u00e9t\u00e9 v\u00e9cu localement comme une traumatisme, m\u00eame si le territoire a \u00e9t\u00e9 dissout apr\u00e8s les accords de Sun City. A la faveur de la pol\u00e9mique r\u00e9cente, on a d\u2019ailleurs vu resurgir des cartes de cet ancien territoire de Minembwe, beaucoup plus grand que la simple commune de Minembwe. Voil\u00e0 ce qui provoque le sentiment de rejet actuel. La commune rurale de Minembwe qui fait pol\u00e9mique aujourd\u2019hui a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e en 2013 sous Joseph Kabila. Dans ce m\u00eame d\u00e9cret de 2013, quinze communes rurales ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es au Sud-Kivu et dix autres d\u00e9crets ont \u00e9galement cr\u00e9\u00e9s des communes dans tout le reste du pays, donc on \u00e9tait dans un processus de d\u00e9centralisation qui concernait l\u2019ensemble du territoire. La commune de Minembwe \u00e9tait une commune rurale parmi plus d\u2019une centaine nouvellement cr\u00e9\u00e9es. C\u2019est pour cela qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque, le d\u00e9cret est pass\u00e9 relativement inaper\u00e7u.<br \/>\nLe probl\u00e8me, c\u2019est que la plupart des communes cr\u00e9\u00e9es \u00e0 cette \u00e9poque ne sont toujours pas en fonctionnement aujourd\u2019hui. L\u00e0 o\u00f9 on peut voir une forme de maladresse politique, c\u2019est que l\u2019on a install\u00e9 en septembre le bourgmestre de Minembwe alors que les autres communes du Sud-Kivu n\u2019ont toujours \u00e9t\u00e9 install\u00e9es. On peut se poser la question: pourquoi la commune de Minembwe et pas les autres? C\u2019est \u00e7a qui a install\u00e9 une forme de soup\u00e7on. La mani\u00e8re dont cela a \u00e9t\u00e9 fait a \u00e9t\u00e9 maladroite. Il y a eu aussi la visite de l\u2019ambassadeur am\u00e9ricain \u00e0 Minembwe, tr\u00e8s peu de temps apr\u00e8s, qui a encore aliment\u00e9 les sp\u00e9culations. C\u2019est malheureux qu\u2019une revendication locale et d\u00e9j\u00e0 octroy\u00e9e par le gouvernement congolais soit interpr\u00e9t\u00e9e et instrumentalis\u00e9e comme \u00e9tant une atteinte \u00e0 l\u2019int\u00e9grit\u00e9 territoriale de la RDC. Cela aurait pu \u00eatre une occasion d\u2019apaisement des actuelles tensions intercommunautaires. En tout cas, la pol\u00e9mique qu\u2019il y a eu et la rh\u00e9torique de la \u00abbalkanisation\u00bb n\u2019aident malheureusement pas \u00e0 trouver sereinement des solutions pour une coexistence pacifique.<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis plus de vingt ans, la r\u00e9gion des Haut Plateaux qui domine le lac Tanganyika repr\u00e9sente l\u2019un des points les plus chauds de la RDC. Malgr\u00e9 la pr\u00e9sence de la Monusco et de l\u2019arm\u00e9e congolaise, les affrontements sont quotidiens et la r\u00e9gion compte des milliers de d\u00e9plac\u00e9s. Situ\u00e9e en face du Burundi et du Rwanda, cette r\u00e9gion de montagnes accueille en effet divers mouvements arm\u00e9s op\u00e9rant dans les pays voisins: le Congr\u00e8s National Rwandais (RNC) du g\u00e9n\u00e9ral Kayumba Nyamwasa, ainsi que les troupes du Front National de Lib\u00e9ration (FNL), un mouvement hutu burundais.<br \/>\nSi l\u2019ensemble du Sud Kivu est un \u00ab terrain de jeu \u00bb pour les pays voisins, y compris l\u2019Ouganda et si les affrontements avec divers groupes congolais Mai Mai qui assurent d\u00e9fendre leurs terroirs et leurs communaut\u00e9s sont quotidiens, les Banyamulenge sont eux aussi \u00e0 la fois acteurs et victimes. Au Congo, nul n\u2019ignore que ces pasteurs sont d\u2019origine rwandaise et qu\u2019arriv\u00e9s sur les plateaux d\u2019altitude \u00e0 la fin du 19 e si\u00e8cle \u00e0 la suite d\u2019un litige avec le Mwami du Rwanda, ils ont form\u00e9 des communaut\u00e9s homog\u00e8nes vivant essentiellement de l\u2019\u00e9levage. Le colonisateur belge ne les ayant pas r\u00e9pertori\u00e9s parmi les tribus congolaises d\u2019origine, les Banyamulenge ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement qualifi\u00e9s d\u2019\u00e9trangers.<br \/>\nLes sentiments d\u2019hostilit\u00e9 \u00e0 leur \u00e9gard ont \u00e9t\u00e9 exacerb\u00e9s par le fait que des jeunes gens de leur communaut\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 recrut\u00e9s par le Rwanda pour faire partie des troupes qui, \u00e0 l\u2019issue de la guerre de 1996-97 chass\u00e8rent le pr\u00e9sident Mobutu et install\u00e8rent au pouvoir Laurent D\u00e9sir\u00e9 Kabila. Durant la deuxi\u00e8me guerre du Congo, les Banyamulenge, enr\u00f4l\u00e9s dans le mouvement rebelle RCD, (Rassemblement congolais pour la d\u00e9mocratie) se retrouv\u00e8rent aux c\u00f4t\u00e9s des troupes rwandaises et particip\u00e8rent \u00e0 de nombreux massacres. A cette \u00e9poque, Azarias Ruberwa, un avocat form\u00e9 \u00e0 Lubumbashi et l\u2019un des leaders de la communaut\u00e9 banyamulenge, se trouvait \u00e0 la t\u00eate du RCD et avait d\u00e9j\u00e0 cr\u00e9\u00e9 le \u00abterritoire\u00bb de Minembwe incluant plusieurs entit\u00e9s des territoires de Fizi, Mwenga et Uvira. A la suite des accords de paix qui en 2002 permirent la r\u00e9unification du pays, Ruberwa devint un ministre influent \u00e0 Kinshasa, proche de Joseph Kabila, mais au Sud Kivu, il \u00e9tait toujours consid\u00e9r\u00e9 comme un \u00ab agent \u00bb de Paul Kagame.