{"id":3921,"date":"2020-06-09T10:01:20","date_gmt":"2020-06-09T08:01:20","guid":{"rendered":"http:\/\/www.paceperilcongo.it\/fr\/?p=3921"},"modified":"2020-06-09T10:01:20","modified_gmt":"2020-06-09T08:01:20","slug":"congo-actualite-n-404","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.paceperilcongo.it\/fr\/2020\/06\/congo-actualite-n-404\/","title":{"rendered":"Congo Actualit\u00e9 n. 404"},"content":{"rendered":"<h1 style=\"text-align: justify;\">POUR L\u2019ARM\u00c9E, AVEC L\u2019ARM\u00c9E ET COMME L\u2019ARM\u00c9E<\/h1>\n<h1 style=\"text-align: justify;\">La remarquable ascension de Guidon Shimiray et du NDC\u2013R (2)<\/h1>\n<p style=\"text-align: right;\"><strong><em>Groupe d\u2019\u00c9tude sur le Congo (GEC)<\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em>13 mai 2020<\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em>(2<sup>\u00e8me<\/sup> partie)<\/em><\/strong><a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a><\/p>\n<h1 style=\"text-align: justify;\">SOMMAIRE<\/h1>\n<p style=\"text-align: justify;\">5. GUERRE PAR PROCURATION, GOUVERNANCE EXP\u00c9RIMENTALE ET AUTORIT\u00c9 EXTRACTIVE<br \/>\n5.1. Guerre par procuration et alliances : transactions, cooptation et op\u00e9rations parall\u00e8les<br \/>\n5.2. Le NDC-R\u00e9nov\u00e9 comme mandataire de l\u2019arm\u00e9e congolaise<br \/>\n5.3. Gouvernance, l\u00e9gitimit\u00e9 et id\u00e9ologie au sein du NDC\u2013R\u00e9nov\u00e9<br \/>\n5.4. Affaires, fiscalit\u00e9 et monopoles: \u201c\u00c0 chaque repas, on exige la sauce de la poule\u201d<br \/>\n5.4.1. Jetons, efforts de guerre et rations militaires<br \/>\n5.4.2. L\u2019or et les autres op\u00e9rations mini\u00e8res<br \/>\n5.4.3. Monopoles locaux de commerce de d\u00e9tail<br \/>\n5.4.4. Taxes et recettes diverses<br \/>\n6. CONCLUSION<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<h1 style=\"text-align: left;\">5. GUERRE PAR PROCURATION, GOUVERNANCE EXP\u00c9RIMENTALE ET AUTORIT\u00c9 EXTRACTIVE<\/h1>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s cinq ans d\u2019existence, le NDC-R est devenu l\u2019un des groupes arm\u00e9s les plus redoutables de l\u2019est du Congo. Trois facteurs peuvent expliquer son expansion et son succ\u00e8s spectaculaire : la sous-traitance de la contre-insurrection par les FARDC, une organisation relativement sophistiqu\u00e9e et multiethnique et sa capacit\u00e9 \u00e0 exploiter \u00e0 la fois revendications et ressources locales.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">5.1. Guerre par procuration et alliances: transactions, cooptation et op\u00e9rations parall\u00e8les<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis que Kinshasa a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019attaquer s\u00e9rieusement les FDLR en 2015, l\u2019arm\u00e9e a utilis\u00e9 diff\u00e9rentes alliances et men\u00e9 des offensives par procuration. Cependant, aucune n\u2019a \u00e9t\u00e9 aussi organis\u00e9e et r\u00e9ussie que sa collaboration avec le NDC-R. Celle-ci \u00e9tait visible lors des op\u00e9rations du NDC-R dans le sud du Lubero et est devenue plus \u00e9vidente \u00e0 mesure que Guidon Shimiray progressait dans le nord du Masisi. Une telle strat\u00e9gie n\u2019est pas inhabituelle pour l\u2019arm\u00e9e congolaise. Au cours des 25 derni\u00e8res ann\u00e9es de conflit dans l\u2019est du Congo, les principaux bellig\u00e9rants ont tous cherch\u00e9 \u00e0 \u00e9tendre leur pouvoir par le biais d\u2019alliances et de procurations. Bien qu\u2019entre 1996 et 2013, les pays de la r\u00e9gion ont jou\u00e9 un r\u00f4le crucial, les FARDC sont devenues depuis la plus importante source de soutien aux groupes arm\u00e9s.<br \/>\nCe soutien a \u00e9t\u00e9 essentiel pour l\u2019\u00e9volution du NDC-R, m\u00eame si les officiers des FARDC ont souvent ni\u00e9 toute collaboration. Certains officiers des FARDC l\u2019ont toutefois admis en priv\u00e9 &#8211; en particulier sous la forme d\u2019appui en munitions pour armes l\u00e9g\u00e8res. Un ancien haut responsable du renseignement militaire l\u2019a formul\u00e9 de fa\u00e7on diplomatique: \u00abCe ne sont pas des op\u00e9rations conjointes, ce sont des op\u00e9rations parall\u00e8les\u00bb. Du c\u00f4t\u00e9 du NDC-R, la prudence est moins grande. Le t\u00e9moignage suivant d\u2019un combattant du NDC-R l\u2019illustre: \u00ab<em>Nous n\u2019avons pas eu de conflit avec les FARDC, car \u00ab\u00a0biko wazazi yetu\u00a0\u00bb (ce sont nos parents). Parfois, nous avions des \u00ab\u00a0remise-reprises\u00a0\u00bb (changement de garde) avec des unit\u00e9s de l\u2019arm\u00e9e sur certaines positions. Nous avons aussi des accords sur qui prend quelle position. Lorsque nous rencontrons des unit\u00e9s des FARDC, nous tra\u00eenons avec aise et prenons des verres ensemble. Nous pouvons passer les zones FARDC avec nos armes. Lorsque nous avons combattu le CMC\/FDLR et que nous manquions de munitions, les FARDC nous aidaient. Pareil lors de nos op\u00e9rations contre le CNRD<\/em>\u00bb.<br \/>\nLe groupe de Guidon a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de fournitures et d\u2019un soutien mat\u00e9riel, d\u2019un pacte de non-agression et de complicit\u00e9s dans divers rackets de taxation, dont certains sont des \u00abco-entreprises\u00bb avec des commandants FARDC.<br \/>\n\u00c0 quelques rares exceptions pr\u00e8s, comme les affrontements de Kagheri et Kasugho en ao\u00fbt 2018 &#8211; d\u00e9clench\u00e9s par la conviction du NDC-R que les troupes des FARDC incitaient la population locale \u00e0 r\u00e9sister \u00e0 ses taxes jetons, les deux forces \u00e9tant \u00e9galement en concurrence pour les mines d\u2019or de la zone &#8211; aucun affrontement n\u2019a \u00e9t\u00e9 signal\u00e9 entre l\u2019arm\u00e9e et les troupes de Guidon.<br \/>\nCette collaboration repose souvent sur des relations personnelles entre les officiers de l\u2019arm\u00e9e et les commandants du NDC (devenu NDC-R), qui impliquent souvent des rackets conjoints. Au cours de la phase initiale autour de 2011, le NDC s\u2019est appuy\u00e9 sur des r\u00e9seaux d\u2019anciens officiers int\u00e9gr\u00e9s du CNDP autour de Bosco Ntaganda, notamment les colonels Bahame et Kijenga, qui ont fourni des soutiens via la milice d\u2019Erasto Ntibaturana dans le nord du Masisi. En outre, le NDC avait des liens avec des officiers de Walikale, tels que Kasikila, Bindu et d\u2019autres, mais aussi possiblement avec des commandants de haut niveau de l\u2019arm\u00e9e, m\u00eame si le GEC n\u2019a pas pu obtenir de preuve d\u00e9finitive.