{"id":279,"date":"2011-06-14T11:51:33","date_gmt":"2011-06-14T09:51:33","guid":{"rendered":"http:\/\/www.paceperilcongo.it\/fr\/?p=279"},"modified":"2011-06-14T11:51:33","modified_gmt":"2011-06-14T09:51:33","slug":"rapport-mapping-de-l%e2%80%99onu-sur-les-crimes-en-r-d-congo-5%c2%b0-sortie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.paceperilcongo.it\/fr\/2011\/06\/rapport-mapping-de-l%e2%80%99onu-sur-les-crimes-en-r-d-congo-5%c2%b0-sortie\/","title":{"rendered":"RAPPORT MAPPING DE L\u2019ONU SUR LES CRIMES EN R.D.CONGO: 5\u00b0 Sortie"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><strong>HAUT COMMISARIAT NATION UNIES POUR LES DROITS DE L\u2019HOMME<\/strong><br \/>\n<em><strong>R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo, 1993-2003.<\/strong><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em> RAPPORT DU PROJET MAPPING CONCERNANT LES VIOLATIONS LES PLUS GRAVES DES DROITS DE L\u2019HOMME ET DU DROIT INTERNATIONAL HUMANITAIRE COMMISES ENTRE MARS 1993 ET JUIN 2003 SUR LE TERRITOIRE DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO<\/em><br \/>\n<em>Ao\u00fbt 2010.<\/em><\/p>\n<p>SOMMAIRE:<br \/>\nSECTION I &#8211; CHAPITRE II.<br \/>\nJUILLET 1996 \u2013 JUILLET 1998 : PREMI\u00c8RE GUERRE ET R\u00c9GIME DE L\u2019AFDL<br \/>\nB. ATTAQUES CONTRE LES REFUGIES HUTU<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">4. Province Orientale<br \/>\nAttaques contre les r\u00e9fugi\u00e9s le long de l\u2019axe Lubutu\u2013Kisangani<br \/>\nEx\u00e9cutions et disparitions forc\u00e9es de r\u00e9fugi\u00e9s dans la ville de Kisangani et ses environs<br \/>\nAttaques contre les r\u00e9fugi\u00e9s le long de la ligne de chemin de fer Ubundu\u2013Kisangani<br \/>\nAttaques contre les r\u00e9fugi\u00e9s le long de l\u2019axe Kisangani\u2013Opala<br \/>\n5. \u00c9quateur<br \/>\nB. ATTAQUES CONTRE LES REFUGIES HUTU<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">4. Province Orientale<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">240. \u00c0 l\u2019exception du groupe de militaires accompagnant l\u2019entourage de l\u2019ancien Pr\u00e9sident rwandais Habyarimana qui a rapidement travers\u00e9 la r\u00e9gion entre fin 1996 et d\u00e9but 1997, l\u2019immense majorit\u00e9 des r\u00e9fugi\u00e9s rwandais n\u2019est arriv\u00e9e dans la province Orientale qu\u2019en mars 1997.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors qu\u2019ils tentaient d\u2019atteindre Kisangani en compagnie d\u2019un nombre extr\u00eamement r\u00e9duit d\u2019\u00e9l\u00e9ments des ex-FAR\/Interahamwe via la route Lubutu-Kisangani, sur la rive droite de la rivi\u00e8re Luluaba (ou fleuve Congo), ils ont \u00e9t\u00e9 repouss\u00e9s par les FAZ vers Ubundu, \u00e0 100 kilom\u00e8tres au sud de Kisangani, sur la rive gauche de la rivi\u00e8re Luluaba.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">241. \u00c0 compter du 6 mars 1997, des dizaines de milliers de r\u00e9fugi\u00e9s se sont install\u00e9s \u00e0 Njale, dans le territoire d\u2019Ubundu, sur la rive droite du fleuve Za\u00efre, en face du village d\u2019Ubundu. Les combats qui se sont d\u00e9roul\u00e9s entre les troupes de l\u2019AFDL\/APR et celles des ex-FAR\/Interahamwe dans les environs de Njale ont suscit\u00e9 chez les r\u00e9fugi\u00e9s un mouvement de panique et beaucoup d\u2019entre eux ont tent\u00e9 de traverser le fleuve par tous les moyens, malgr\u00e9 des conditions m\u00e9t\u00e9orologiques difficiles. Plusieurs centaines de r\u00e9fugi\u00e9s seraient ainsi morts noy\u00e9s au cours de la travers\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Attaques contre les r\u00e9fugi\u00e9s le long de l\u2019axe Lubutu\u2013Kisangani<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">242. Avan\u00e7ant plus rapidement que les autres, un petit groupe d\u2019environ 1 000 r\u00e9fugi\u00e9s et d\u2019\u00e9l\u00e9ments des ex-FAR\/Interahamwe a pu passer avant la fermeture de la route Lubutu-Kisangani Le 12 mars 1997, ils sont arriv\u00e9s \u00e0 Wania Rukula, village situ\u00e9 \u00e0 64 kilom\u00e8tres de Kisangani. Ils se sont install\u00e9s dans deux camps temporaires situ\u00e9s entre les localit\u00e9s de Luboya et Maiko, sur la rive droite de la rivi\u00e8re Luluaba. Le m\u00eame jour, des militaires des FAZ de la Division Sp\u00e9ciale Pr\u00e9sidentielle (DSP) sont venus dans les camps et ont distribu\u00e9 des armes aux ex-FAR\/Interahamwe en pr\u00e9vision d\u2019une attaque de l\u2019AFDL\/APR. L\u2019incident all\u00e9gu\u00e9 suivant a \u00e9t\u00e9 document\u00e9 :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Le 14 mars 1997, vers 20 heures, apr\u00e8s la d\u00e9faite de la coalition FAZ\/ex-FAR\/Interahamwe, des militaires de l\u2019AFDL\/APR ont tu\u00e9 au moins 470 r\u00e9fugi\u00e9s dans les deux camps situ\u00e9s pr\u00e8s de Wanie Rukula, dans le territoire d\u2019Ubundu. La plupart des corps des victimes ont \u00e9t\u00e9 jet\u00e9s dans la rivi\u00e8re Luboya mais certains ont \u00e9t\u00e9 plac\u00e9s dans trois fosses communes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ex\u00e9cutions et disparitions forc\u00e9es de r\u00e9fugi\u00e9s dans la ville de Kisangani et ses environs<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">243. Apr\u00e8s la prise de Kisangani, le 15 mars 1997, les militaires de l\u2019AFDL\/APR ont organis\u00e9 des op\u00e9rations de ratissage dans la ville et ses environs, \u00e0 la recherche de r\u00e9fugi\u00e9s. Les nouvelles autorit\u00e9s de l\u2019AFDL ont donn\u00e9 pour instructions aux responsables locaux de rassembler tous les r\u00e9fugi\u00e9s