<br \/>\nDans la r\u00e9gion des Haut plateaux, la paix n\u2019est jamais r\u00e9ellement revenue et les pasteurs Banyamulenge ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement accus\u00e9s d\u2019\u00eatre la \u00ab cinqui\u00e8me colonne \u00bb du Rwanda sinon des agents de la \u00abbalkanisation\u00bb du Congo op\u00e9rant avec le soutien des Etats Unis. Les campagnes de haine ethnique \u00e0 leur encontre ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement accompagn\u00e9es du vol de leur b\u00e9tail et de l\u2019incendie de leurs villages. Ces m\u00e9faits commis par les bandes arm\u00e9es locales ont entra\u00een\u00e9 d\u2019 in\u00e9vitables repr\u00e9sailles et des op\u00e9rations militaires.<br \/>\nDans ce contexte explosif, la cr\u00e9ation, ex abrupto, de la commune rurale de Minembwe, sur une superficie de 10 Km2 selon le ministre r\u00e9gional de l\u2019int\u00e9rieur, r\u00e9jouit les Tutsis congolais. Mais elle suscite aussi un toll\u00e9 de protestations, dont celle du Comit\u00e9 la\u00efc de concertation qui, embrayant sur les propos de l\u2019\u00e9v\u00e8que d\u2019Uvira, d\u00e9nonce le \u00ab fait accompli \u00bb au d\u00e9triment des limites des chefferies et territoires d\u00e9j\u00e0 existants. En clair, une certaine opinion congolaise, d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s \u00ab chauff\u00e9e \u00bb contre le Rwanda par le rappel incessant des crimes de guerre commis dans les ann\u00e9es de fin 1990 et d\u00e9but de 2000, craint que la nouvelle commune rurale, en plus des conflits fonciers \u00e0 redouter, devienne une t\u00eate de pont du pays voisin.<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a><\/p>\n<h1 style=\"text-align: justify;\">2. LE MINISTRE AZARIAS RUBERWA R\u00c9POND AUX QUESTIONS DES D\u00c9PUT\u00c9S NATIONAUX<\/h1>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le 27 octobre<\/em>, le ministre de la d\u00e9centralisation, <strong>Azarias Ruberwa<\/strong>, a r\u00e9pondu aux questions lui pos\u00e9es lors de la pl\u00e9ni\u00e8re du 19 octobre dernier par les d\u00e9put\u00e9s nationaux. Il a regroup\u00e9 la vingtaine de questions par th\u00e9matiques. Il a d\u2019abord expliqu\u00e9 qu\u2019il s\u2019est retrouv\u00e9 \u00e0 Minembwe avec un ordre de mission issu du Conseil des ministres sur demande de son coll\u00e8gue de la D\u00e9fense, le ministre Aim\u00e9 Ngoy Mukena, dans le cadre d\u2019une mission de paix et s\u00e9curit\u00e9 men\u00e9e dans certaines provinces du pays: \u00ab<em>C&rsquo;est au cours d&rsquo;un conseil des ministres que le ministre de la d\u00e9fense a exprim\u00e9 la demande de me voir l&rsquo;accompagner, en tant que notable et membre du gouvernement, dans la mission de caravane s\u00e9curitaire qu&rsquo;il avait initi\u00e9e, en particulier \u00e0 Minembwe, dans le territoire de Fizi, au Sud-Kivu. Je n&rsquo;\u00e9tais donc nullement demandeur de cette mission<\/em>\u00bb.<br \/>\nIl a pr\u00e9cis\u00e9 qu\u2019il n\u2019a nullement \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9 dans la cr\u00e9ation de la commune de Minembwe, dont l\u2019origine remonte \u00e0 plusieurs ann\u00e9es depuis. Au sujet des limites de cette commune, il est rest\u00e9 formel: cette entit\u00e9 se situe uniquement dans le territoire de Fizi, sans empi\u00e9ter sur les trois autres territoires de Mwenga, Uvira et Walungu.<br \/>\nAzarias Ruberwa a d\u00e9montr\u00e9 que ce n\u2019est pas lui qui a \u00a0install\u00e9 le bourgmestre de la commune de Minembwe, mais le ministre provincial de l\u2019int\u00e9rieur. Il a expliqu\u00e9 que cette tache revient au ministre provincial de l\u2019int\u00e9rieur du Sud-Kivu, sur base de la loi r\u00e9gissant les entit\u00e9s territoriales d\u00e9centralis\u00e9es en son article 56. Il a ainsi qualifi\u00e9 de \u00ab\u00a0menteur\u00a0\u00bb le ministre provincial de l\u2019int\u00e9rieur du Sud-Kivu qui, dans une mise au point, avait d\u00e9clar\u00e9 d\u2019avoir install\u00e9 le bourgmestre de Minembwe sur demande du ministre Ruberwa. Il a fait remarquer que \u00ab<em>le 12 octobre, le ministre provincial a fait une conf\u00e9rence de presse o\u00f9 il a dit qu&rsquo;il s&rsquo;\u00e9tonnait que les gens soient en train de s&rsquo;\u00e9mouvoir par rapport \u00e0 ces faits b\u00e9nins, selon lui, qu&rsquo;il a pos\u00e9s dans le cadre de ses comp\u00e9tences<\/em>\u00bb.<br \/>\nAzarias Ruberwa s\u2019est dit contraire \u00e0 la demande des d\u00e9put\u00e9s nationaux d\u2019annuler le d\u00e9cret cr\u00e9ant la commune de Minembwe. Pour lui, une telle d\u00e9marche serait pr\u00e9coce et discriminatoire: \u00ab<em>Les propositions des d\u00e9put\u00e9s tendant \u00e0 obtenir un d\u00e9cret du premier ministre annulant purement simplement la commune de Minembwe et la saisie du Conseil d&rsquo;Etat, en vue d&rsquo;annuler le d\u00e9cret ayant cr\u00e9\u00e9 la commune de Minembwe, me paraissent pr\u00e9coces et de nature discriminatoire. Il faut v\u00e9rifier sur le terrain, au sein des archives de l&rsquo;administration et du gouvernement, le cas \u00e9ch\u00e9ant interroger les acteurs qui ont pos\u00e9 ces actes relevant de leurs comp\u00e9tences. De toute \u00e9vidence, globalement, il y a eu des entit\u00e9s propos\u00e9es par des provinces, mais non retenues par Kinshasa; il y a eu des entit\u00e9s propos\u00e9es par Kinshasa qui n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 retenues par les provinces. Tout cela n\u00e9cessite des approfondissements<\/em>\u00bb. Le ministre s\u2019est exprim\u00e9 aussi sur la commission d\u2019enqu\u00eate en gestation pour tirer les affaires au clair au sujet de Minembwe, la commune controvers\u00e9e dans le territoire de Fizi (Sud-Kivu). Pour Ruberwa, la commission d\u2019enqu\u00eate devrait s\u2019int\u00e9resser \u00e0 toutes les entit\u00e9s territoriales d\u00e9centralis\u00e9es, dont 77 villes et 506 communes, cr\u00e9\u00e9es par le d\u00e9cret de 2015. Selon lui, le contraire serait un acte discriminatoire.