<br \/>\nLorsque Guidon s\u2019est s\u00e9par\u00e9 de Sheka, un certain nombre d\u2019officiers des FARDC bas\u00e9s \u00e0 Walikale ont soutenu la cr\u00e9ation du NDC-R, tout comme des officiers des FARDC ont contribu\u00e9 \u00e0 susciter une dissidence au sein de l\u2019APCLS par la suite.<br \/>\nPourquoi les FARDC soutiennent-elles le NDC-R, malgr\u00e9 les risques qui y sont associ\u00e9s? Il semble y avoir plusieurs raisons. Paradoxalement, les mandataires arm\u00e9s peuvent \u00eatre plus faciles \u00e0 contr\u00f4ler que les unit\u00e9s des FARDC elles-m\u00eames, ce qui permet aux officiers des FARDC d\u2019envoyer des forces dans des zones difficiles d\u2019acc\u00e8s. Les FARDC actuelles sont un amalgame d\u2019anciens bellig\u00e9rants qui ont particip\u00e9 \u00e0 la transition de 2003 \u00e0 2006, ainsi que des groupes qui ont depuis \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9s en son sein. Il en r\u00e9sulte un m\u00e9lange de diff\u00e9rentes cha\u00eenes de commandement et de loyaut\u00e9. En outre, l\u2019arm\u00e9e congolaise dispose de ressources limit\u00e9es. Elle est la troisi\u00e8me plus grande arm\u00e9e d\u2019Afrique subsaharienne, mais se classe au 38e rang en termes de d\u00e9penses militaires.<br \/>\nLe manque de moyens est accentu\u00e9 par la corruption et la d\u00e9sorganisation. Les bataillons sont souvent en sous-effectif par rapport aux listes officielles, les salaires arrivent rarement \u00e0 temps sur le front, et les commandants sur le terrain se plaignent fr\u00e9quemment de d\u00e9tournements des fonds op\u00e9rationnels. De plus, les commandants des FARDC se m\u00e9fient souvent de leurs propres unit\u00e9s, \u00e0 moins qu\u2019elles ne fassent partie de leurs cha\u00eenes de commandement parall\u00e8les respectives.<br \/>\nAu niveau des troupes, la qualit\u00e9 du leadership militaire varie selon les commandants, et le moral est compromis par des probl\u00e8mes logistiques &#8211; en particulier pour les unit\u00e9s d\u00e9ploy\u00e9es loin des centres urbains. Ceci est au moins en partie intentionnel de la part du gouvernement et des hauts grad\u00e9s militaires, car une arm\u00e9e plus forte peut mettre en danger leur survie. Une arm\u00e9e fragment\u00e9e est plus facile \u00e0 contr\u00f4ler. Le recours \u00e0 la guerre par procuration est \u00e9galement une source de revenus pour les officiers de l\u2019arm\u00e9e, qui peuvent tirer des profits substantiels du commerce ill\u00e9gal de minerais et d\u2019autres biens.<br \/>\nL\u2019utilisation d\u2019un tel syst\u00e8me de procuration permet donc d\u2019accro\u00eetre l\u2019efficacit\u00e9 et de r\u00e9duire les co\u00fbts. Cependant, si cette strat\u00e9gie a r\u00e9ussi \u00e0 infliger une s\u00e9rie de d\u00e9faites aux FDLR, elle a eu des effets secondaires dangereux, exacerbant les violences \u00e0 caract\u00e8re ethnique. D\u2019un c\u00f4t\u00e9 du champ de bataille se trouvait une s\u00e9rie de milices domin\u00e9es par les Nyanga, les Nande et les Kobo, qui affrontaient les FDLR et leurs milices satellites, toutes enracin\u00e9es dans la communaut\u00e9 hutu congolaise. Cette situation a engendr\u00e9 un cycle de violence brutale qui a entra\u00een\u00e9 la mort de centaines de civils. Cette approche a \u00e9galement \u00e9rod\u00e9 la l\u00e9gitimit\u00e9 du gouvernement. Le manque de pr\u00e9sence et d\u2019action des FARDC dans ces zones a progressivement sap\u00e9 l\u2019autorit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat.<br \/>\nDe plus, comme d\u2019autres forces suppl\u00e9tives, le NDC-R a commenc\u00e9 \u00e0 d\u00e9velopper ses propres int\u00e9r\u00eats et ambitions qui pourraient ne pas rester align\u00e9s sur ceux des dirigeants des FARDC \u00e0 long terme. Cela pourrait finalement contraindre les FARDC \u00e0 affronter un ancien alli\u00e9, avec le risque de subir des pertes engendr\u00e9es par ses propres munitions, ou \u00e0 chercher un autre suppl\u00e9tif pour contrer ses anciens partenaires.<br \/>\nLes all\u00e9gations de collaboration entre le gouvernement rwandais et le NDC-R ont \u00e9t\u00e9 plus difficiles \u00e0 confirmer. Jusqu\u2019\u00e0 r\u00e9cemment, le porte-parole du NDC-R vivait \u00e0 Gisenyi et a d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019il n\u2019avait jamais eu de difficult\u00e9s \u00e0 communiquer avec les dirigeants du mouvement sur le terrain. Comme d\u2019autres personnalit\u00e9s du NDC-R, il s\u2019est \u00e9galement vant\u00e9 d\u2019effectuer des voyages r\u00e9guliers \u00e0 Kinshasa et d\u2019organiser des r\u00e9unions du NDC-R au Rwanda.<br \/>\nBien qu\u2019on n\u2019ait pas pu v\u00e9rifier cette affirmation, trois sources ont sp\u00e9cifiquement affirm\u00e9 que le Rwanda aurait aussi fourni un soutien mat\u00e9riel au NDC-R via les FARDC. Comme de nombreuses autres sources ont fourni des descriptions d\u2019un soutien des FARDC au NDC-R achemin\u00e9 par des unit\u00e9s dirig\u00e9es par des officiers parlant le kinyarwanda, il n\u2019est pas certain que Guidon ait re\u00e7u un quelconque soutien \u00e9tranger direct. Un commandant sup\u00e9rieur du NDC-R a d\u00e9crit les relations avec le Rwanda comme suit: \u00ab<em>Aujourd\u2019hui, nous avons un soutien mat\u00e9riel (armes et munitions) des FARDC et nous collaborons bien avec les Rwandais &#8211; en fait, notre porte-parole vit au Rwanda pour sa s\u00e9curit\u00e9. Les FARDC nous utilisent dans le cadre de leurs op\u00e9rations. Nous ne recevons pas d\u2019argent, mais plut\u00f4t un soutien logistique par le biais du r\u00e9giment FARDC de Kitchanga. Nous sommes des alli\u00e9s<\/em>\u00bb.