pr\u00e9sents dans la r\u00e9gion. Chaque fois que des groupes de r\u00e9fugi\u00e9s \u00e9taient rep\u00e9r\u00e9s, des militaires de l\u2019AFDL\/APR se rendaient sur les sites de rassemblement et emmenaient les r\u00e9fugi\u00e9s vers une destination inconnue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans ce contexte, l\u2019\u00c9quipe Mapping a document\u00e9 les incidents all\u00e9gu\u00e9s suivants :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Aux environs du 15 mars 1997, des \u00e9l\u00e9ments de l\u2019AFDL\/APR ont fait dispara\u00eetre une trentaine de r\u00e9fugi\u00e9s d\u00e9tenus dans la prison centrale de Kisangani. Une fois entr\u00e9s dans la prison abandonn\u00e9e par les services de s\u00e9curis\u00e9 za\u00efrois, ils ont tri\u00e9 les prisonniers en fonction de leur ethnie. Les Tutsi ont \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9s et leur rapatriement au Rwanda a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9. Les Hutu ont \u00e9t\u00e9 emmen\u00e9s \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de\u00a0la prison et leur destination reste inconnue \u00e0 ce jour. Une vingtaine de femmes et d\u2019enfants hutu ont \u00e9t\u00e9 \u00e9galement emmen\u00e9s \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de la prison en vue de leur rapatriement au Rwanda. Leur retour n\u2019a toutefois pu \u00eatre confirm\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Fin avril 1997, des militaires de l\u2019AFDL\/APR ont arr\u00eat\u00e9 un groupe de 11 r\u00e9fugi\u00e9s sur la route Kisangani\u2013Lubutu. Ces derniers n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 revus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Attaques contre les r\u00e9fugi\u00e9s le long de la ligne de chemin de fer Ubundu\u2013Kisangani<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">244. Apr\u00e8s avoir travers\u00e9 la rivi\u00e8re Luluaba au niveau du village d\u2019Ubundu, les r\u00e9fugi\u00e9s, ont, pour la plupart, poursuivi leur chemin et se sont install\u00e9s, vers le 14 mars 1997, dans un camp de fortune appel\u00e9 \u00ab Camp de la Paix \u00bb, situ\u00e9 dans le village d\u2019Obilo, \u00e0 82 kilom\u00e8tres de Kisangani. Le 15 mars, cependant, les troupes de l\u2019AFDL\/APR\/UPDF ont pris Kisangani et les r\u00e9fugi\u00e9s, dans leur majorit\u00e9, ont d\u00e9cid\u00e9 de continuer leur chemin, \u00e0 l\u2019exception de quelques centaines qui sont rest\u00e9s \u00e0 Obilo. L\u2019incident all\u00e9gu\u00e9 suivant a \u00e9t\u00e9 document\u00e9 :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Le 26 mars 1997 \u00e0 l\u2019aube, des \u00e9l\u00e9ments de l\u2019AFDL\/APR ont tu\u00e9 80 r\u00e9fugi\u00e9s au moins, dont des femmes et des enfants, au camp d\u2019Obilo, dans le territoire d\u2019Ubundu. Quelques jours auparavant, des militaires de l\u2019AFDL\/APR en provenance de Kisangani s\u2019\u00e9taient rendus \u00e0 Obilo et avaient donn\u00e9 pour ordre aux autorit\u00e9s locales de ramener dans le \u00ab Camp de la Paix \u00bb tous les r\u00e9fugi\u00e9s pr\u00e9sents dans le village afin qu\u2019ils puissent recevoir une aide humanitaire. Le 26 mars \u00e9galement, les villageois ont entendu des coups de feu pendant 45 minutes environ. Le lendemain ils sont entr\u00e9s dans le camp parsem\u00e9 de douilles et ont d\u00e9couvert les cadavres des victimes. En quittant Obilo, les militaires ont d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 la population que les r\u00e9fugi\u00e9s \u00e9taient des personnes malfaisantes et qu\u2019ils ne devaient en aucun cas aider les survivants. La Croix-Rouge ainsi que certains habitants ont enterr\u00e9 les cadavres dans quatre fosses communes. Deux d\u2019entre elles se trouvent \u00e0 proximit\u00e9 du march\u00e9, une pr\u00e8s de l\u2019\u00e9glise des T\u00e9moins de J\u00e9hovah et une autre sur les bords de la rivi\u00e8re Obilo.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">245. Les r\u00e9fugi\u00e9s qui avaient quitt\u00e9 Obilo avant l\u2019attaque se sont s\u00e9par\u00e9s dans deux directions. Un premier groupe, dans lequel se trouvaient des \u00e9l\u00e9ments des ex-FAR\/Interahamwe est parti en direction de la province de l\u2019\u00c9quateur en coupant par la for\u00eat au niveau du point kilom\u00e9trique 52 puis en passant par le territoire d\u2019Opala. Un second groupe compos\u00e9 principalement de r\u00e9fugi\u00e9s, a continu\u00e9 d\u2019avancer en direction de Kisangani dans l\u2019espoir d\u2019avoir acc\u00e8s \u00e0 l\u2019aide humanitaire, voire d\u2019\u00eatre rapatri\u00e9. Plusieurs dizaines de milliers de personnes se sont install\u00e9es dans le village de Lula, \u00e0 7 kilom\u00e8tres de Kisangani, sur la rive gauche du fleuve. Le 31 mars 1997, cependant, les militaires de l\u2019AFDL\/APR sont arriv\u00e9s dans la zone et les ont oblig\u00e9es \u00e0 rebrousser chemin en\u00a0direction d\u2019Ubundu. Les r\u00e9fugi\u00e9s ont alors investi des camps provisoires le long de la ligne de chemin de fer reliant Kisangani et Ubundu sur une distance de 125 kilom\u00e8tres. Vers la mi-avril, 50 000 r\u00e9fugi\u00e9s au moins s\u2019\u00e9taient ainsi install\u00e9s dans les camps de Kasese I et II, situ\u00e9s pr\u00e8s de la localit\u00e9 de Kisesa, \u00e0 25 kilom\u00e8tres de Kisangani. Un second camp de fortune a accueilli 30 000 r\u00e9fugi\u00e9s au niveau de Biaro, \u00e0 41 kilom\u00e8tres de Kisangani. Le personnel humanitaire s\u2019est fortement mobilis\u00e9 afin de venir en aide aux r\u00e9fugi\u00e9s vivant dans ces camps. Compte tenu de l\u2019ampleur