<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le 27 octobre<\/em>, dans sa r\u00e9plique apr\u00e8s les r\u00e9ponses donn\u00e9es par le ministre de la d\u00e9centralisation, Azarias Ruberwa, le d\u00e9put\u00e9 national <strong>Muhindo Nzangi<\/strong> a affirm\u00e9 de n\u2019avoir pas \u00e9t\u00e9 convaincu par les r\u00e9ponses donn\u00e9es par le ministre. Il a m\u00eame insinu\u00e9 que, pendant ses deux interventions, le ministre a menti sur plusieurs questions. \u00ab<em>Le ministre qui pr\u00e9sente des r\u00e9ponses erron\u00e9es ou incompl\u00e8tes peut \u00eatre accus\u00e9 d\u2019outrage au parlement<\/em>\u00bb, a t-il dit.<br \/>\nIl a estim\u00e9 que ses r\u00e9ponses par rapport \u00e0 sa pr\u00e9sence \u00e0 Minembwe pendant l&rsquo;installation du bourgmestre de la commune rurale de Minembwe, Gad Mukiza, n\u2019\u00e9taient pas convaincantes. Muhindo Nzangi persiste et signe que c&rsquo;est le ministre Azarias Ruberwa qui a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;acteur principal de l&rsquo;installation du bourgmestre de la commune rurale de Minembwe: \u00ab<em>Il l&rsquo;a planifi\u00e9e, il l&rsquo;a programm\u00e9e, il a tout fait pour intimider les communaut\u00e9s locales en venant avec des diplomates, des militaires et des d\u00e9put\u00e9s. J&rsquo;ai d\u00e9montr\u00e9 \u00e0 suffisance qu&rsquo;il y a eu conflit de comp\u00e9tences<\/em>\u00bb.<br \/>\nEn d\u00e9pit des explications du Ruberwa, le d\u00e9put\u00e9 a confirm\u00e9 que la commune de Minembwe empi\u00e8te sur le territoire de Mwenga et qu\u2019elle ne respecte pas les crit\u00e8res requis pour la cr\u00e9ation d\u2019une commune. Il a insist\u00e9 sur ce qu\u2019il a appel\u00e9 le caract\u00e8re frauduleux de la cr\u00e9ation de cette commune, en ce qui concerne la superficie, le nombre d\u2019habitants et la proc\u00e9dure administrative et politique ayant conduit \u00e0 cet \u00e9tat des choses.<br \/>\nLe d\u00e9put\u00e9 Muhindo Nzangi a d\u00e9montr\u00e9 que Minembwe ne remplit pas les conditions pr\u00e9vues par l&rsquo;article 46 de la loi organique pour devenir une commune: \u00ab<em>La commune est une agglom\u00e9ration, un lieu o\u00f9 se masse les habitations. La commune n&rsquo;est pas un ensemble de fermes ou d\u2019endroits o\u00f9 les gens habitent de mani\u00e8re dispers\u00e9e sur une longue \u00e9tendue. Minembwe n&rsquo;est pas une agglom\u00e9ration. C&rsquo;est un regroupement de plusieurs villages. Si on veut faire des regroupements de plusieurs villages des communes, alors tout le Congo serait des communes. Ensuite, parmi les crit\u00e8res qui peuvent faire en sorte que Minembwe soit une commune, il y a notamment le nombre des habitants: au moins 20.000. Le ministre d&rsquo;\u00c9tat Ruberwa parle de 36.000 habitants, mais les enqu\u00eates ont d\u00e9montr\u00e9 que c&rsquo;est 7.000 habitants. Donc, avec ce chiffre, Minembwe ne peut pas devenir une commune. En ce qui concerne la proc\u00e9dure \u00e0 suivre, elle est la suivante: la proposition du d\u00e9cret par le ministre de l&rsquo;int\u00e9rieur, l&rsquo;avis conforme de l&rsquo;Assembl\u00e9e provinciale et puis la signature du d\u00e9cret par le premier ministre. Concernant Minembwe, l&rsquo;Assembl\u00e9e provinciale du Sud-Kivu, saisie par le ministre de l&rsquo;int\u00e9rieur, avait constat\u00e9 que Minembwe ne remplissait pas les conditions pr\u00e9vues par l&rsquo;article 46 de la loi pour \u00eatre \u00e9rig\u00e9e en commune<\/em>\u00bb.<br \/>\nL\u2019\u00e9lu de Beni a estim\u00e9 que le ministre de la D\u00e9centralisation, Azarias Ruberwa est tomb\u00e9 dans un conflit d\u2019int\u00e9r\u00eat, en utilisant l\u2019affaire Minembwe pour les int\u00e9r\u00eats de son ethnie: \u00ab<em>Lorsque le ministre dit que les Belges leurs avaient donn\u00e9 une chefferie qui leurs avait \u00e9t\u00e9 ravie, il veut insinuer qu\u2019il leur faut r\u00e9cup\u00e9rer ces terres. Quelles seraient les r\u00e9actions de la population locales?<\/em>\u00bb. C&rsquo;est ainsi que cet \u00e9lu du peuple a appel\u00e9 le ministre pr\u00e9cit\u00e9 \u00e0 d\u00e9missionner de lui-m\u00eame du gouvernement. Il a aussi demand\u00e9 que l\u2019acte d\u2019installation du bourgmestre de la commune de Minembwe au Sud-Kivu soit annul\u00e9 et que le d\u00e9cret n\u00b013\/030 du 30 juillet 2013 portant cr\u00e9ation des nouvelles communes soit carr\u00e9ment rapport\u00e9 et corrig\u00e9.