{"id":277,"date":"2011-06-14T11:36:47","date_gmt":"2011-06-14T09:36:47","guid":{"rendered":"http:\/\/www.paceperilcongo.it\/fr\/?p=277"},"modified":"2011-06-14T11:36:47","modified_gmt":"2011-06-14T09:36:47","slug":"rapport-mapping-de-l%e2%80%99onu-sur-les-crimes-en-r-d-congo-4%c2%b0-sortie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.paceperilcongo.it\/fr\/2011\/06\/rapport-mapping-de-l%e2%80%99onu-sur-les-crimes-en-r-d-congo-4%c2%b0-sortie\/","title":{"rendered":"RAPPORT MAPPING DE L\u2019ONU SUR LES CRIMES EN R.D.CONGO: 4\u00b0 Sortie"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><strong>HAUT COMMISARIAT NATION UNIES POUR LES DROITS DE L\u2019HOMME<\/strong><br \/>\n<strong><em>R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo, 1993-2003.<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>RAPPORT DU PROJET MAPPING CONCERNANT LES VIOLATIONS LES PLUS GRAVES DES DROITS DE L\u2019HOMME ET DU DROIT INTERNATIONAL HUMANITAIRE COMMISES ENTRE MARS 1993 ET JUIN 2003 SUR LE TERRITOIRE DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO<\/em><br \/>\nAo\u00fbt 2010.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>SOMMAIRE:<br \/>\n<\/em>SECTION I \u2013 CHAPITRE II :<br \/>\nJUILLET 1996 \u2013 JUILLET 1998: PREMI\u00c8RE GUERRE ET R\u00c9GIME DE L\u2019AFDL<br \/>\nB. ATTAQUES CONTRE LES REFUGIES HUTU<br \/>\n2. Nord Kivu<br \/>\n3. Maniema<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019ampleur des crimes et le nombre important de victimes, l\u2019usage extensif d\u2019armes blanches (principalement des marteaux) et l\u2019apparente nature syst\u00e9matique des massacres de survivants apr\u00e8s la prise des camps pourraient indiquer que les nombreux d\u00e9c\u00e8s ne sont pas imputables aux al\u00e9as de la guerre ou assimilables \u00e0 des dommages collat\u00e9raux. Parmi les victimes, il y avait, en effet, une majorit\u00e9 d\u2019enfants, de femmes, de personnes \u00e2g\u00e9es et de malades, souvent sous-aliment\u00e9s, qui ne posaient aucun risque pour les forces attaquantes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">SECTION I.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">INVENTAIRE DES VIOLATIONS LES PLUS GRAVES DES DROITS DE L\u2019HOMME ET DU DROIT INTERNATIONAL HUMANITAIRE COMMISES SUR LE TERRITOIRE DE LA RDC ENTRE MARS 1993 ET JUIN 2003.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">CHAPITRE II.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">JUILLET 1996 \u2013 JUILLET 1998 : PREMI\u00c8RE GUERRE ET R\u00c9GIME DE L\u2019AFDL<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">B. ATTAQUES CONTRE LES REFUGIES HUTU<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>2. Nord-Kivu<\/strong><br \/>\nAttaques contre les r\u00e9fugi\u00e9s des camps situ\u00e9s sur l\u2019axe Goma-Rutshuru<br \/>\n211. En octobre 1996, le HCR estimait \u00e0 717 991 le nombre de r\u00e9fugi\u00e9s rwandais pr\u00e9sents dans la province du Nord-Kivu. La plupart vivaient dans les cinq camps situ\u00e9s autour de la ville de Goma. Les camps de Kibumba (194 986), Katale (202 566), Kahindo (112 875) se trouvaient sur la route de Rutshuru, au nord de Goma. Les camps de Mugunga (156 115) et lac Vert (49 449) \u00e9taient situ\u00e9s sur la route de Sake, \u00e0 moins de 10 kilom\u00e8tres \u00e0 l\u2019ouest de Goma. Bien que la grande majorit\u00e9 des r\u00e9fugi\u00e9s \u00e9taient des civils non arm\u00e9s, ces camps servaient \u00e9galement d\u00b4arri\u00e8re-bases aux militaires ex-FAR (particuli\u00e8rement nombreux dans le camp du lac Vert) et aux miliciens Interahamwe (particuli\u00e8rement nombreux dans le camp de Katale) pour mener de fr\u00e9quentes incursions en territoire rwandais .