des besoins et des difficult\u00e9s d\u2019acc\u00e8s aux camps, seule une faible proportion de la population r\u00e9fugi\u00e9e a pu b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une aide humanitaire. Le personnel humanitaire a par ailleurs d\u00fb faire face \u00e0 l\u2019hostilit\u00e9 des responsables de l\u2019AFDL\/APR sur le terrain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans ce contexte, l\u2019\u00c9quipe Mapping a document\u00e9 les incidents all\u00e9gu\u00e9s suivants :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Au cours d\u2019avril 1997, alors qu\u2019entre 60 et 120 r\u00e9fugi\u00e9s mourraient chaque jour de maladie ou d\u2019\u00e9puisement, les militaires de l\u2019AFDL\/APR ont, \u00e0 plusieurs reprises, interdit l\u2019acc\u00e8s des camps aux organismes et ONG \u00e0 vocation humanitaire et entrav\u00e9 le rapatriement des r\u00e9fugi\u00e9s vers le Rwanda. Malgr\u00e9 l\u2019accord donn\u00e9 officiellement au HCR le 16 avril 1997 par les responsables de l\u2019AFDL pour qu\u2019il rapatrie par avion les milliers de r\u00e9fugi\u00e9s se trouvant dans la r\u00e9gion de Kisangani, le Gouvernement rwandais a contest\u00e9 cette option et insist\u00e9 pour que les r\u00e9fugi\u00e9s soient rapatri\u00e9s par la route. \u00c0 plusieurs reprises, cependant, les op\u00e9rations de rapatriement par voie terrestre ont \u00e9t\u00e9 report\u00e9es sous diff\u00e9rents pr\u00e9textes. Le rapatriement de 80 enfants du camp de Biaro pr\u00e9vu pour le 18 avril a ainsi \u00e9t\u00e9 annul\u00e9 par les responsables de l\u2019AFDL\/APR au motif controvers\u00e9 que plusieurs cas de chol\u00e9ra avaient \u00e9t\u00e9 signal\u00e9s dans le camp voisin de Kasese. Par la suite, un convoi humanitaire et un d\u00e9p\u00f4t du PAM ont \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9s par la population locale \u00e0 l\u2019instigation des militaires de l\u2019AFDL\/APR et le personnel humanitaire s\u2019est vu interdire l\u2019acc\u00e8s aux camps situ\u00e9s au sud de Kisangani. Une barri\u00e8re dress\u00e9e au niveau de Lula a ainsi marqu\u00e9 l\u2019entr\u00e9e de cette zone restreinte \u00e0 tout le personnel humanitaire. Les 19 et 20 avril, MSF a n\u00e9goci\u00e9 un passage mais n\u2019a pu travailler que pendant deux heures par jour dans les camps. \u00c0 compter du 21 avril, l\u2019acc\u00e8s aux camps a \u00e9t\u00e9 totalement interdit au personnel humanitaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Le 21 avril 1997, des habitants de Kisesa visiblement encourag\u00e9s par des militaires de l\u2019AFDL\/APR ont attaqu\u00e9 les camps de Kasese I et II en faisant usage de machettes et de fl\u00e8ches, tuant un nombre ind\u00e9termin\u00e9 de r\u00e9fugi\u00e9s et pillant des d\u00e9p\u00f4ts humanitaires. Plusieurs sources ont indiqu\u00e9 que l\u2019attaque avait \u00e9t\u00e9 men\u00e9e en repr\u00e9sailles au meurtre par les r\u00e9fugi\u00e9s de six villageois de Kisesa. Cette version des faits a toutefois \u00e9t\u00e9 contest\u00e9e par plusieurs sources cr\u00e9dibles. Des militaires de l\u2019AFDL\/APR pr\u00e9sents sur place auraient directement incit\u00e9 la population \u00e0 attaquer les camps.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">246. De nombreux t\u00e9moins et diff\u00e9rentes sources ont indiqu\u00e9 qu\u2019un train en provenance de Kisangani \u00e9tait arriv\u00e9 le 21 avril 1997 \u00e0 proximit\u00e9 des camps avec \u00e0 son bord des \u00e9l\u00e9ments des unit\u00e9s sp\u00e9ciales de l\u2019APR d\u00e9ploy\u00e9es depuis le 17 avril \u00e0 l\u2019a\u00e9roport de Kisangani.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019incident all\u00e9gu\u00e9 suivant a \u00e9t\u00e9 document\u00e9 :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Le 22 avril 1997 au matin, des \u00e9l\u00e9ments de l\u2019AFDL\/APR accompagn\u00e9s de villageois ont, en pr\u00e9sence de plusieurs hauts responsables de l\u2019APR, tu\u00e9 au moins 200 r\u00e9fugi\u00e9s dans les camps de Kasese I et II. Les tueries ont dur\u00e9 de 7 \u00e0 12 heures. Selon plusieurs sources, quelques \u00e9l\u00e9ments des ex-FAR\/Interahamwe se seraient trouv\u00e9s dans les camps mais les victimes \u00e9taient pour la plupart des civils. Apr\u00e8s le massacre, les militaires se sont rendus dans le village de Kisesa et ont donn\u00e9 ordre aux villageois de se rendre dans les camps pour ramasser les corps qui, dans un premier temps ont \u00e9t\u00e9 enterr\u00e9s dans des fosses communes. Par la suite, les militaires de l\u2019AFDL\/APR sont revenus \u00e0 Kisesa afin d\u2019exhumer les corps et de les br\u00fbler. Le 24 avril, des responsables du HCR et du PAM ainsi que quelques journalistes ont pu se rendre dans les camps de Kasese I et II sous escorte militaire de l\u2019AFDL\/APR. Tous les r\u00e9fugi\u00e9s, y compris les malades et les enfants, avaient disparu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">247. Imm\u00e9diatement apr\u00e8s les massacres de Kasese, les militaires de l\u2019AFDL\/APR ont attaqu\u00e9 le camp de Biaro, \u00e0 41 kilom\u00e8tres de Kisangani. L\u2019incident all\u00e9gu\u00e9 suivant a \u00e9t\u00e9 document\u00e9 :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Le 22 avril 1997, des \u00e9l\u00e9ments de l\u2019AFDL\/APR ont ouvert le feu de mani\u00e8re indiscrimin\u00e9e sur le camp de r\u00e9fugi\u00e9s de Biaro, tuant pr\u00e8s de 100 personnes, dont des femmes et des enfants. Les militaires ont ensuite traqu\u00e9 les r\u00e9fugi\u00e9s qui \u00e9taient parvenus \u00e0 s\u2019enfuir dans la for\u00eat et en ont tu\u00e9 un nombre ind\u00e9termin\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">248. Le 28 avril 1997, l\u2019ONG MSF a \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9e \u00e0 visiter les camps de Kasese et Biaro mais tous leurs occupants avaient disparu. Selon MSF, avant les attaques, ces camps abritaient au moins 5 000 personnes qui se trouvaient dans un \u00e9tat d\u2019\u00e9puisement extr\u00eame.