<br \/>\nLes propositions du d\u00e9put\u00e9 Muhindo Nzangi seront mises en formes de recommandations au cours des s\u00e9ances prochaines. La pr\u00e9sidente de l\u2019Assembl\u00e9e nationale, Jeannine Mabunda, envisage mettre en place une commission pour approfondir les diff\u00e9rentes recommandations.<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a><\/p>\n<h1 style=\"text-align: justify;\">3. LA D\u00c9CLARATION DE L\u2019\u00c9V\u00caQUE DU DIOC\u00c8SE D\u2019UVIRA<\/h1>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le 1<sup>er<\/sup> octobre<\/em>, dans une \u00ab\u00a0d\u00e9claration sur la commune de Minembwe et l\u2019installation de ses animateurs\u00a0\u00bb,\u00a0 l\u2019\u00e9v\u00eaque d\u2019Uvira, <strong>Mgr S\u00e9bastien Muyengo<\/strong>, a abord\u00e9 l\u2019\u00e9pineuse question de l\u2019installation officielle des autorit\u00e9s administratives de la commune rurale de Minembwe.<br \/>\nSelon lui, \u00ab<em>loin d\u2019\u00eatre de nature \u00e0 faciliter la paix, cet acte d\u2019installation du bourgmestre a suscit\u00e9 beaucoup d\u2019animosit\u00e9s et il risque de semer des troubles dans la r\u00e9gion des Haut Plateaux, \u00e0 cause notamment du traitement sp\u00e9cial r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 la commune de Minembwe, par rapport aux autres diss\u00e9min\u00e9es dans la r\u00e9gion, \u00e0 savoir Sange, Luvungi et Kiliba dans le territoire d\u2019Uvira; Fizi, Misisi, Lulimba et Swima dans le territoire de Fizi; et Kamanyola dans le territoire de Walungu, alors que le territoire de Mwenga n\u2019en a aucune. Alors que la plus part des communes rurales sont \u00e9rig\u00e9es au sein d\u2019un seul territoire, la nouvelle commune de Minembwe s\u2019\u00e9tend sur les trois territoires, en int\u00e9grant une bonne partie de la r\u00e9serve d\u2019Itombwe, \u00e0 cheval sur Fizi et Mwenga, et une bonne partie de la chefferie de Bavira, vers Bijombo, Kagogo et Kishebwe, ect.<\/em>\u00bb.<br \/>\nSelon Mgr. S\u00e9bastien Muyengo, parmi les 250 communes rurales \u00e9parpill\u00e9es sur le territoire national, seule Minembwe pose probl\u00e8me\u00bb. Pour lui, l\u2019\u00e9rection de Minembwe en commune rurale est une tentative de cr\u00e9er tout un territoire pour les membres de la communaut\u00e9 Banyamulenge, identifi\u00e9s comme des Congolais d&rsquo;origine rwandaise et d&rsquo;ethnie tutsi: \u00ab<em>Pour nos populations, la commune de Minembwe est le dernier coup de ma\u00eetre apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9chec du pouvoir du Rassemblement Congolais pour la D\u00e9mocratie (RCD), d&rsquo;ob\u00e9dience rwandaise \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, de cr\u00e9er tout un territoire dans la province pour nos fr\u00e8res Banyamulenge, identifi\u00e9s comme des Congolais d&rsquo;origine rwandaise et d&rsquo;ethnie tutsi. Hier, c&rsquo;\u00e9tait la question de la nationalit\u00e9, aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est celle de la terre. Mais si on peut attribuer la nationalit\u00e9 \u00e0 qui la demande et la m\u00e9rite, on ne distribue pas la terre sous n&rsquo;importe quelle condition. Aussi, plut\u00f4t que parler de commune rurale, nos populations consid\u00e8rent qu&rsquo;il s&rsquo;agit de \u00ab\u00a0terres ou territoires occup\u00e9s\u00a0\u00bb, par d\u00e9fi. Ce qui constitue une humiliation pour elles<\/em>\u00bb.<br \/>\nL\u2019\u00e9v\u00eaque d&rsquo;Uvira a invit\u00e9 le Chef de l\u2019Etat F\u00e9lix Tshisekedi \u00e0 prendre ses responsabilit\u00e9s, afin de r\u00e9glementer cette affaire: \u00a0\u00ab<em>Avec nos populations, nous nous posons d\u00e8s lors ces questions: Que dit le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, Monsieur F\u00e9lix Antoine Tshisekedi, \u00e0 ce sujet? Va-t-il continuer \u00e0 affirmer qu&rsquo;il n&rsquo;y est pour rien dans cette situation parce qu&rsquo;elle date d&rsquo;avant son arriv\u00e9e au pouvoir? Lorsqu&rsquo;on devient pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, on prend en charge le destin du pays avec aussi bien son pass\u00e9, son pr\u00e9sent et son futur. Concernant la commune de Minembwe, on ne cessera pas de s&rsquo;interroger sur la responsabilit\u00e9 du Pr\u00e9sident F\u00e9lix Tshisekedi, quand on sait que le ma\u00eetre d&rsquo;\u0153uvre de l&rsquo;entreprise est celui-l\u00e0 m\u00eame qui est \u00e0 la t\u00eate du minist\u00e8re de la d\u00e9centralisation et de r\u00e9forme institutionnelle depuis le r\u00e8gne de son pr\u00e9d\u00e9cesseur jusqu&rsquo;au sien. Plus que le programme de 100 jours, le probl\u00e8me de la commune de Minembwe constitue un test pour le Chef de l&rsquo;Etat: Pour qui roule-t-il finalement? Pour le \u00ab\u00a0peuple d&rsquo;abord\u00a0\u00bb, comme le jurait son p\u00e8re, ou pour ceux qui, comme on l&rsquo;entend, l&rsquo;ont plac\u00e9 au tr\u00f4ne, afin de se servir de lui pour en arriver l\u00e0? Nous craignons que s&rsquo;il laisse faire le cas de Minembwe, le processus de d\u00e9membrement du pays, ou de ce que l&rsquo;on appelle \u00ab\u00a0balkanisation\u00a0\u00bb, soit amorc\u00e9 avec sa complicit\u00e9. Ce qui en droit constitutionnel constitue une \u00ab\u00a0haute trahison\u00a0\u00bb<\/em>\u00bb.