<br \/>\nLe Rwanda a une longue histoire de soutien aux groupes arm\u00e9s dans l\u2019est du Congo. Si ses efforts se sont g\u00e9n\u00e9ralement concentr\u00e9s sur les groupes ayant des racines dans la communaut\u00e9 rwandophone, ils ont \u00e9galement eu des contacts p\u00e9riodiques avec d\u2019autres groupes pour tenter de maintenir leur influence dans la r\u00e9gion, de recueillir des renseignements et de mener des frappes cibl\u00e9es &#8211; en particulier contre les FDLR.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">5.2. Le NDC-R\u00e9nov\u00e9 comme mandataire de l\u2019arm\u00e9e congolaise<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s son implantation dans de grandes parties du sud du Lubero, fin 2018 le NDC-R a commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9tendre sa port\u00e9e dans le nord du Masisi, soutenu par les FARDC. Les combattants du NDC-R se d\u00e9placent librement dans les zones des FARDC et, lors des d\u00e9fil\u00e9s, portent diff\u00e9rents types d\u2019uniformes de l\u2019arm\u00e9e r\u00e9guli\u00e8re. En divers endroits, les deux forces se sont pacifiquement c\u00e9d\u00e9 des positions et ont effectu\u00e9 des patrouilles conjointes. Les FARDC accordent le libre passage aux NDC-R, leur permettant de passer par des points de contr\u00f4le officiels avec des armes et en uniforme. Les officiers du NDC-R rencontrent leurs homologues des FARDC pour planifier conjointement les op\u00e9rations ou discuter d\u2019autres questions. \u00a0Les FARDC ont transport\u00e9 des combattants du NDC-R et leurs biens dans leurs v\u00e9hicules.<br \/>\nL\u2019un des principaux commandants du NDC-R a d\u00e9clar\u00e9: \u00ab<em>Les FARDC sont des alli\u00e9s du NDC-R, elles nous offrent un soutien total. Le 6 janvier 2019, elles ont fourni une cargaison d\u2019armes et de munitions pour attaquer le quartier g\u00e9n\u00e9ral des FDLR [CNRD] \u00e0 Faringa [&#8230;]. Nous recevons du mat\u00e9riel et des instructions des FARDC. Le r\u00e9giment de Kitchanga du colonel Yves Kijenga collabore avec nous, il envoie r\u00e9guli\u00e8rement des d\u00e9l\u00e9gations pour nous rencontrer et discuter. Son officier logistique apporte des fournitures par v\u00e9hicule. Le r\u00e9giment de Nyanzale a \u00e9galement re\u00e7u l\u2019ordre de la 34\u00e8me r\u00e9gion militaire de collaborer avec nous. Leur hi\u00e9rarchie \u00e0 Kinshasa nous conna\u00eet et notre coordinateur se d\u00e9place r\u00e9guli\u00e8rement pour les rencontrer sur place<\/em>\u00bb.<br \/>\nUne autre source locale \u00e0 Masisi a rapport\u00e9 : \u00ab<em>Pr\u00e8s de Kitchanga, il y a un poste de contr\u00f4le des FARDC o\u00f9 les \u00e9l\u00e9ments de l\u2019arm\u00e9e et du NDC-R se rencontrent souvent pour boire un verre. Ils ont \u00e9galement pr\u00e9par\u00e9 des op\u00e9rations conjointes \u00e0 l\u2019h\u00f4tel Nyarusumba \u00e0 Kitchanga. J\u2019ai moi-m\u00eame vu comment les uniformes des FARDC y \u00e9taient distribu\u00e9s. Mapenzi, Poyo, et d\u2019autres \u00e9taient dans les parages. Il y a plusieurs fa\u00e7ons de faire la diff\u00e9rence entre le NDC-R et les FARDC: les combattants du NDC-R parlent le swahili avec un accent kinyanga et beaucoup d\u2019entre eux utilisent des produits cosm\u00e9tiques pour blanchir leur peau et ont les cheveux tress\u00e9s. \u00c0 Kalembe, les gens [doivent] acheter des jetons du NDC-R malgr\u00e9 la pr\u00e9sence des FARDC dans la ville. En mars 2019, les FARDC ont men\u00e9 des op\u00e9rations contre l\u2019APCLS \u00e0 Ngingwe, mais plus tard, le NDC-R a repris les positions conquises<\/em>\u00bb.<br \/>\nUn commandant du NDC-R explique ainsi leur relation avec l\u2019arm\u00e9e: \u00ab<em>Le NDC-R n\u2019est pas contre le gouvernement, nous sommes des r\u00e9volutionnaires qui visent l\u2019int\u00e9gration dans l\u2019arm\u00e9e nationale.<\/em><br \/>\n<em>Nous ne pouvons pas consid\u00e9rer l\u2019arm\u00e9e comme notre ennemi &#8211; seulement les FDLR, qui sont un ennemi commun, d\u2019o\u00f9 notre bonne collaboration avec les FARDC. Les autorit\u00e9s savent o\u00f9 nous sommes, elles nous rendent visite lorsque nous collaborons aux op\u00e9rations anti-FDLR. Leur soutien est important, et nous pouvons aller partout o\u00f9 il y a des op\u00e9rations contre les ennemis de l\u2019\u00c9tat<\/em>\u00bb.<br \/>\nLe NDC-R a \u00e9galement b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de d\u00e9fections d\u2019autres groupes arm\u00e9s qu\u2019il combattait, dont certains issus de la communaut\u00e9 hutu, comme le CNRD et certains Nyatura.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">5.3. Gouvernance, l\u00e9gitimit\u00e9 et id\u00e9ologie au sein du NDC-R\u00e9nov\u00e9<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme pour l\u2019arm\u00e9e congolaise elle-m\u00eame, il serait erron\u00e9 de consid\u00e9rer le NDC-R comme une entreprise purement militaire. Les objectifs des groupes arm\u00e9s, leurs alliances et leurs relations avec les communaut\u00e9s locales sont profond\u00e9ment fa\u00e7onn\u00e9s par la dynamique sociale et \u00e9conomique des zones o\u00f9 ils \u00e9mergent et op\u00e8rent. Dans l\u2019est du Congo, la r\u00e9sistance arm\u00e9e a tendance \u00e0 \u00eatre fa\u00e7onn\u00e9e en tant que r\u00e9sistance contre les \u00abgens de l\u2019ext\u00e9rieur\u00bb, qui peuvent \u00eatre le gouvernement central ou un groupe arm\u00e9 rival, les membres de la communaut\u00e9 rwandophone \u00e9tant souvent appel\u00e9s \u00e0 jouer ce r\u00f4le. N\u00e9anmoins, les groupes arm\u00e9s rejettent rarement l\u2019id\u00e9e d\u2019une gouvernance de type \u00e9tatique ou la l\u00e9gitimit\u00e9 globale d\u2019un \u00c9tat congolais. Cela les conduit \u00e0 imiter les pratiques de l\u2019\u00c9tat, telles que celles relatives \u00e0 la fiscalit\u00e9 et \u00e0 la taxation.<br \/>\nPar rapport \u00e0 la plupart des autres groupes arm\u00e9s dans l\u2019est du Congo, le NDC-R a r\u00e9ussi \u00e0 mettre en place des structures de gouvernance locale, ce qui lui a permis de gagner en l\u00e9gitimit\u00e9 (au moins aux yeux d\u2019une partie de la population) et de mieux communiquer ses objectifs. Le pilier de cette gouvernance a \u00e9t\u00e9 sa coh\u00e9sion militaire, qui &#8211; malgr\u00e9 les tensions d\u00e9crites ci-dessus &#8211; est rest\u00e9e remarquablement intacte malgr\u00e9 son expansion territoriale et l\u2019absorption d\u2019autres groupes arm\u00e9s d\u2019origines diverses. Au fur et \u00e0 mesure de sa croissance, il a \u00e9labor\u00e9 un ensemble de documents de gouvernance, dont un cahier des charges, d\u00e9crivant son orientation politique sur les questions cl\u00e9s.