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">249. Le 22 avril 1997, alors que se d\u00e9roulaient les attaques sur les camps de Biaro et Kasese, des militaires de l\u2019AFDL\/APR et des villageois ont arr\u00eat\u00e9 des r\u00e9fugi\u00e9s qui tentaient de s\u2019enfuir et les ont contraints \u00e0 partir en direction du centre ville d\u2019Ubundu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019incident all\u00e9gu\u00e9 suivant a \u00e9t\u00e9 document\u00e9:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Le 22 avril 1997, au niveau du point kilom\u00e9trique 52, les militaires de l\u2019AFDL\/APR ont ordonn\u00e9 aux r\u00e9fugi\u00e9s de s\u2019arr\u00eater et de s\u2019asseoir puis ils ont ouvert le feu sur eux, tuant un nombre ind\u00e9termin\u00e9 de personnes, parmi lesquelles un grand nombre de femmes et d\u2019enfants. Les cadavres ont \u00e9t\u00e9 entass\u00e9s au bord de la route puis enterr\u00e9s ou br\u00fbl\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">250. En mai 1997, alors m\u00eame que le HCR et le personnel humanitaire organisaient le rapatriement de certains r\u00e9fugi\u00e9s qui se trouvaient entre le point kilom\u00e9trique 41 et Kisangani, les massacres se sont poursuivis dans la zone situ\u00e9e au sud du camp de Biaro. Cette zone est rest\u00e9e interdite au personnel humanitaire, aux journalistes et aux diplomates jusqu\u2019au 19 mai au moins. Le 14 mai, la d\u00e9l\u00e9gation de S\u00e9rgio Vieira de Mello, adjoint du Haut-Commissaire des Nations Unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s, s\u2019est vue refuser l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la zone par des militaires de l\u2019AFDL\/APR. \u00c0 la m\u00eame \u00e9poque, interrog\u00e9 par des journalistes dans le cadre d\u2019un reportage t\u00e9l\u00e9vis\u00e9, un Za\u00efrois membre des ex-Tigres katangais int\u00e9gr\u00e9s dans l\u2019AFDL\/APR a d\u00e9clar\u00e9 avoir \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin de plus d\u2019un millier d\u2019ex\u00e9cutions par semaine dans cette zone. Il a \u00e9galement indiqu\u00e9 que les corps des victimes \u00e9taient achemin\u00e9s de nuit sur certains sites afin d\u2019\u00eatre br\u00fbl\u00e9s. Les militaires de l\u2019AFDL\/APR ont men\u00e9 une campagne de \u00absensibilisation\u00bb aupr\u00e8s de la population afin qu\u2019elle ne parle pas de ce qui s\u2019\u00e9tait pass\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">251. \u00c0 compter du 30 avril 1997, les militaires de l\u2019AFDL\/APR ont commenc\u00e9 \u00e0 acheminer par train plusieurs groupes de r\u00e9fugi\u00e9s qui avaient surv\u00e9cu aux attaques sur les camps de Kasese jusqu\u2019au camp de transit install\u00e9 \u00e0 proximit\u00e9 de l\u2019a\u00e9roport de Kisangani.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019incident all\u00e9gu\u00e9 suivant a \u00e9t\u00e9 document\u00e9 :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Le 4 mai 1997, les militaires de l\u2019AFDL\/APR ont provoqu\u00e9 la mort de plus de 90 r\u00e9fugi\u00e9s en les faisant voyager dans un train dans des conditions propres \u00e0 provoquer de nombreuses pertes en vies humaines. Les militaires de l\u2019AFDL\/APR qui avaient refus\u00e9 que le personnel humanitaire organise leur rapatriement avaient entass\u00e9 les r\u00e9fugi\u00e9s dans des wagons sans respecter les consignes de s\u00e9curit\u00e9 minimales pour la survie des voyageurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Attaques contre les r\u00e9fugi\u00e9s le long de l\u2019axe Kisangani\u2013Opala<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">252. D\u00e9but avril 1997, des r\u00e9fugi\u00e9s en provenance du territoire d\u2019Ubundu, qui avaient probablement fui les massacres de Biaro et Kasese, se sont regroup\u00e9s dans la localit\u00e9 de Yalikaka, au bord de la rivi\u00e8re Lobaye. L\u2019incident all\u00e9gu\u00e9 suivant a \u00e9t\u00e9 document\u00e9 :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 En avril 1997, certains habitants du village de Yalikaka, dans le territoire d\u2019Opala, agissant sous les ordres d\u2019un civil, ont tu\u00e9 au moins 50 r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 l\u2019arme blanche ou \u00e0 coups de branche. Les cadavres ont \u00e9t\u00e9 enterr\u00e9s sur les lieux ou jet\u00e9s dans la rivi\u00e8re. Cette attaque aurait eu lieu en repr\u00e9sailles \u00e0 l\u2019assassinat, survenu un peu plus t\u00f4t, d\u2019un habitant du village par des \u00e9l\u00e9ments des ex-FAR\/Interahamwe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">253. Apr\u00e8s le massacre, certains habitants du village de Yalikaka ont continu\u00e9 \u00e0 emp\u00eacher de nombreux r\u00e9fugi\u00e9s de traverser la rivi\u00e8re et de s\u2019enfuir. Ils ont aussi pr\u00e9venu les militaires de l\u2019AFDL\/APR de la pr\u00e9sence des r\u00e9fugi\u00e9s dans le village.