<br \/>\nL\u2019\u00e9v\u00eaque d\u2019Uvira a pr\u00e9cis\u00e9 que \u00ab<em>en Afrique, et particuli\u00e8rement en RD Congo, la terre \u00e9tant sacr\u00e9e et ses propri\u00e9taires \u00e9tant les chefs coutumiers<\/em>\u00bb et il a pos\u00e9 deux questions: \u00ab<em>au-del\u00e0 de la loi Bakajika attribuant \u00e0 l\u2019Etat le pouvoir de la g\u00e9rer, ont-ils \u00e9t\u00e9 consult\u00e9s concernant le morcellement de ces territoires? Que reste-t-il encore de leur pouvoir de \u00ab\u00a0gardiens de nos terres\u00a0\u00bb si les choses doivent se passer de cette fa\u00e7on?<\/em>\u00bb.<br \/>\nApr\u00e8s avoir rappel\u00e9 que, dans sa derni\u00e8re encyclique intitul\u00e9e Fratelli Tutti (tous fr\u00e8res), le Pape Fran\u00e7ois nous appelle tous \u00e0 la fraternit\u00e9 et \u00e0 l\u2019amiti\u00e9 sociale qui passent par l\u2019accueil des uns et des autres et par le refus de l\u2019exclusion des autres, Mgr. S\u00e9bastien Muyengo a affirm\u00e9 que \u00ab<em>Nous pouvons vivre dans la paix les uns aux c\u00f4t\u00e9s des autres dans ce grand et beau pays que Dieu nous a donn\u00e9, sans n\u00e9cessairement marquer chacun son territoire<\/em>\u00bb.<br \/>\nEnfin, il a appel\u00e9 au dialogue et au r\u00e8glement pacifique du conflit interethnique \u00e0 Minembwe (Sud-Kivu): \u00ab<em>Ayant choisi dans notre dioc\u00e8se comme th\u00e8me pastoral de cette ann\u00e9e 2020-2021, \u00ab\u00a0Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix (Jn 14, 27)\u00a0\u00bb, nous en appelons \u00e0 la responsabilit\u00e9 des uns et des autres quant \u00e0 ce qui peut surgir comme troubles, violences, voire guerres dans la r\u00e9gion. Pour ce qui concerne nos populations de base, nous les appelons au calme et \u00e0 renoncer \u00e0 toute voie de la violence pour privil\u00e9gier davantage celle du dialogue, qui reste un processus toujours lent et difficile, mais dont les fruits sont la paix, le pardon et la r\u00e9conciliation<\/em>\u00bb.<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a><\/p>\n<h1 style=\"text-align: justify;\">4. LES R\u00c9ACTIONS DE DEUX NOTABLES DU SUD KIVU<\/h1>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le 7 octobre<\/em>, <strong>Jacques Rukeba<\/strong>, notable du Sud-Kivu, a r\u00e9agi \u00e0 la d\u00e9claration de l\u2019\u00e9v\u00eaque du dioc\u00e8se d\u2019Uvira, Mgr S\u00e9bastien-Joseph Muyengo qui, derni\u00e8rement, a d\u00e9nonc\u00e9 le traitement \u00absp\u00e9cial\u00bb r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 la seule commune de Minembwe, au d\u00e9triment de plusieurs autres dans la r\u00e9gion. Jacques Rukeba affirme que la commune de Minembwe ne s\u2019\u00e9tend que sur 10 km carr\u00e9s et ne s\u2019\u00e9tend que sur le seul territoire de Fizi. Il pr\u00e9cise que, en 2013, par son d\u00e9cret N0 13\/029 du 13 juin 2013, le Premier Ministre Augustin Matata Ponyo Mapon avait \u00e9rig\u00e9 en communes et villes, 310 agglom\u00e9rations qui remplissaient les conditions requises en la mati\u00e8re. Le 22 juillet par le d\u00e9cret N0 15\/013 du 22 juillet, la m\u00eame autorit\u00e9 signa un d\u00e9cret portant surs\u00e9ance de certaines dispositions du d\u00e9cret susvis\u00e9 ayant cr\u00e9\u00e9 ces villes et communes. En 2018, le Premier Ministre Bruno Tshibala signa le d\u00e9cret N0 18\/020 du 30 mai portant lev\u00e9e de ladite surs\u00e9ance, en vue de permettre le fonctionnement de ces Entit\u00e9s administratives cr\u00e9es par le d\u00e9cret de son pr\u00e9d\u00e9cesseur. En novembre 2018, le vice premier Ministre, Ministre de l\u2019int\u00e9rieur signa l\u2019arr\u00eat\u00e9 minist\u00e9riel 25\/CAB\/VPM\/MINITERSEC\/HMS\/075\/2018 qui nommait Mukiza Nzabinesha Gad et Esumbicho Sadiki respectivement bourgmestre et bourgmestre adjoint de cette commune. Il ne restait donc que la t\u00e2che d\u2019installer ces animateurs, ce qui a \u00e9t\u00e9 fait, le 28 septembre dernier, par le ministre Provincial de l\u2019int\u00e9rieur Lwabanji Lwasingabo, autorit\u00e9 comp\u00e9tente en la mati\u00e8re.<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le 13 octobre<\/em>, dans une lettre, le d\u00e9put\u00e9 honoraire et notable du Sud-Kivu, <strong>Enock Ruberangabo Sebineza<\/strong>, a r\u00e9agi \u00e0 la d\u00e9claration de Mgr Sebastien-Joseph\u00a0 Muyengo Mulombe, Ev\u00eaque du Dioc\u00e8se d\u2019Uvira sur la Commune de Minembwe et l\u2019installation de ses animateurs.<br \/>\n<strong><em>La r\u00e9gion des hauts plateaux d\u2019Itombwe<\/em><\/strong> est une\u00a0 bande de terres \u00e9tir\u00e9es du nord au sud \u00e0 cheval de quatre territoires administratifs d\u2019Uvira, de Mwenga\/Itombwe, de Fizi et de Walungu ( Kahya) sur au moins 200 km. Ses cr\u00eates constituent la ligne de partage de plusieurs cours d\u2019eau des bassins de la plaine de la Ruzizi \u00e0 l\u2019Est, d\u2019une part et de ceux du bassin des rivi\u00e8res Elila et Ulindi vers l\u2019ouest, d\u2019autre part. Certains de ses sommets culminent parfois \u00e0 pr\u00e8s de 3.500 m d\u2019altitude et les temp\u00e9ratures nocturnes en saison s\u00e8che atteignent parfois -5\u00b0C. La population est form\u00e9e des Banyamulenge, \u00e9leveurs pratiquant une agriculture compl\u00e9mentaire \u00e0 l\u2019\u00e9levage; des Babembe, essentiellement agriculteurs et chasseurs; des Bafulero et, dans une certaine mesure, des Banyindu.