<br \/>\nUne grande partie de l\u2019identit\u00e9 du groupe est envelopp\u00e9e dans des r\u00e9cits d\u2019autod\u00e9fense au nom des communaut\u00e9s indig\u00e8nes contre les FDLR. Alors que dans ses interactions avec ses troupes, Guidon a justifi\u00e9 la scission et la cr\u00e9ation de son mouvement par les \u00e9checs de Sheka, la l\u00e9gitimit\u00e9 externe du NDC-R \u00e9tait bas\u00e9e sur sa campagne contre les FDLR. L\u2019utilisation des sentiments anti-rwandais est typique de nombreux groupes arm\u00e9s congolais, mais le NDC-R est &#8211; \u00e0 l\u2019exception des groupes Raia Mutomboki, beaucoup moins structur\u00e9s &#8211; l\u2019un des rares acteurs \u00e0 avoir su faire correspondre sa rh\u00e9torique \u00e0 une action.<br \/>\nOn peut donc observer diff\u00e9rents types de justification: \u00e0 Walikale, le groupe met l\u2019accent sur ses racines indig\u00e8nes au sein de la communaut\u00e9 nyanga, tandis qu\u2019en dehors de son territoire, le sentiment anti-rwandais domine. Cette citation d\u2019un combattant r\u00e9sume parfaitement l\u2019id\u00e9ologie du NDC-R: \u00ab<em>L\u2019id\u00e9ologie consiste \u00e0 combattre les FDLR et leurs alli\u00e9s qui violent les membres des communaut\u00e9s du Nord-Kivu, et \u00e0 prot\u00e9ger nos communaut\u00e9s. En outre, nous nous battons pour que Walikale soit entendu aux niveaux provincial et national. Les richesses de Walikale devraient aider Walikale \u00e0 se d\u00e9velopper<\/em>\u00bb.<br \/>\nMalgr\u00e9 cette noble rh\u00e9torique, le groupe fait preuve d\u2019autoritarisme envers les populations locales, en particulier lors des phases de conqu\u00eate o\u00f9 un nouvel ordre doit \u00eatre \u00e9tabli. Les membres dirigeants du NDC-R ont tent\u00e9 d\u2019expliquer cette violence en d\u00e9clarant qu\u2019au d\u00e9but de leur expansion dans le Lubero, un code de conduite n\u2019avait pas encore \u00e9t\u00e9 finalis\u00e9, l\u2019un d\u2019entre eux avouant que \u00able pillage \u00e9tait la base de nos revenus\u00bb. Par la suite, la mise en place du syst\u00e8me de taxation \u00e0 travers les jetons et des monopoles autour des zones mini\u00e8res a cr\u00e9\u00e9 des sources de revenus plus stables et moins violentes. Ce syst\u00e8me a permis au NDC-R de d\u00e9placer son centre op\u00e9rationnel de Lubero \u00e0 Masisi, sans perdre son emprise dans les zones o\u00f9 l\u2019autorit\u00e9 \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 \u00e9tablie.<br \/>\nDans la plupart des r\u00e9gions o\u00f9 le NDC-R op\u00e8re, des institutions de l\u2019\u00c9tat restent pr\u00e9sentes. Souvent, l\u2019autorit\u00e9 locale se n\u00e9gocie entre rebelles et chefs locaux, fonctionnaires et d\u2019autres institutions de l\u2019\u00c9tat. Par exemple, \u00e0 l\u2019approche des \u00e9lections de 2018, le NDC-R a arr\u00eat\u00e9 un agent de la Commission \u00e9lectorale nationale ind\u00e9pendante (Ceni) \u00e0 Walikale, car le NDC-R et les autorit\u00e9s locales n\u2019\u00e9taient pas d\u2019accord sur le lieu o\u00f9 les \u00e9lecteurs devaient s\u2019inscrire.<br \/>\nDans les cas o\u00f9 la loi congolaise est viol\u00e9e, le NDC-R peut envoyer les contrevenants aux acteurs gouvernementaux. Il s\u2019agit notamment des FARDC ou de la PNC dans les zones limitrophes du territoire du NDC-R, ou des tribunaux coutumiers et des tribunaux \u00e9tatiques locaux connus sous le nom de \u00abtribunaux de paix\u00bb. Mais le NDC-R s\u2019occupe lui-m\u00eame des autres affaires. Dans le sud du Lubero, il g\u00e8re la plupart des centres de d\u00e9tention, qui sont souvent des structures improvis\u00e9es.<br \/>\nLe NDC-R a une approche tout aussi nuanc\u00e9e dans sa propre organisation interne. Il maintient un degr\u00e9 de diff\u00e9renciation relativement \u00e9lev\u00e9, avec des hi\u00e9rarchies et des responsabilit\u00e9s militaires claires. Cela a rendu le groupe plus efficace, lui a permis d\u2019acqu\u00e9rir un territoire beaucoup plus vaste que d\u2019autres milices et a produit un certain degr\u00e9 de soutien populaire, \u00e9tant donn\u00e9 sa capacit\u00e9 \u00e0 contr\u00f4ler et s\u00e9curiser efficacement des zones, bien que les m\u00e9conduites disciplinaires de certains de ses membres soient courantes.<br \/>\nLe partage des revenus est essentiel \u00e0 sa coh\u00e9sion interne. Le NDC-R centralise la plupart des recettes avant d\u2019envoyer les salaires et les fonds op\u00e9rationnels \u00e0 ses unit\u00e9s. En cas d\u2019urgence, les commandants peuvent demander la permission d\u2019utiliser directement les revenus &#8211; par exemple pour acheter des munitions aux commandants des FARDC. Avant que Sheka et Guidon ne se s\u00e9parent, les officiers sup\u00e9rieurs recevaient 150 000 FC par mois (environ 90 $) et \u00e9taient autoris\u00e9s \u00e0 exercer un monopole du commerce de d\u00e9tail de certaines marchandises. Le NDC-R a temporairement doubl\u00e9 les salaires des officiers sup\u00e9rieurs, mais les a ensuite r\u00e9duits \u00e0 120 000 FC (75 USD), auxquels s\u2019ajoutent des avantages tels que le contr\u00f4le de secteurs sp\u00e9cifiques du commerce local. Les membres de la base re\u00e7oivent entre 10 000 FC et 40 000 FC (6 \u00e0 25 USD) chaque mois. Bien que certaines sources affirment que ces salaires sont souvent vers\u00e9s en retard, leur existence est inhabituelle pour les groupes arm\u00e9s dans l\u2019est du Congo.<br \/>\nLe syst\u00e8me de revenus et de salaires du NDC-R repose sur une branche administrative distincte au sein du groupe. En collaboration avec le chef de l\u2019administration g\u00e9n\u00e9rale du mouvement, le colonel Mwissa Hangi, et avec l\u2019autorisation finale de Guidon Shimiray, les agents fiscaux des \u00abbrigades\u00bb et des \u00absecteurs\u00bb organisent la collecte et la redistribution des imp\u00f4ts par l\u2019interm\u00e9diaire des commandants de bas niveau du NDC-R et des autorit\u00e9s locales coopt\u00e9es. Le coordinateur financier global re\u00e7oit toutes les recettes et, apr\u00e8s approbation de Guidon, r\u00e9partit les d\u00e9penses de chaque brigade. Ces administrateurs g\u00e8rent \u00e9galement le syst\u00e8me des jetons.