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019incident all\u00e9gu\u00e9 suivant a \u00e9t\u00e9 document\u00e9:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Vers le 28 avril 1997, une vingtaine de militaires de l\u2019AFDL\/APR sont arriv\u00e9s dans le village de Yalikaka et ont tu\u00e9 des centaines de r\u00e9fugi\u00e9s. \u00c0 leur arriv\u00e9e, ils ont interrog\u00e9 les r\u00e9fugi\u00e9s et \u00e9cart\u00e9 un Za\u00efrois au moins qui se trouvait parmi eux. Ils ont ensuite ex\u00e9cut\u00e9 les r\u00e9fugi\u00e9s par balle. Les corps des victimes ont \u00e9t\u00e9 enterr\u00e9s sur place par les villageois.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">254. Apr\u00e8s la chute de Kisangani et la destruction des camps situ\u00e9s entre Kisangani et Ubundu, plusieurs milliers de r\u00e9fugi\u00e9s se sont regroup\u00e9s dans les villages de Lusuma et Makako, \u00e0 206 kilom\u00e8tres de Kisangani. Ils n\u2019ont pas pu franchir la rivi\u00e8re Lomami pour atteindre Opala et sont rest\u00e9s sur les lieux, pillant les biens et les r\u00e9coltes des civils.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans ce contexte, l\u2019\u00c9quipe Mapping a document\u00e9 les incidents all\u00e9gu\u00e9s suivants :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Entre avril et mai 1997, certains habitants du village de Yalikaka et des \u00e9l\u00e9ments de l\u2019AFDL\/APR ont tu\u00e9 300 r\u00e9fugi\u00e9s par balle ou \u00e0 l\u2019arme blanche dans le village de Makako du territoire d\u2019Opala.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Au cours d\u2019avril et mai, le long de la route entre Yaoleka et Anzi, dans le territoire d\u2019Opala, des villageois ont tu\u00e9 plusieurs dizaines de r\u00e9fugi\u00e9s en les attaquant avec des fl\u00e8ches empoisonn\u00e9es ou en laissant \u00e0 leur port\u00e9e des produits comestibles empoisonn\u00e9s. Les villageois cherchaient ainsi \u00e0 dissuader les r\u00e9fugi\u00e9s de venir s\u2019installer dans leur village et, dans certains cas, \u00e0 se venger des actes de pillage perp\u00e9tr\u00e9s par des \u00e9l\u00e9ments des ex-FAR\/Interahamwe et des r\u00e9fugi\u00e9s ayant travers\u00e9 la r\u00e9gion. Entre 25 et 30 r\u00e9fugi\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s \u00e0 Yaata, 10 \u00e0 Lilanga, 21 \u00e0 Lekatelo et une quarantaine \u00e0 Otala, \u00e0 la fronti\u00e8re avec la province de l\u2019\u00c9quateur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">255. La victoire de l\u2019AFDL\/APR sur les FAZ et les ex-FAR\/Interahamwe dans la province Orientale n\u2019a pas mis fin aux massacres, aux disparitions forc\u00e9es et aux graves violations des droits des r\u00e9fugi\u00e9s dans la province. L\u2019incident all\u00e9gu\u00e9 suivant a \u00e9t\u00e9 document\u00e9 :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 \u00c0 compter de mai ou juin 1997, des militaires de l\u2019AFDL\/APR ont, au cours d\u2019une op\u00e9ration planifi\u00e9e, tu\u00e9 un nombre ind\u00e9termin\u00e9 de r\u00e9fugi\u00e9s, parmi lesquels se trouvaient quelques \u00e9l\u00e9ments des ex-FAR, dans la localit\u00e9 de Bengamisa, \u00e0 51 kilom\u00e8tres au nord de Kisangani. Les victimes ont \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9es \u00e0 Kisangani et ses environs puis achemin\u00e9es par v\u00e9hicule dans un site militaire. D\u2019apr\u00e8s des t\u00e9moins, les militaires auraient fait croire aux victimes qu\u2019ils allaient les ramener au Rwanda par la route. Une fois arriv\u00e9es dans les b\u00e2timents du camp, les victimes, dont un grand nombre de femmes et d\u2019enfants, ont \u00e9t\u00e9 emmen\u00e9es \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur des b\u00e2timents par petits groupes, ligot\u00e9es puis \u00e9gorg\u00e9es, ou tu\u00e9es \u00e0 coups de marteau sur la t\u00eate. Les corps ont ensuite \u00e9t\u00e9 jet\u00e9s dans des fosses ou br\u00fbl\u00e9s avec de l\u2019essence. L\u2019op\u00e9ration a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e de fa\u00e7on m\u00e9thodique et a dur\u00e9 au moins un mois. Avant de quitter les lieux, les militaires ont tent\u00e9 de faire dispara\u00eetre les traces des massacres. \u00c0 l\u2019aide d\u2019un bateau \u00e0 moteur et d\u2019une pirogue, ils ont jet\u00e9 les cadavres dans les rapides de la rivi\u00e8re ainsi qu\u2019une partie de la terre prise sur le site d\u2019extermination. Ils ont aussi fait exploser des bombes dans le camp de fa\u00e7on \u00e0 retourner la terre o\u00f9 les corps avaient \u00e9t\u00e9 enterr\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">256. Apr\u00e8s la fermeture du camp de Bengamisa, des militaires de l\u2019AFDL\/APR se sont install\u00e9s \u00e0 une trentaine de kilom\u00e8tres de l\u00e0, dans la localit\u00e9 d\u2019Alibuku. Ils ont mont\u00e9 un camp temporaire \u00e0 5 kilom\u00e8tres du village, dans une zone non habit\u00e9e pr\u00e8s d\u2019une carri\u00e8re de gravier. Ils ont dit aux villageois qu\u2019ils cherchaient les Hutu qui avaient tu\u00e9 les Tutsi au Rwanda et leur ont demand\u00e9 de les aider \u00e0 les retrouver. Ils ont aussi bloqu\u00e9 la route menant au camp et ordonn\u00e9 au chef de secteur d\u2019interdire \u00e0 la population de venir chasser dans la for\u00eat environnante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019incident all\u00e9gu\u00e9 suivant a \u00e9t\u00e9 document\u00e9 :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 \u00c0 compter de juin 1997 et au cours des deux ou trois mois suivants, des \u00e9l\u00e9ments de l\u2019AFDL\/APR ont tu\u00e9 un nombre ind\u00e9termin\u00e9 de r\u00e9fugi\u00e9s dans les environs d\u2019Alibuku. Deux fois par semaine, un camion transportant des r\u00e9fugi\u00e9s arrivait sur le site escort\u00e9 par deux jeeps militaires de l\u2019AFDL\/APR. Les victimes ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9es \u00e0 l\u2019arme blanche ou ligot\u00e9es et jet\u00e9es vivantes du haut de la colline dans la vall\u00e9e rocheuse. Il est impossible de d\u00e9terminer avec pr\u00e9cision le nombre de personnes tu\u00e9es sur ce site, mais les victimes se comptent probablement par centaines, vu le nombre d\u2019allers et retours effectu\u00e9s. Avant de partir, les militaires ont cherch\u00e9 \u00e0 faire dispara\u00eetre les traces des massacres. Apr\u00e8s leur d\u00e9part, un groupe de villageoises a malgr\u00e9 tout d\u00e9couvert sur place de nombreux restes humains.