<br \/>\nIl s\u2019agit d\u2019une terre hostile \u00e0 l\u2019agriculture, mais avec une savane propice \u00e0 l\u2019\u00e9levage, ce qui explique l\u2019arriv\u00e9e tardive des agriculteurs. En 2011, selon des sources du service v\u00e9t\u00e9rinaire local, 170.000 doses destin\u00e9es \u00e0 la\u00a0 campagne de vaccination des vaches par\u00a0 la FAO n\u2019ont pas suffi pour un cheptel estim\u00e9 \u00e0 210.000 t\u00eates. De ceci on peut d\u00e9duire que, end\u00e9ans 10 ans, le cheptel auraient d\u00e9pass\u00e9 le double et estim\u00e9 \u00e0 plus de 500.000 vaches. Ces b\u00eates appartenaient, en majorit\u00e9, aux Banyamulenge et, dans une moindre mesure, aux Bafulero. Plus de la moiti\u00e9 aujourd\u2019hui est d\u00e9cim\u00e9e par une cruaut\u00e9 inou\u00efes de groupes arm\u00e9s.<br \/>\n<strong><em>La commune de Minembwe<\/em><\/strong>, objet de pol\u00e9miques, est l\u2019une des communes et villes cr\u00e9\u00e9es par le d\u00e9cret du 13 juin 2013, dont une surs\u00e9ance avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9e plus tard, faute de moyens pour leur mise en ex\u00e9cution et \u00e0 cause de quelques difficult\u00e9s techniques, au niveau national, li\u00e9es aux limites qui devaient \u00eatre corrig\u00e9es par les services comp\u00e9tents de l\u2019Etat congolais.<br \/>\nIl sied de rappeler que Minembwe, comme agglom\u00e9ration \u00e0 hisser en commune, avait \u00e9t\u00e9 unanimement propos\u00e9e \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e provinciale du Sud-Kivu par les d\u00e9put\u00e9s de la circonscription \u00e9lectorale de Fizi, tous issus de la Communaut\u00e9 babembe. Le document existe.<br \/>\nPar la suite, en 2018, le pouvoir de l\u2019\u00e9poque d\u00e9cida une lev\u00e9e de cette surs\u00e9ance pour quelques entit\u00e9s du Sud-Kivu par le d\u00e9cret Tshibala n\u00b0 18\/020 du 30 mai 2018. Quatre entit\u00e9s du Sud-Kivu, en l\u2019occurrence les villes d\u2019Uvira, Kamituga et Baraka et la commune de Minembwe sont rendues effectives dans ce d\u00e9cret. Seulement les Maires de villes seront install\u00e9s et non le bourgmestre de la commune. Une d\u00e9marche d\u00e9j\u00e0 suspecte qui frise un traitement non-\u00e9quitable de ces quatre entit\u00e9s.<br \/>\nSi un traitement sp\u00e9cial devait \u00eatre \u00e9voqu\u00e9 comme un p\u00each\u00e9 pour Minembwe, il devait l\u2019\u00eatre autant\u00a0 pour les trois autres entit\u00e9s. Ce qui n\u2019est pas le cas aujourd\u2019hui. Seul Minembwe est livr\u00e9 \u00e0 la vindicte populaire, \u00ab\u00a0crucifie-le, crucifie-le\u00a0\u00bb, au point d\u2019\u00eatre qualifi\u00e9 de cancer \u00e0 \u00e9radiquer de la RDC, selon Valentin Mubake dans son communiqu\u00e9 du 05 octobre 2020, propos graves passibles de poursuites judiciaires. Et Martin Fayulu de rench\u00e9rir: \u00absi nous laissons Minembwe entre les mains de ces occupants, demain, nous n\u2019aurons plus de pays. Nous serons le 1er peuple d\u2019Afrique \u00e0 \u00eatre colonis\u00e9 par un autre peuple d\u2019Afrique\u00bb. En claire, par Valentin Mubake et Martin Fayulu, le ton est donn\u00e9 pour en chasser les occupants. D\u00e9sormais la commune de Minembwe est consid\u00e9r\u00e9e comme une terre donn\u00e9e aux \u00e9trangers que sont les Banyamulenge.<br \/>\nEn ce qui concerne les limites de la commune de Minembwe: de 10 km \u00e0 vol d\u2019oiseau, elle est \u00e9tablie dans les limites d\u2019une partie du Territoire de Fizi. Il s\u2019agit des indications correctes et pr\u00e9cises se trouvant dans le D\u00e9cret num\u00e9ro 13\/029 du 13\u00a0 juin 2013 conf\u00e9rant le statut de ville et commune \u00e0 certaines agglom\u00e9rations de la Province du Sud-Kivu, Journal Officiel de RDC, service de la Pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique du 20 juin 2013, col.198.<br \/>\nAnnexe 3: les limites des communes \u00e9num\u00e9r\u00e9es a l\u2019article 8 (page 103 dudit d\u00e9cret)<br \/>\nCommune de Minembwe:<br \/>\nAu NORD: Le ruisseau Kalungi et la rivi\u00e8re Minembwe,<br \/>\nAu SUD: Le ruisseau Sara et la riv\u00e8re Kabanja,<br \/>\n\u00c0 l\u2019EST: La cha\u00eene de Mukoko et la For\u00eat de Rugmero,<br \/>\n\u00c0 l\u2019OUEST: La rivi\u00e8re Mateganya.<br \/>\n<strong><em>Le contexte<\/em><\/strong> est celui de certaines th\u00e9ories autour de la question de la nationalit\u00e9 des Tutsis congolais. Les candidatures des Banyarwanda en g\u00e9n\u00e9ral et des Banyamulenge en particulier furent refus\u00e9es aux \u00e9lections de 1982, 1987 et \u00e0 la Conf\u00e9rence Nationale Souveraine (CNS), pour motif qu\u2019ils \u00e9taient des \u00e9trangers. La cons\u00e9quence logique de cette exclusion fut leur non-participation au Parlement issu de ces assises, le HCR-PT (Haut Conseil de la R\u00e9publique &#8211; Parlement de Transition). L\u2019artisan de cette politique fut un fils du coin, l\u2019honorable Anzuluni Bembe Isilonyonyo, originaire de Fizi, ancien Pr\u00e9sident de cette institution, avec le soutien total des \u00e9lus du Kivu, comme il en est encore aujourd\u2019hui, autour de la question Minembwe, 38 ans apr\u00e8s.