<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">212. Tout comme au Sud-Kivu, des \u00e9l\u00e9ments infiltr\u00e9s en provenance du Rwanda auraient attaqu\u00e9 les camps de r\u00e9fugi\u00e9s sur l\u2019axe Rutshuru \u00e0 plusieurs reprises, avant m\u00eame le d\u00e9but officiel des hostilit\u00e9s. L\u2019incident all\u00e9gu\u00e9 suivant a \u00e9t\u00e9 document\u00e9 :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Dans la soir\u00e9e du 27 juin 1996, un groupe d\u2019infiltr\u00e9s venus du Rwanda ont tu\u00e9 trois r\u00e9fugi\u00e9s, deux militaires du Contingent za\u00efrois pour la s\u00e9curit\u00e9 des camps (CZSC) et trois gardiens de la Croix- Rouge lors d\u2019une attaque contre le camp de r\u00e9fugi\u00e9s de Kibumba, dans le territoire de Nyiragongo.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">213. \u00c0 partir de la mi-octobre 1996, les infiltrations en provenance du Rwanda se sont intensifi\u00e9es et les militaires de l\u2019AFDL\/APR ont commenc\u00e9 \u00e0 tirer de mani\u00e8re sporadique, \u00e0 l\u2019arme lourde et \u00e0 l\u2019arme l\u00e9g\u00e8re sur les trois camps situ\u00e9s le long de l\u2019axe Goma-Rutshuru. Le camp de Kibumba, situ\u00e9 \u00e0 25 kilom\u00e8tres au nord de Goma, a \u00e9t\u00e9 le premier \u00e0 tomber.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019incident all\u00e9gu\u00e9 suivant a \u00e9t\u00e9 document\u00e9:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Dans la nuit du 25 au 26 octobre 1996, des militaires de l\u2019AFDL\/APR ont bombard\u00e9 le camp de Kibumba \u00e0 l\u2019artillerie lourde, tuant un nombre ind\u00e9termin\u00e9 de r\u00e9fugi\u00e9s et d\u00e9truisant l&rsquo;h\u00f4pital du camp. Fuyant Kibumba, pr\u00e8s de 194 000 r\u00e9fugi\u00e9s ont pris la direction du camp de Mugunga.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">214. Le camp de Katale a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9 dans la nuit du 25 au 26 octobre 1996 par l\u2019AFDL\/APR mais les militaires des FAZ\/CZCS et les \u00e9l\u00e9ments ex-FAR\/Interahamwe ont repouss\u00e9 l\u2019attaque. L\u2019incident all\u00e9gu\u00e9 suivant a \u00e9t\u00e9 document\u00e9:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Le 26 octobre 1996, des militaires de l\u2019AFDL\/APR ont attaqu\u00e9 le camp de Katale \u00e0 l\u2019arme lourde, tuant plusieurs dizaines de r\u00e9fugi\u00e9s ainsi qu\u2019un militaire za\u00efrois du Contingent za\u00efrois pour la s\u00e9curit\u00e9 des camps (CZSC). Ils ont \u00e9galement tu\u00e9 un nombre ind\u00e9termin\u00e9 de r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 l\u2019arme blanche.