<br \/>\nLe caract\u00e8re multiethnique du NDC-R le distingue des groupes arm\u00e9s congolais, qui recrutent g\u00e9n\u00e9ralement au sein d\u2019une seule communaut\u00e9 ethnique. Bien qu\u2019il ait commenc\u00e9 comme un groupe essentiellement nyanga, sa composition interne a chang\u00e9 au fur et \u00e0 mesure de sa croissance, int\u00e9grant des officiers hutu tels que Batachoka, Kobo comme Tondeuze, et hunde comme Mapenzi ou Poyo. Cela est d\u00fb en partie \u00e0 sa popularit\u00e9 reposant sur la lutte contre les FDLR et le r\u00e9tablissement d\u2019une autorit\u00e9 locale \u00abautochtone\u00bb, en plus de sa politique d\u2019int\u00e9gration d\u2019autres groupes arm\u00e9s. Ces deux facteurs ont contribu\u00e9 \u00e0 attirer les combattants hunde et nande, en particulier les troupes de l\u2019APCLS sous Mapenzi et de l\u2019UPDI. Lors de sa derni\u00e8re expansion dans le nord du Masisi, le NDC-R a \u00e9galement r\u00e9ussi \u00e0 recruter parmi plusieurs groupes Nyatura, gr\u00e2ce \u00e0 un m\u00e9lange de motivations financi\u00e8res et de pression militaire.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">5.4. Affaires, fiscalit\u00e9 et monopoles<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le NDC-R taxe la plupart des activit\u00e9s \u00e9conomiques dans la zone qu\u2019il contr\u00f4le et a encourag\u00e9 l\u2019\u00e9mergence de monopoles commerciaux pour faciliter la collecte des recettes. Dans plusieurs de ces entreprises, le groupe s\u2019associe \u00e0 d\u2019autres acteurs &#8211; notamment les autorit\u00e9s locales, d\u2019autres groupes arm\u00e9s et des unit\u00e9s de l\u2019arm\u00e9e nationale. Guidon (lui-m\u00eame ancien officier des FARDC) et certains de ses principaux collaborateurs ont \u00e9tabli et maintenu des liens \u00e9troits avec des commandants de l\u2019arm\u00e9e et certains de ces liens semblent \u00eatre ancr\u00e9s dans des int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques. Ces arrangements sont loin d\u2019\u00eatre in\u00e9dits. Avant Sukola II, les FARDC utilisaient par exemple les FDLR de la m\u00eame mani\u00e8re &#8211; notamment dans le commerce lucratif du charbon de bois autour de Goma.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">5.4.1. Jetons, efforts de guerre et rations militaires<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur l\u2019ensemble du territoire qu\u2019il contr\u00f4le, le NDC-R s\u2019est d\u00e9tach\u00e9 d\u2019une entreprise \u00e9conomique purement ax\u00e9e sur les ressources: il a mis en place un racket fiscal sophistiqu\u00e9 en professionnalisant le syst\u00e8me bien connu de taxation par le jeton appliqu\u00e9 par de nombreux groupes arm\u00e9s. Les civils \u00e2g\u00e9s de 15 \u00e0 59 ans doivent acheter un jeton &#8211; un re\u00e7u fiscal &#8211; pour 1000 francs congolais (0,6 USD) chaque mois, puis conserver ce petit re\u00e7u pour prouver qu\u2019ils ont pay\u00e9. Les v\u00e9hicules (30 000 francs congolais, 19 USD) et les transporteurs de marchandises telles que la viande, doivent payer davantage. En cas de non-paiement, des amendes de 10 000 FC (6 USD) ou plus s\u2019appliquent, ainsi que des d\u00e9tentions et des ch\u00e2timents corporels. Le NDC-R recueille ces taxes dans la plupart des zones sous son contr\u00f4le.<br \/>\nLes combattants v\u00e9rifient la pr\u00e9sence de jetons &#8211; dans certains endroits appel\u00e9s \u00abcarte m\u00e9moire\u00bb &#8211; soit de mani\u00e8re al\u00e9atoire, soit aux barrages routiers. Chaque jeton n\u2019est valable que pour une zone et une p\u00e9riode sp\u00e9cifique. Les commer\u00e7ants doivent s\u2019enregistrer aupr\u00e8s du NDC-R et payer une partie de leurs b\u00e9n\u00e9fices ou des taxes fixes pour pouvoir op\u00e9rer. Les jetons sont produits de mani\u00e8re centralis\u00e9e sous la supervision de Guidon, mais ils sont ensuite distribu\u00e9s et collect\u00e9s de mani\u00e8re d\u00e9centralis\u00e9e. La collecte des recettes est organis\u00e9e au niveau des commandants locaux \u00e0 la fin du mois, qui \u00e9mettent et reprennent souvent les jetons par le biais de chefs locaux. Comme chez d\u2019autres groupes arm\u00e9s de l\u2019est du Congo, chaque jeton porte une date et un timbre. Jusqu\u2019en juillet 2019, le NDC-R a exempt\u00e9 les enseignants, les \u00e9l\u00e8ves et les employ\u00e9s de l\u2019\u00c9tat, mais il est depuis revenu sur cette exemption. La perception des imp\u00f4ts entra\u00eene parfois des abus et des violations des droits de l\u2019homme. Par exemple, en juillet 2019, un enseignant a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 \u00e0 Muhanga alors qu\u2019il refusait de payer. En repr\u00e9sailles, le combattant du NDC-R responsable a \u00e9t\u00e9 br\u00fbl\u00e9 vif par la population.<br \/>\nAvant et apr\u00e8s les op\u00e9rations militaires, le NDC-R collecte des contributions pour motiver les combattants ou acheter des munitions. Les populations locales doivent livrer des denr\u00e9es alimentaires aux unit\u00e9s du NDC-R bas\u00e9es dans leur voisinage. Les grandes fermes ou ranchs, peu nombreux dans leur zone de contr\u00f4le, paient des taxes forfaitaires afin de pouvoir op\u00e9rer sans embuscades ni intimidations. De temps en temps, les rebelles imposent une taxe de \u00ab fonds de guerre \u00bb (appel\u00e9e mukongoro, \u00ab collecte \u00bb), qui peut aller de 3.000 \u00e0 6.000 FC (1,8-3,6 USD). Cette taxe &#8211; et le jeton qui l\u2019accompagne &#8211; ne remplace pas la taxe mensuelle ordinaire. Chaque famille du territoire du NDC-R est invit\u00e9e \u00e0 verser une ration hebdomadaire de denr\u00e9es alimentaires (telles que la farine de ma\u00efs et de manioc) au nyumbakumi, la plus petite unit\u00e9 administrative de chaque village. Les chefs coutumiers collectent \u00e9galement des marchandises telles que de l\u2019huile, du savon ou du sel aupr\u00e8s des commer\u00e7ants locaux et les livrent ensuite au commandant local du NDC-R. Les mineurs artisanaux paient une taxe de 7 000 FC (4,30 USD) par mois.