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">257. Comme dans les autres provinces, la victoire des militaires de l\u2019AFDL\/APR sur les FAZ n\u2019a pas mis un terme aux graves violations des droits de l\u2019homme des r\u00e9fugi\u00e9s dans la province Orientale. Dans ce contexte, l\u2019\u00c9quipe Mapping a document\u00e9 les incidents all\u00e9gu\u00e9s suivants :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Le 4 septembre 1997, \u00e0 4 heures, des militaires des FAC \/APR ont fait sortir 765 r\u00e9fugi\u00e9s d\u2019un camp de transit situ\u00e9 \u00e0 11 kilom\u00e8tres de Kisangani et les ont rapatri\u00e9s de force au Rwanda et au Burundi en l\u2019absence de t\u00e9moins ext\u00e9rieurs (organismes des Nations Unies ou ONG). Cette op\u00e9ration a touch\u00e9 440 Rwandais et 325 Burundais, dont 252 femmes et 242 enfants.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 En septembre 1997, des militaires des FAC\/APR, agissant en pr\u00e9sence des autorit\u00e9s administratives locales, ont proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la fouille syst\u00e9matique des maisons dans les environs du camp de r\u00e9fugi\u00e9s de Lula, \u00e0 7 kilom\u00e8tres de Kisangani, afin d\u2019en retirer les enfants des r\u00e9fugi\u00e9s recueillis par la population locale. Selon un t\u00e9moin, les militaires auraient d\u00e9clar\u00e9 que les \u00ab Hutu \u00bb \u00e9taient une mauvaise race qui cr\u00e9erait des probl\u00e8mes pour les Congolais. Ils ont aussi ajout\u00e9 que \u00ab m\u00eame les enfants, une fois adultes [\u2026] commenceraient \u00e0 faire de choses incroyables \u00bb. Les organismes humanitaires n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9s dans le rapatriement de ces enfants et leur sort demeure incertain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 En novembre 1997, des militaires des FAC\/APR ont enlev\u00e9 33 r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 l\u2019H\u00f4pital g\u00e9n\u00e9ral de Kisangani et les ont conduits vers une destination inconnue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Entre janvier et f\u00e9vrier 1998, \u00e0 Kisangani, des militaires des FAC\/APR ont arr\u00eat\u00e9 quatre r\u00e9fugi\u00e9s rwandais, dont deux mineurs. Leur sort reste inconnu \u00e0 ce jour. Les victimes \u00e9taient membres d\u2019une m\u00eame famille. Le p\u00e8re enseignait depuis 1996 \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 des sciences de Kisangani.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">5. \u00c9quateur<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">258. Les premiers r\u00e9fugi\u00e9s sont arriv\u00e9s dans la province de l\u2019\u00c9quateur en d\u00e9cembre 1996. Ce premier groupe comprenait principalement de hauts dignitaires civils et militaires de l\u2019ancien r\u00e9gime rwandais. Ils sont rapidement partis jusqu\u2019\u00e0 Zongo via Gemena ou Gbadolite puis ont travers\u00e9 l\u2019Oubangui pour arriver en R\u00e9publique centrafricaine. Les r\u00e9fugi\u00e9s, pour la plupart, n\u2019ont atteint la province de l\u2019\u00c9quateur qu\u2019en mars et avril 1997. Ils sont arriv\u00e9s \u00e0 pied apr\u00e8s avoir travers\u00e9 la for\u00eat. Ils se d\u00e9pla\u00e7aient, pour la plupart, en groupes de 50 \u00e0 200 personnes, accompagn\u00e9s de quelques hommes arm\u00e9s. Certains groupes \u00e9taient constitu\u00e9s exclusivement d\u2019ex-FAR et de miliciens Interahamwe. Comme dans les autres provinces, lors de leur passage dans les villages, ces derniers ont commis des exactions \u00e0 l\u2019encontre de la population civile. Les militaires de l\u2019AFDL\/APR ont, de leur c\u00f4t\u00e9, atteint la province de l\u2019\u00c9quateur au cours d\u2019avril en passant par Isangi puis Djolu. Dans ce contexte, l\u2019\u00c9quipe Mapping a document\u00e9 les incidents all\u00e9gu\u00e9s suivants:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Le 22 avril 1997, lors de leur entr\u00e9e \u00e0 Boende, ville situ\u00e9e sur la rive gauche de la rivi\u00e8re Tshuapa, \u00e0 560 kilom\u00e8tres de Mbandaka, des militaires de l\u2019AFDL\/APR ont tu\u00e9 par balle un nombre ind\u00e9termin\u00e9 de r\u00e9fugi\u00e9s au niveau du port ONATRA [Office national des transports]. De nombreux r\u00e9fugi\u00e9s ont tent\u00e9 de s\u2019\u00e9chapper en se jetant dans la rivi\u00e8re Tshuapa mais ils sont morts noy\u00e9s. Les r\u00e9fugi\u00e9s pr\u00e9sents \u00e0 Boende attendaient depuis plusieurs semaines un bateau pour Mbandaka. Un\u00a0premier bateau transportant des r\u00e9fugi\u00e9s \u00e9tait parti quelques semaines auparavant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Vers le 24 avril, les r\u00e9fugi\u00e9s qui avaient surv\u00e9cu aux tueries du 22 avril ont embarqu\u00e9, sous escorte militaire de l\u2019AFDL\/APR, dans des pirogues et entam\u00e9 une travers\u00e9e de la Tshuapa. Au cours du trajet, les militaires en ont tu\u00e9 un nombre ind\u00e9termin\u00e9 au niveau de la digue reliant la rive droite de Boende et Lifomi, village situ\u00e9 \u00e0 14 kilom\u00e8tres de Boende.