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">215. Apr\u00e8s de violents combats avec les militaires FAZ et des \u00e9l\u00e9ments ex-FAR\/Interahamwe du camp de r\u00e9fugi\u00e9s de Katale venus en renfort, les militaires de l\u2019AFDL\/APR ont pris le contr\u00f4le du camp militaire des FAZ de Rumangabo, situ\u00e9 entre Goma et Rutshuru \u00e0 proximit\u00e9 de la fronti\u00e8re avec le Rwanda. Le 30 octobre, la plupart des r\u00e9fugi\u00e9s des camps de Katale et Kahindo qui se trouvaient \u00e0 proximit\u00e9 du camp militaire ont commenc\u00e9 \u00e0 prendre la fuite. Comme les troupes de l\u2019AFDL\/APR avaient coup\u00e9 la route allant vers Goma, certains r\u00e9fugi\u00e9s sont partis en direction de Masisi en passant par Tongo tandis que d\u2019autres ont tent\u00e9 de rejoindre le camp de Mugunga \u00e0 travers le parc national des Virunga. Certains r\u00e9fugi\u00e9s sont pour leur part rest\u00e9s dans les camps. L\u2019incident all\u00e9gu\u00e9 suivant a \u00e9t\u00e9 document\u00e9:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Le 31 octobre 1996, des militaires de l\u2019AFDL\/APR auraient tu\u00e9 plusieurs centaines de r\u00e9fugi\u00e9s qui se trouvaient encore dans les camps de Kahindo et de Katale. Le Rapporteur sp\u00e9cial sur la question de la violation des droits de l\u2019homme au Za\u00efre, M. Roberto Garret\u00f3n, qui s\u2019est rendu sur place quelques mois plus tard a estim\u00e9 le nombre de victimes \u00e0 143 dans le camp de Katale et entre 100 et 200 dans celui de Kahindo.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">216. Au cours de la premi\u00e8re semaine suivant l\u2019offensive des militaires de l\u2019AFDL\/APR au Nord-Kivu, un petit nombre de r\u00e9fugi\u00e9s a choisi de rentrer au Rwanda. Selon le HCR, environ 900 r\u00e9fugi\u00e9s ont ainsi travers\u00e9 la fronti\u00e8re au niveau de Mutura entre le 26 et le 31 octobre 1996.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">217. Il a \u00e9t\u00e9 impossible de d\u00e9terminer le nombre de r\u00e9fugi\u00e9s tu\u00e9s par les militaires de l\u2019AFDL\/APR pendant les attaques men\u00e9es contre les camps situ\u00e9s le long de la route reliant Goma \u00e0 Rutshuru.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans ce contexte, l\u2019\u00c9quipe Mapping a document\u00e9 les incidents all\u00e9gu\u00e9s suivants :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Du 2 au 30 novembre 1996, la population de Kibumba a inhum\u00e9 2 087 corps. Entre le 30 novembre 1996 et le 26 janvier 1997, l\u2019\u00c9quipe d\u2019urgence de la biodiversit\u00e9 (EUB), a enterr\u00e9 1 919 corps dans le camp de Kibumba et ses environs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Entre le 1er et le 25 d\u00e9cembre 1996, EUB a inhum\u00e9 281 corps dans le camp de Kahindo. Certains corps ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverts dans des latrines publiques. Beaucoup de victimes avaient les mains ligot\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Entre le 1er d\u00e9cembre 1996 et le 18 janvier 1997, EUB a inhum\u00e9 970 corps dans le camp de Katale. De nombreux corps ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverts dans des latrines publiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">218. \u00c0 la date du 1er novembre 1996, tous les camps de r\u00e9fugi\u00e9s entre Goma et Rutshuru avaient \u00e9t\u00e9 d\u00e9mantel\u00e9s. Les rescap\u00e9s de Kibumba se trouvaient dans les environs du camp de Mugunga. Ceux de Kahindo et Katale \u00e9taient dispers\u00e9s \u00e0 travers le parc national des Virunga. En cherchant \u00e0 \u00e9chapper aux \u00e9quipes d\u2019interception de l\u2019AFDL\/APR envoy\u00e9es dans le parc des Virunga, de nombreux