<br \/>\nCette collecte des revenus des jetons et des mukongoro a permis au NDC-R de payer r\u00e9guli\u00e8rement les combattants, faisant du groupe un employeur plus attractif que d\u2019autres milices, o\u00f9 les salaires sont souvent vers\u00e9s rarement et irr\u00e9guli\u00e8rement, ce qui favorise les pillages et abus commis par certains combattants.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">5.4.2. L\u2019or et les autres op\u00e9rations mini\u00e8res<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le NDC-R a r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 la plupart de pr\u00e9c\u00e9dentes exploitations mini\u00e8res de Sheka \u00e0 Walikale, et son expansion dans le sud du Lubero lui a permis d\u2019acc\u00e9der aux nombreuses mines d\u2019or artisanales de la zone de Kasugho et Kagheri. De plus, il contr\u00f4le et taxe l\u2019approvisionnement en nourriture et en biens m\u00e9nagers de nombreux travailleurs et creuseurs de la r\u00e9gion. Avant l\u2019arriv\u00e9e du NDC-R en 2015 et l\u2019\u00e9mergence de Mazembe, la r\u00e9gion de Kasugho a \u00e9t\u00e9 contr\u00f4l\u00e9e par les FDLR et les FARDC pendant plus d\u2019une d\u00e9cennie.<br \/>\nDans ces zones mini\u00e8res, les institutions de l\u2019\u00c9tat sont souvent pr\u00e9sentes, mais trop faibles pour r\u00e9sister aux groupes arm\u00e9s tels que le NDC-R. Des documents confidentiels des Nations unies sugg\u00e8rent \u00e9galement que dans d\u2019autres endroits, comme Vuyinga et Makokwando, le contr\u00f4le minier est partag\u00e9 entre le NDC-R et les FARDC.<br \/>\nSelon une source de la soci\u00e9t\u00e9 civile, le groupe contr\u00f4le plus d\u2019une centaine de sites miniers dans la seule r\u00e9gion de Walikale. Les mineurs artisanaux des zones contr\u00f4l\u00e9es par le NDC-R paient des imp\u00f4ts en fonction de leur production et de leurs revenus. Dans la mine de Musigha (Lubero), par exemple, un chef local doit payer 5 grammes d\u2019or par mois, alors que les mineurs paient l\u2019\u00e9quivalent d\u2019environ 10 000 FC (6 USD) en or. Le non-paiement des taxes peut entra\u00eener des amendes allant de 5 \u00e0 15 grammes d\u2019or. Dans d\u2019autres mines, il existe \u00e9galement des taxes mensuelles, souvent d\u00e9sign\u00e9es par des euph\u00e9mismes tels que \u00abration\u00bb ou \u00absabuni\u00bb (le savon). En g\u00e9n\u00e9ral, ces taxes sont per\u00e7ues vers la fin du mois. Elles s\u2019\u00e9l\u00e8vent \u00e0 1,5 tiges, une unit\u00e9 de mesure locale qui vaut environ 10 000 FC (6 USD).<br \/>\nLe NDC-R impose \u00e9galement d\u2019autres paiements ou restrictions. Les mineurs et les commer\u00e7ants locaux doivent s\u2019enregistrer par le biais d\u2019un syst\u00e8me qui ressemble \u00e0 celui mis en place par les agences gouvernementales, et obtenir des permis d\u2019exploitation et de commerce. En outre, le NDC-R contr\u00f4le les interm\u00e9diaires qui rach\u00e8tent la production d\u2019or aux mineurs. Le groupe exige aussi des \u00abpermis de commerce\u00bb pour les autres entrepreneurs de la r\u00e9gion, tels que les commer\u00e7ants de denr\u00e9es alimentaires et d\u2019autres marchandises.<br \/>\nLes mines d\u2019or dans la zone contr\u00f4l\u00e9e par le NDC-R comprennent Kitowa, Fatua, Oninga, Yama, Kanaana et Makokwando &#8211; certaines \u00e9tant situ\u00e9es \u00e0 plusieurs jours de marche de la route principale. Des milliers de mineurs sont impliqu\u00e9s dans l\u2019exploitation alluviale et artisanale, principalement le long des rivi\u00e8res Tayna et Lubero. Les visites des diff\u00e9rentes zones mini\u00e8res peuvent r\u00e9v\u00e9ler des endroits recul\u00e9s o\u00f9 la violence est monnaie courante et les profits parfois extr\u00eamement \u00e9lev\u00e9s.<br \/>\n\u00c0 Musigha, par exemple, 32 kg d\u2019or sont produits chaque mois, repr\u00e9sentant environ 15 000 USD sur le march\u00e9 local (contre 48 000 USD pour un kilogramme d\u2019or raffin\u00e9 sur le march\u00e9 international).<br \/>\n\u00c0 Yama, autre site minier, il n\u2019y a pas de monnaie, tout est pay\u00e9 en or. Les mineurs paient \u00e9galement la nourriture et l\u2019entretien des combattants pour une valeur de jusqu&rsquo;\u00e0 14 000 FC par mois (8 USD). En retour, le village a \u00e9t\u00e9 reconstruit par le NDC-R apr\u00e8s les raids des FDLR.<br \/>\nDepuis ces r\u00e9gions mini\u00e8res \u00e9loign\u00e9es, une grande partie de l\u2019or est achemin\u00e9e \u00e0 Kasugho, une ville anim\u00e9e accessible en voiture depuis la route principale Goma-Butembo.<br \/>\nPar le biais d\u2019interm\u00e9diaires locaux \u00e0 Kasugho, la majeure partie de l\u2019or est transport\u00e9e vers les grandes villes de l\u2019est du Congo. Parfois, les n\u00e9gociants sont arr\u00eat\u00e9s en chemin faute de licence de commerce, ce qui leur vaut des amendes pouvant aller jusqu\u2019\u00e0 400 USD. Une grande partie de l\u2019or arrive \u00e0 Butembo, o\u00f9 il est achet\u00e9 par diff\u00e9rentes maisons de commerce &#8211; Congocom\/Kisoni, Comiba, Glory Minerals -, tandis qu\u2019une partie est \u00e9galement transport\u00e9e \u00e0 Goma, o\u00f9 elle est vendue \u00e0 Comialo, Comadeco, ou \u00e0 Comiski ou Comung \u00e0 Bukavu.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">5.4.3. Monopoles locaux de commerce de d\u00e9tail<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une autre source de revenus importante pour le NDC-R provient des monopoles dans le commerce de d\u00e9tail local, en particulier pour les cigarettes, les piles, la bi\u00e8re et d\u2019autres articles tr\u00e8s recherch\u00e9s sur les sites miniers. Cette pratique vient de l\u2019\u00e9poque du NDC, \u00e0 laquelle Guidon avait d\u00e9j\u00e0 organis\u00e9 un monopole du tabac \u00e0 Walikale. Entre-temps, cette technique a \u00e9t\u00e9 d\u00e9centralis\u00e9e, en associant d\u2019autres commandants.