<br \/>\nA cette \u00e9poque-l\u00e0, une commission d\u2019enqu\u00eate appel\u00e9e \u00ab\u00a0Vangu Mambweni\u00a0\u00bb est institu\u00e9e et les conclusions ne devaient pas \u00eatre diff\u00e9rentes de l\u2019objectif de d\u00e9part, celui de d\u00e9nationaliser les Banyamulenge. Votre pr\u00e9d\u00e9cesseur, Mgr J\u00e9rome Gapangwa en a pay\u00e9 les frais, ayant \u00e9t\u00e9 pris pour cible par cette commission qui, compos\u00e9e essentiellement d\u2019extr\u00e9mistes s\u00e9lectionn\u00e9s \u00e0 cette fin, aboutit \u00e0 une parodie de R\u00e9solution, o\u00f9 l\u2019Ev\u00eaque issu de la Communaut\u00e9 Banyamulenge est d\u00e9clar\u00e9 \u00e9tranger, pour motif de vouloir cr\u00e9er l\u2019imaginaire \u00ab\u00a0Empire Hima-Tutsi\u00a0\u00bb. Celui-ci fut l\u2019argument de l\u2019\u00e9poque pour traquer politiquement sa communaut\u00e9. Par la suite une machine de diabolisation \u00e9tait mise en marche par la soci\u00e9t\u00e9 civile, au point que le Saint Si\u00e8ge tomba dans le pi\u00e8ge et le retira.<br \/>\nAujourd\u2019hui, la balkanisation est\u00a0 mise \u00e0 la sellette\u00a0 pour justifier la guerre qui s\u00e9vit autour de Minembwe.<br \/>\nC\u2019est dans ce contexte que la guerre de 1996 \u00e9clata par une quadruple convergence d\u2019int\u00e9r\u00eats:<br \/>\ni. d\u2019abord, tous les Congolais \u00e9taient indistinctement fatigu\u00e9s des 32 ans de r\u00e8gne Mobutu<br \/>\nii. ensuite, les Banyamulenge, d\u00e9clar\u00e9s \u00e9trangers dans leur propre pays, \u00e9taient menac\u00e9s d\u2019expulsion,<br \/>\niii. encore, le Rwanda voulait r\u00e9gler les probl\u00e8mes de s\u00e9curit\u00e9 des g\u00e9nocidaires qui campaient \u00e0 ses fronti\u00e8res dans un \u00e9tat d\u00e9sorganis\u00e9,<br \/>\niv. enfin, les puissances occidentales voulaient un autre leadership \u00e0 la t\u00eate du Za\u00efre.<br \/>\nRappelons que le d\u00e9tonateur de la guerre de 1996 fut la malheureuse d\u00e9cision du HCR-PT d\u2019expulser les Banyamulenge de la RDC.<br \/>\nApr\u00e8s 1996, les rebellions successives, manipul\u00e9es par les puissances militaires r\u00e9gionales, ont continu\u00e9 \u00e0 porter un coup fatal\u00a0 \u00e0 la cohabitation, en exacerbant les conflits ethniques par leur instrumentalisation contre les Banyamulenge.<br \/>\nLe ressentiment contre les Banyamulenge s\u2019est bas\u00e9 sur ce qui est consid\u00e9r\u00e9 comme un \u00e9chec des extr\u00e9mistes, suite au retour des banyamulenge dans le giron national, apr\u00e8s l\u2019accord global et inclusif, issu des n\u00e9gociations de Sun City et de Pretoria (Afrique du Sud) en 2002. Ceci r\u00e9veillant les d\u00e9mons en hibernage des ann\u00e9es mulelistes, l\u2019esprit mayi mayi, des milices issues des communaut\u00e9s voisines qui pr\u00f4nent l\u2019exclusion voire l\u2019expulsion des banyamulenge de la RDC, prennent le poil de la b\u00eate.<br \/>\nL\u2019histoire se r\u00e9p\u00e8te. Le fils de Anzuluni Bembe, Floribert Anzuluni, membre du mouvement citoyen Filimbi, paravent de politiciens kivutiens, h\u00e9ritier\u00a0 fid\u00e8le\u00a0 de l\u2019id\u00e9ologie du projet de son p\u00e8re pour parachever l\u2019\u0153uvre que la famille a commenc\u00e9 au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, n\u2019a cess\u00e9 de tenir de propos en appui des mayi mayi contre la Commune de Minembwe. Tel p\u00e8re tel fils, dit-on!<br \/>\nDerni\u00e8rement, la guerre qui s\u00e9vit dans les hauts plateaux depuis avril\u00a0 2017, a vu na\u00eetre une alliance contre nature des milices ma\u00ef-ma\u00ef avec des rebelles burundais soutenus par le Rwanda, pour d\u00e9raciner les banyamulenge. Plusieurs dizaines de milliers de vaches syst\u00e9matiquement pill\u00e9es sont vendues sur toute l\u2019\u00e9tendue de la province et m\u00eames les services de l\u2019Etat en per\u00e7oivent les taxes.<br \/>\nDes officiers des FARDC ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s, pour avoir distribu\u00e9 de munitions aux mayi mayi, en vue de s\u2019attaquer aux villages banyamulenge.<br \/>\n<strong><em>Dans le paragraphe 2 de votre d\u00e9claration<\/em><\/strong>, Vous avez dit des choses qui ne sont pas vraies. En effet, une commune qui s\u2019\u00e9tend sur les localit\u00e9s cit\u00e9es dans votre message n\u2019existe pas dans le D\u00e9cret Matata du 13 juin 2013. Donc, c\u2019est une confusion totale de votre part.<br \/>\n<strong><em>Dans le 3\u00e8me point\u00a0 de votre message<\/em><\/strong>, vous ouvrez toute une longue\u00a0 page tragique de la contestation de la citoyennet\u00e9 de banyamulenge. Vous parlez de deux sortes de populations. Celle-l\u00e0 que vous consid\u00e9rez comme la votre, ( nos) populations humili\u00e9es et les autres identifi\u00e9s comme de congolais d\u2019origine \u2018\u2019rwandaise\u2019\u2019 et d\u2019ethnie tutsi. Une deuxi\u00e8me cat\u00e9gorie \u00e0 la recherche de terres et \u00e0 la qu\u00eate d\u2019une nationalit\u00e9 en distribution, pr\u00e9cisant que, si l\u2019on attribue la nationalit\u00e9 aux demandeurs m\u00e9ritant, qu\u2019il serait inconcevable de distribuer les terres. Ces propos sont gravissimes, inacceptables et de nature \u00e0 opposer davantage nos communaut\u00e9s.