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">259. Les troupes de l\u2019AFDL\/APR ont continu\u00e9 \u00e0 tuer des r\u00e9fugi\u00e9s dans la r\u00e9gion de Boende tout au long de mai, juin et juillet 1997.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019\u00c9quipe Mapping a pu, \u00e0 titre illustratif, documenter les incidents all\u00e9gu\u00e9s suivants :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Vers la fin d\u2019avril 1997, des \u00e9l\u00e9ments de l\u2019AFDL\/APR ont br\u00fbl\u00e9 vifs des r\u00e9fugi\u00e9s au niveau du village de Lolengi, \u00e0 48 kilom\u00e8tres de Boende. Les militaires ont recouvert les corps des victimes de b\u00e2ches en plastique qu\u2019ils ont ensuite incendi\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Aux alentours du 9 mai 1997, des \u00e9l\u00e9ments de l\u2019AFDL\/APR ont tu\u00e9 par balle une vingtaine de r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 proximit\u00e9 du carrefour de Lofonda, \u00e0 32 kilom\u00e8tres de Boende. Les victimes \u00e9taient sorties de la for\u00eat apr\u00e8s que les militaires leur eurent promis de les aider \u00e0 rentrer au Rwanda.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">260. Apr\u00e8s la prise de Boende par les troupes de l\u2019AFDL\/APR, les r\u00e9fugi\u00e9s qui se trouvaient sur l\u2019axe Ikela, en amont de la ville, se sont enfuis dans plusieurs directions. Certains sont partis vers Monkoto, \u00e0 218 kilom\u00e8tres au sud de Boende, ont travers\u00e9 le fleuve Za\u00efre au niveau de Loukolela et ont fini par atteindre le Congo-Brazzaville. D\u2019autres sont partis en direction du nord et sont arriv\u00e9s \u00e0 Basankusu via Befale. La plupart ont continu\u00e9 de progresser vers l\u2019ouest en direction d\u2019Ingende et de Mbandaka tandis que les militaires de l\u2019AFDL\/APR se mettaient \u00e0 leur poursuite.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans ce contexte, l\u2019\u00c9quipe Mapping a document\u00e9 les incidents all\u00e9gu\u00e9s suivants :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Le 7 mai 1997, des \u00e9l\u00e9ments de l\u2019AFDL\/APR ont tu\u00e9 au moins 10 r\u00e9fugi\u00e9s dans le village de Djoa, \u00e0 310 kilom\u00e8tres de Mbandaka. Ces derniers se trouvaient toujours dans le village car ils attendaient de recevoir des soins m\u00e9dicaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Le 7 mai 1997 \u00e9galement, des \u00e9l\u00e9ments de l\u2019AFDL\/APR ont tu\u00e9 sept r\u00e9fugi\u00e9s dans le village de Bekondji et deux dans le village de Buya.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Le 8 mai 1997, des \u00e9l\u00e9ments de l\u2019AFDL\/APR ont tu\u00e9 9 r\u00e9fugi\u00e9s dans le village de Wele, \u00e0 25 kilom\u00e8tres de la rivi\u00e8re Ruki et 30 sur la digue de Lolo qui relie le village de Yele et la rive droite de la rivi\u00e8re Ruki.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Entre le 7 et le 9 mai 1997, des \u00e9l\u00e9ments de l\u2019AFDL\/APR ont tu\u00e9 un nombre ind\u00e9termin\u00e9 de r\u00e9fugi\u00e9s tout au long des 60 kilom\u00e8tres qui s\u00e9parent Djoa de la rivi\u00e8re Ruki.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">261. Vers la fin avril 1997, des milliers de r\u00e9fugi\u00e9s \u00e9taient concentr\u00e9s sur la rive droite de la rivi\u00e8re Ruki, dans l\u2019attente d\u2019un bateau pour Mbandaka. En deux rotations, les 1er et 8 mai, le bac d\u2019Ingende r\u00e9quisitionn\u00e9 \u00e0 cet effet par le Gouverneur militaire a pu \u00e9vacuer 4 200 d\u2019entre eux jusqu\u2019\u00e0 Irebu et l&rsquo;ancien centre militaire des forces navales situ\u00e9 \u00e0 120 kilom\u00e8tres au sud de Mbandaka. D\u2019autres sont partis en pirogue ou \u00e0 pied jusqu&rsquo;\u00e0 Mbandaka. Les plus faibles et les malades, en revanche, n\u2019ont pas pu quitter la zone avant l&rsquo;arriv\u00e9e des militaires de l&rsquo;AFDL\/APR. L\u2019incident all\u00e9gu\u00e9 suivant a \u00e9t\u00e9 document\u00e9 :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Le 12 mai 1997, des \u00e9l\u00e9ments de l\u2019AFDL\/APR ont tu\u00e9 \u00e0 coup de massue une dizaine de r\u00e9fugi\u00e9s civils entre les villages de Lomposo et Kalamba, respectivement \u00e0 85 et 70 kilom\u00e8tres de Mbandaka.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">262. Le 13 mai, les troupes de l\u2019AFDL\/APR ont atteint Wendji, \u00e0 20 kilom\u00e8tres de Mbandaka. Six mille r\u00e9fugi\u00e9s vivaient dans ce village dans un camp de fortune mis en place par la Croix-Rouge locale. L\u2019incident all\u00e9gu\u00e9 suivant a \u00e9t\u00e9 document\u00e9 :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Le 13 mai 1997, des \u00e9l\u00e9ments de l\u2019AFDL\/APR, agissant en pr\u00e9sence de plusieurs hauts responsables de l\u2019APR, ont tu\u00e9 au moins 140 r\u00e9fugi\u00e9s dans le village de Wendji. \u00c0 leur arriv\u00e9e dans le village, les militaires avaient d\u00e9clar\u00e9: \u00abZa\u00efrois, n\u2019aie pas peur, nous sommes ici pour les r\u00e9fugi\u00e9s\u00bb. Ils se sont ensuite dirig\u00e9s vers le camp et ont ouvert le feu sur les r\u00e9fugi\u00e9s. Ces derniers ont tent\u00e9 de fuir mais ils ont \u00e9t\u00e9 pris en tenaille par des militaires venant du sud. Le m\u00eame jour, les\u00a0militaires sont entr\u00e9s dans le bureau de la Croix-Rouge locale et ont tu\u00e9 des enfants non accompagn\u00e9s qui attendaient leur rapatriement