<br \/>\nLes monopoles sont structur\u00e9s comme suit : personne ne peut vendre de produits du tabac sur le territoire contr\u00f4l\u00e9 par le NDC-R sans une autorisation sp\u00e9ciale, qui co\u00fbte souvent environ 50 USD par mois, bien qu\u2019il n\u2019existe pas de prix fixe.<br \/>\nTr\u00e8s peu d\u2019autorisations sont accord\u00e9es \u00e0 des personnes qui ne sont pas membres ou proches du NDC-R. Le tabac produit localement est interdit, les contrevenants risquant une amende de 5 \u00e0 15 grammes d\u2019or. Il existe un monopole similaire pour la vente d\u2019alcool. Les deux monopoles s\u2019appliquent sur la zone d&rsquo;influence du NDC-R, \u00e0 l\u2019exception des grands centres urbains o\u00f9 cela pourrait d\u00e9clencher un d\u00e9saveu public important. Alors que Guidon et des officiers sup\u00e9rieurs cl\u00e9s supervisent le monopole du tabac, celui de l\u2019alcool est d\u00e9centralis\u00e9 au niveau des commandants de bataillons. Souvent, les \u00e9pouses des combattants s\u2019occupent de la vente au d\u00e9tail de l\u2019alcool dans les zones mini\u00e8res et sont exon\u00e9r\u00e9es d\u2019imp\u00f4ts.<br \/>\nTondeuze Masita, actuellement commandant de secteur, g\u00e8re les monopoles autour du sciage et du commerce du bois. Il a commenc\u00e9 \u00e0 le faire \u00e0 Bukumbirwa, puis il a mis en place un syst\u00e8me similaire dans la r\u00e9gion de Muhanga\/Bunyatenge, proche de Musigha, o\u00f9 il construit un h\u00f4tel, et plus r\u00e9cemment dans le nord du Masisi, en utilisant le travail forc\u00e9 pour transporter le bois.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">5.4.4. Taxes et recettes diverses<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, il existe un certain nombre d\u2019autres taxes dans la zone de contr\u00f4le du NDC-R. Dans les r\u00e9gions \u00e9loign\u00e9es qui ne disposent pas d\u2019un r\u00e9seau de t\u00e9l\u00e9phonie mobile, les commer\u00e7ants locaux ou les \u00e9glises utilisent souvent des radios \u00e0 haute fr\u00e9quence (HF). Le NDC-R exige des autorisations pour ce type de communication, qui doivent \u00eatre achet\u00e9es contre paiement. Bien que cela procure des revenus suppl\u00e9mentaires, cela sert \u00e9galement de moyen de discipline et de contr\u00f4le &#8211; les radios sont souvent consid\u00e9r\u00e9es comme du mat\u00e9riel militaire. En outre, le NDC-R per\u00e7oit une redevance pour l\u2019enregistrement des fusils de chasse, qu\u2019ils soient fabriqu\u00e9s de fa\u00e7on artisanale ou achet\u00e9s. En outre, le groupe pr\u00e9l\u00e8ve des taxes sur la propri\u00e9t\u00e9 des tron\u00e7onneuses. Alors qu\u2019il \u00e9tait bas\u00e9 \u00e0 Lubero, Tondeuze a supervis\u00e9 cette taxe en collaboration avec deux grands n\u00e9gociants en bois de Kirumba, contr\u00f4lant une grande partie de ce commerce vers Muhanga et Bingi. Des revenus occasionnels proviennent de ran\u00e7ons impos\u00e9es aux civils qui ne s\u2019engagent pas dans le salongo (un type de \u00abtravail volontaire coercitif\u00bb), principalement pour la r\u00e9paration et l\u2019entretien des routes, et aux familles de d\u00e9serteurs. Dans certaines r\u00e9gions, comme le nord du Masisi, le NDC-R pr\u00e9l\u00e8ve \u00e9galement des taxes de barrage routier de 200 FC, en plus des jetons mensuels.<\/p>\n<h1 style=\"text-align: justify;\">6. CONCLUSION<\/h1>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a dix ans, Guidon Shimiray \u00e9tait un personnage totalement inconnu. Aujourd\u2019hui, il dirige l\u2019un des plus importants groupes arm\u00e9s de l\u2019est du Congo. L\u2019histoire de cette r\u00e9ussite est en partie le fruit du hasard et des dynamiques structurelles du conflit, mais elle s\u2019explique aussi par la personnalit\u00e9 de Guidon. C\u2019est un orateur charismatique qui sait naviguer habilement dans la politique arm\u00e9e au Nord-Kivu. Il a mis en place une structure de gouvernance nettement plus sophistiqu\u00e9e que celle d\u2019autres groupes arm\u00e9s dans l\u2019est du Congo. Il utilise intelligemment les m\u00e9dias sociaux et la propagande pour diffuser les r\u00e9cits de ses exploits, tels que ces formations en droit international humanitaire dispens\u00e9es \u00e0 ses troupes.<br \/>\nPour traverser son territoire, de Walikale \u00e0 Lubero, plus d\u2019une semaine de marche est n\u00e9cessaire. Pourtant, ses commandants locaux continuent \u00e0 lui envoyer au moins une partie de leurs revenus et \u00e0 ob\u00e9ir \u00e0 ses ordres. Il a utilis\u00e9 les demandes locales pour plus de protection et de dignit\u00e9, tout en jouant sur la crainte d\u00e9mesur\u00e9e d\u2019une invasion rwandaise et de la \u00abbalkanisation\u00bb du Congo.<br \/>\nMais il serait erron\u00e9 de se focaliser sur l\u2019image m\u00e9diatico-compatible de ce personnage qui est, de fait, un chef rebelle brutal. Son ascension spectaculaire met en \u00e9vidence des probl\u00e8mes syst\u00e9miques qui vont bien au-del\u00e0 du NDC-R, qu\u2019il n\u2019est qu\u2019un groupe arm\u00e9 parmi plus d\u2019une centaine dans l\u2019est du Congo.<br \/>\nLe protagoniste le plus important de cette histoire, bien que souvent peu visible, est l\u2019\u00c9tat congolais et son arm\u00e9e, qui ont trait\u00e9 Guidon avec un m\u00e9lange de soutien ouvert et de tol\u00e9rance. M\u00eame le mandat d\u2019arr\u00eat que le gouvernement a \u00e9mis contre lui en juin 2019 l\u2019illustre: alors que certains procureurs militaires semblent d\u00e9termin\u00e9s \u00e0 mettre Guidon derri\u00e8re les barreaux, d\u2019autres r\u00e9seaux de l\u2019arm\u00e9e l\u2019ont prot\u00e9g\u00e9 et continuent de collaborer avec lui.<br \/>\nSi l\u2019exemple de Guidon Shimiray repr\u00e9sente un cas flagrant de complicit\u00e9 gouvernementale, de nombreux autres groupes arm\u00e9s b\u00e9n\u00e9ficient des largesses d\u2019une arm\u00e9e qui a des difficult\u00e9s \u00e0 motiver et discipliner ses propres troupes. Les soldats ont un maigre salaire, peu de soins de sant\u00e9 et des conditions de vie mis\u00e9rables, pour eux comme pour leur famille. Les \u00e9lites politiques h\u00e9sitent \u00e0 s\u00e9vir contre les r\u00e9seaux de client\u00e9lisme qui gangr\u00e8nent les services de s\u00e9curit\u00e9, encourageant leurs unit\u00e9s \u00e0 se livrer \u00e0 des activit\u00e9s criminelles et sapant un budget militaire d\u00e9j\u00e0 modeste. Le r\u00e9sultat est double. Premi\u00e8rement, l\u2019arm\u00e9e est relativement passive, voire complaisante: malgr\u00e9 des offensives militaires sporadiques, les commandants ont rarement les ressources ou le moral n\u00e9cessaire pour lancer des op\u00e9rations de contre-insurrection \u00e0 haut risque. Au contraire, la guerre par procuration devient un modus operandi crucial: elle est moins co\u00fbteuse, plus efficace et souvent plus lucrative que les op\u00e9rations militaires.