<br \/>\nJe voudrais vous dire que, comme repr\u00e9sentant attitr\u00e9 de ma base aux assises de Sun City et du Parlement de Transition, j\u2019avais vot\u00e9 sans ambages contre l\u2019article 10 de la Constitution de notre pays, lors de son adoption au parlement de transition, puisque j\u2019exigeais de rester \u00e0 la date f\u00e9tiche de 1885 au partage de l\u2019Afrique \u00e0 Berlin. Ceci pour pr\u00e9venir les manipulateurs qui feraient croire dans l\u2019avenir qu\u2019\u00e0 la date de 1960 on distribua la nationalit\u00e9 aux Banyamulenge. Mon propos ce jour-l\u00e0: \u00ables banyamulenge n\u2019ont jamais demand\u00e9 une nationalit\u00e9, ils ne la demandent pas et ne la demanderont jamais, puisqu\u2019ils sont l\u00e0 o\u00f9 ils sont depuis qu\u2019on avait fix\u00e9 les fronti\u00e8res de ce qui est devenu le Congo en 1885\u00bb, avait re\u00e7u les applaudissements fr\u00e9n\u00e9tiques des coll\u00e8gues honorables d\u00e9put\u00e9s dans l\u2019h\u00e9micycle du Palais du Peuple.<br \/>\nLes insinuations de votre paragraphe sont de nature \u00e0 semer le trouble et le pire ne pourrait pas se faire attendre. Ces genres de discours ont pour cons\u00e9quence de mobiliser toutes les autres communaut\u00e9s de la province contre les incrimin\u00e9s, en cr\u00e9ant ainsi une minorit\u00e9 de fait \u00e0 traquer par tous. Les mayi mayi et leurs alli\u00e9s burundais de Red Tabara qui m\u00e8nent une guerre sans merci de d\u00e9racinement contre les banyamulenge depuis bient\u00f4t 4\u00a0 ans n\u2019attendent que ces genres de discours pour les mobiliser et\u00a0 intensifier les massacres et les pillages.<br \/>\n<strong><em>En conclusion<\/em><\/strong>, Excellence Mgr l\u2019Ev\u00eaque, je pense qu\u2019il est encore possible de r\u00e9parer les d\u00e9g\u00e2ts qu\u2019a occasionn\u00e9s votre d\u00e9claration, pour marcher ensemble et contribuer \u00e0 la paix dans les terroirs de Fizi, Uvira et Mwenga.<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Cf Christophe Rigaud \u2013 Afrikarabia, 20.10.\u201920<br \/>\n<a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Cf Colette Braekcman \u2013 lesoir.be, 07.10.\u201920<br \/>\n<a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Cf Berith Yakitenge &#8211; Actualit\u00e9.cd, 27.10.\u201920; Radio Okapi, 28.10.\u201920; Merveil Molo &#8211; 7sur7.cd, 28.10.\u201920<br \/>\n<a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Cf Actualit\u00e9.cd, 27.10.\u201920; Elys\u00e9e Odia &#8211; 7sur7.cd, 27.10.\u201920<br \/>\n<a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Cf Bertin Bulonza &#8211; Laprunellerdc.info, 05.10.\u201920\u00a0; Jordan Mayenikini &#8211; Actualit\u00e9.cd, 05.10.\u201920; Afriwave.com, 07.10.\u201920\u00a0 <a href=\"https:\/\/www.afriwave.com\/2020\/10\/07\/rdc-affaire-minembwe-mgr-sebastien-joseph-muyengo-interpelle-felix-tshisekedi-et-les-politiques-du-kivu\/\">https:\/\/www.afriwave.com\/2020\/10\/07\/rdc-affaire-minembwe-mgr-sebastien-joseph-muyengo-interpelle-felix-tshisekedi-et-les-politiques-du-kivu\/<\/a><br \/>\n<a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> Cf Laprunellerdc.info, 08.10.\u201920<br \/>\n<a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> Cf Laprosp\u00e9riteonline.com, 16.10.20\u00a0\u00a0 <a href=\"https:\/\/laprosperiteonline.net\/2020\/10\/16\/top\/minembwe-enock-ruberangabo-sebineza-ecrit-a-mgr-sebastien-joseph-muyengo\/\">https:\/\/laprosperiteonline.net\/2020\/10\/16\/top\/minembwe-enock-ruberangabo-sebineza-ecrit-a-mgr-sebastien-joseph-muyengo\/<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019INSTALLATION DU BOURGMESTRE DE LA COMMUNE RURALE DE MINEMBWE AU SUD KIVU (2) SOMMAIRE 1. LES CL\u00c9S POUR COMPRENDRE LA CONTROVERSE DE MINEMBWE 2. LE MINISTRE AZARIAS RUBERWA R\u00c9POND AUX QUESTIONS DES D\u00c9PUT\u00c9S NATIONAUX 3. LA D\u00c9CLARATION DE L\u2019\u00c9V\u00caQUE DU DIOC\u00c8SE D\u2019UVIRA 4. LES R\u00c9ACTIONS DE DEUX NOTABLES DU SUD KIVU<\/p><p><a class=\"more-link btn\" href=\"https:\/\/www.paceperilcongo.it\/fr\/2020\/11\/congo-actualite-n-422\/\">Lire la suite<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[460,324,24,464,463,444,323,462],"class_list":["post-4023","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-congo-actualite","tag-azarias-ruberwa","tag-banyamulenge","tag-congo-actualite-2","tag-enock-ruberangabo-sebineza","tag-jacques-rukeba","tag-mgr-sebastien-muyengo","tag-minembwe","tag-muhindo-nzangi","item-wrap"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.paceperilcongo.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4023","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.paceperilcongo.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.paceperilcongo.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.paceperilcongo.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.paceperilcongo.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4023"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.paceperilcongo.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4023\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4024,"href":"https:\/\/www.paceperilcongo.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4023\/revisions\/4024"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.paceperilcongo.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4023"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.paceperilcongo.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4023"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.paceperilcongo.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4023"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}