vers le Rwanda. Le 13 mai, la population de Wendji a enterr\u00e9 116 corps. Un b\u00e9b\u00e9 de trois mois environ qui \u00e9tait encore vivant au moment de l\u2019enterrement a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 par un militaire de l\u2019AFDL\/APR qui supervisait les travaux d\u2019inhumation. Le 14 mai, 17 autres corps ont \u00e9t\u00e9 enterr\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">263. Tandis qu\u2019un premier groupe de militaires de l\u2019AFDL\/APR massacrait les r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 Wendji, un autre a pris la direction de Mbandaka \u00e0 bord de deux camions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019incident all\u00e9gu\u00e9 suivant a \u00e9t\u00e9 document\u00e9 :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Le 13 mai 1997 dans la matin\u00e9e, le deuxi\u00e8me groupe de militaires de l\u2019AFDL\/APR a ouvert le feu sur un nombre ind\u00e9termin\u00e9 de r\u00e9fugi\u00e9s qui avaient fui Wendji et tendaient d\u2019atteindre Mbandaka. Dix-huit r\u00e9fugi\u00e9s ont notamment \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s au niveau du village de Bolenge et trois au niveau de la concession catholique d\u2019Iyonda.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">264. Le 13 mai 1997, vers 10 heures, plusieurs centaines de r\u00e9fugi\u00e9s sont arriv\u00e9s dans les rues de Mbandaka en courant. L\u2019incident all\u00e9gu\u00e9 suivant a \u00e9t\u00e9 document\u00e9 :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Le 13 mai 1997, des militaires de l&rsquo;AFDL\/APR ont ouvert le feu sur les r\u00e9fugi\u00e9s qui venaient \u00e0 peine d\u2019arriver \u00e0 Mbandaka, et en ont tu\u00e9 un nombre ind\u00e9termin\u00e9 \u00e0 proximit\u00e9 de la Banque centrale du Za\u00efre, sur l\u2019avenue Mobutu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">265. Les militaires sont ensuite entr\u00e9s dans l\u2019enceinte du port d\u2019ONATRA o\u00f9 de nombreux r\u00e9fugi\u00e9s attendaient depuis quelques jours d&#8217;embarquer pour Irebu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019incident all\u00e9gu\u00e9 suivant a \u00e9t\u00e9 document\u00e9 :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Le 13 mai 1997, des \u00e9l\u00e9ments de l\u2019AFDL\/APR ont ouvert le feu sur les r\u00e9fugi\u00e9s du port d\u2019ONATRA pendant cinq \u00e0 dix minutes, en tuant un nombre ind\u00e9termin\u00e9. Par la suite, l\u2019officier commandant les militaires a ordonn\u00e9 un cessez-le-feu et demand\u00e9 aux r\u00e9fugi\u00e9s de quitter leurs cachettes. Certains se sont jet\u00e9s dans le fleuve Za\u00efre, esp\u00e9rant pouvoir s\u2019\u00e9chapper. Des militaires de l\u2019AFDL\/APR ont alors pris position le long du fleuve et ont ouvert le feu. Vers 14 heures, les\u00a0militaires ont commenc\u00e9 \u00e0 trier les r\u00e9fugi\u00e9s puis les ont ex\u00e9cut\u00e9s \u00e0 coups de massue. Selon\u00a0certaines sources au moins 200 personnes auraient \u00e9t\u00e9 tu\u00e9es au cours de ce massacre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">266. Les rescap\u00e9s des diff\u00e9rents massacres commis dans le sud de l\u2019\u00c9quateur ont finalement \u00e9t\u00e9 r\u00e9install\u00e9s dans un camp situ\u00e9 sur l\u2019a\u00e9roport de Mbandaka. \u00c0 compter du 22 mai 1997, 13 000 r\u00e9fugi\u00e9s ont pu ainsi \u00eatre rapatri\u00e9s au Rwanda. Les r\u00e9fugi\u00e9s rwandais qui ont r\u00e9ussi \u00e0 traverser le fleuve Za\u00efre se sont install\u00e9s en R\u00e9publique du Congo pour la plupart, dans trois camps situ\u00e9s \u00e0 environ 600 kilom\u00e8tres au nord de Brazzaville: Loukolela (6 500 r\u00e9fugi\u00e9s), Liranga (5 500) et Ndjoundou (3500).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">267. Au cours du second semestre de 1997, les autorit\u00e9s nationales et provinciales du nouveau r\u00e9gime ont entrav\u00e9 syst\u00e9matiquement les travaux de la Mission d\u2019enqu\u00eate du Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral qui tentait de faire la lumi\u00e8re sur les massacres de Wendji et Mbandaka. En novembre, le Gouverneur de la province de l\u2019\u00c9quateur, Mola Motya a fait d\u00e9terrer les ossements humains de la fosse commune de Bolenge afin de faire dispara\u00eetre les preuves avant que les enqu\u00eateurs des Nations Unies ne puissent se rendre sur le terrain. Le Ministre de l&rsquo;int\u00e9rieur a facilit\u00e9 ce travail d&rsquo;exhumation en imposant, le 13 novembre, un couvre-feu dans la ville de Mbandaka.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">268. Les massacres de Wendji et Mbandaka ont mis en \u00e9vidence l\u2019acharnement avec lequel les militaires de l\u2019AFDL\/APR ont tu\u00e9 les r\u00e9fugi\u00e9s. Si, au cours de leur fuite \u00e0 travers le Congo-Za\u00efre, les r\u00e9fugi\u00e9s \u00e9taient souvent m\u00eal\u00e9s \u00e0 des \u00e9l\u00e9ments des ex-FAR\/Interahamwe, \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e des militaires de l\u2019AFDL\/APR \u00e0 Mbandaka et \u00e0 Wendji, les ex-FAR\/Interahamwe avaient pour la plupart d\u00e9j\u00e0 quitt\u00e9 la zone tout comme les militaires des FAZ. Malgr\u00e9 cela, les militaires de l\u2019AFDL\/APR ont continu\u00e9 de traiter les r\u00e9fugi\u00e9s comme des combattants arm\u00e9s et des objectifs militaires.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>HAUT COMMISARIAT NATION UNIES POUR LES DROITS DE L\u2019HOMME R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo, 1993-2003. 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