<br \/>\nLe r\u00e9sultat est une sorte d\u2019\u00ab\u00c9tat de franchise\u00bb dans lequel des groupes arm\u00e9s comme le NDC-R op\u00e8rent avec l\u2019arm\u00e9e, en son nom, tout en imitant de plus en plus les FARDC et l\u2019\u00c9tat \u2013 de leurs uniformes \u00e0 la collecte des imp\u00f4ts, en passant par la fourniture de services de base.<br \/>\nCette collaboration pr\u00e9sente une s\u00e9rie de risques tant pour l\u2019autorit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat que pour la s\u00e9curit\u00e9 humaine.<br \/>\nComme elle est men\u00e9e en dehors des canaux officiels, elle \u00e9chappe \u00e0 l\u2019examen du public et \u00e0 la transparence, tout en sapant l\u2019autorit\u00e9 de l\u2019arm\u00e9e et son acceptation populaire. En outre, en soutenant les milices locales qui recrutent en grande partie sur des bases ethniques, les FARDC se sont rendues complices de violentes querelles ethniques qui ont fait des centaines de morts et provoqu\u00e9 le d\u00e9placement de dizaines de milliers de personnes.<br \/>\nEnfin, le cas du NDC-R offre un r\u00e9cit \u00e9difiant pour ceux qui sont engag\u00e9s dans la restauration de l\u2019autorit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat. Lorsqu\u2019un gouvernement est si profond\u00e9ment enchev\u00eatr\u00e9 avec des groupes arm\u00e9s, il participe plus \u00e0 l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 qu\u2019\u00e0 la monopolisation de la violence l\u00e9gitime. La souverainet\u00e9 elle-m\u00eame devient ainsi un objet de n\u00e9gociation constante entre les courtiers en pouvoir, et ainsi un concept de plus en plus fluide qui ne ressemble qu\u2019en partie aux notions classiques de la relation entre l\u2019\u00c9tat, territoire et contr\u00f4le des populations.<br \/>\nComme le montre cette \u00e9tude, il n\u2019est pas toujours \u00e9vident de savoir qui contr\u00f4le &#8211; le mouvement rebelle, son parrain \u00e9tatique, ou l\u2019un des nombreux autres bellig\u00e9rants de la r\u00e9gion. Il s\u2019agit donc d\u2019une situation de \u00absouverainet\u00e9s partielles et horizontales\u00bb qui existent \u00e0 des degr\u00e9s divers.<br \/>\nPour d\u00e9manteler ces r\u00e9seaux de parrainage et \u00abrestaurer l\u2019autorit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat\u00bb &#8211; un objectif central de la mission des Nations unies au Congo et de l\u2019engagement international en g\u00e9n\u00e9ral &#8211; il faudra une r\u00e9forme globale de l\u2019\u00c9tat congolais, qui comprend une plus grande redevabilit\u00e9, un nouveau contrat social entre le peuple et ses dirigeants, ainsi que davantage de ressources et de formation. Ceci n\u2019est pas un d\u00e9fi essentiellement technocratique; il est intens\u00e9ment politique, car il exige une reconfiguration compl\u00e8te des int\u00e9r\u00eats des \u00e9lites politiques et militaires, ainsi que de leur culture politique. Comme le nouveau pr\u00e9sident F\u00e9lix Tshisekedi l\u2019a rapidement d\u00e9couvert, \u00abd\u00e9boulonner\u00bb les responsables de la violence sera probablement une bataille g\u00e9n\u00e9rationnelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Cf <a href=\"http:\/\/congoresearchgroup.org\/rapport-pour-larmee-avec-larmee-comme-larmee\/?lang=fr\">http:\/\/congoresearchgroup.org\/rapport-pour-larmee-avec-larmee-comme-larmee\/?lang=fr<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>POUR L\u2019ARM\u00c9E, AVEC L\u2019ARM\u00c9E ET COMME L\u2019ARM\u00c9E La remarquable ascension de Guidon Shimiray et du NDC\u2013R (2) Groupe d\u2019\u00c9tude sur le Congo (GEC) 13 mai 2020 (2\u00e8me partie)[1] SOMMAIRE 5. GUERRE PAR PROCURATION, GOUVERNANCE EXP\u00c9RIMENTALE ET AUTORIT\u00c9 EXTRACTIVE 5.1. Guerre par procuration et alliances : transactions, cooptation et op\u00e9rations parall\u00e8les 5.2. Le NDC-R\u00e9nov\u00e9 comme mandataire &hellip; <\/p>\n<p><a class=\"more-link btn\" href=\"https:\/\/www.paceperilcongo.it\/fr\/2020\/06\/congo-actualite-n-404\/\">Lire la suite<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[24,371,401,396,394,116],"class_list":["post-3921","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-congo-actualite","tag-congo-actualite-2","tag-forces-armees-de-la-rdcongo-fardc","tag-forces-democratiques-de-liberation-du-rwanda-fdlr","tag-guidon-shimiray","tag-nduma-defence-of-congo-renove-ndc-r","tag-nord-kivu","item-wrap"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.paceperilcongo.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3921","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.paceperilcongo.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.paceperilcongo.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.paceperilcongo.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.paceperilcongo.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3921"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.paceperilcongo.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3921\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3923,"href":"https:\/\/www.paceperilcongo.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3921\/revisions\/3923"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.paceperilcongo.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3921"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.paceperilcongo.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3921"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.paceperilcongo.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3921"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}