r\u00e9fugi\u00e9s ont err\u00e9 dans la for\u00eat pendant plusieurs semaines et sont morts de soif, faute d\u2019eau potable disponible au niveau de la plaine de lave recouvrant le parc \u00e0 cet endroit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans ce contexte, l\u2019\u00c9quipe Mapping a document\u00e9 les incidents all\u00e9gu\u00e9s suivants :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Au cours de novembre 1996, des militaires de l\u2019AFDL\/APR ont tu\u00e9 un nombre ind\u00e9termin\u00e9 de rescap\u00e9s des camps de Kahindo et Katale au niveau des barri\u00e8res \u00e9tablies entre le volcan Nyiragongo et le camp de Mugunga. Les rescap\u00e9s de Kahindo et Katale qui ont surv\u00e9cu \u00e0 cette traque ont \u00e9t\u00e9 les premiers \u00e0 raconter que les troupes de l\u2019AFDL\/APR triaient les r\u00e9fugi\u00e9s qu\u2019ils arr\u00eataient \u00e0 la sortie du parc en fonction de leur \u00e2ge et de leur sexe et qu\u2019ils ex\u00e9cutaient syst\u00e9matiquement les adultes de sexe masculin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Au cours des mois de novembre et d\u00e9cembre 1996, des \u00e9l\u00e9ments de l\u2019AFDL\/APR ont tu\u00e9 un nombre ind\u00e9termin\u00e9 de r\u00e9fugi\u00e9s qui s\u2019\u00e9taient r\u00e9install\u00e9s dans des camps de fortune dans le parc national des Virunga.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">219. Les tueries dans les environs des anciens camps de Katale, Kahindo et Kibumba et dans le parc national des Virunga ont continu\u00e9 pendant plusieurs mois. En f\u00e9vrier 1997, un t\u00e9moin a racont\u00e9 que la population locale d\u00e9couvrait chaque matin de nouveaux cadavres de personnes recemment tu\u00e9es sur le site de l\u2019ancien camp de r\u00e9fugi\u00e9s de Kibumba.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019incident all\u00e9gu\u00e9 suivant a \u00e9t\u00e9 document\u00e9 :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Le 11 avril 1997, des militaires de l\u2019AFDL\/APR ont tu\u00e9 plusieurs centaines de r\u00e9fugi\u00e9s dans un endroit appel\u00e9 Mwaro situ\u00e9 dans la for\u00eat \u00e0 proximit\u00e9 du village de Kibumba. Les victimes qui tentaient de rentrer au Rwanda avaient \u00e9t\u00e9 intercept\u00e9es le 9 avril par des militaires de l\u2019AFDL\/APR \u00e0 proximit\u00e9 du village de Kibumba. Elles ont ensuite \u00e9t\u00e9 enferm\u00e9es dans une mosqu\u00e9e non loin de l\u2019Institut Kibumba ainsi que dans le b\u00e2timent d\u2019un ancien projet d\u2019\u00e9levage puis tu\u00e9es par les militaires.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Attaques contre les r\u00e9fugi\u00e9s des camps de Mugunga et lac Vert<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">220. Apr\u00e8s la chute du camp militaire des FAZ de Rumangabo le 29 octobre, les militaires de l\u2019AFDL\/APR ont lanc\u00e9 une attaque sur Goma et ont pris le contr\u00f4le de la ville le 1er novembre 1996. Pendant quelques jours, les ex-FAR\/Interahamwe en provenance des camps de Mugunga et lac Vert ainsi que des groupes arm\u00e9s Mayi-Mayi originaires de Sake ont bloqu\u00e9 les militaires de l\u2019AFDL\/APR \u00e0 7 kilom\u00e8tres du camp de Mugunga. Une partie des r\u00e9fugi\u00e9s en ont profit\u00e9 pour quitter les camps et se rapprocher de la cit\u00e9 de Sake. Le 12 novembre, cependant, apr\u00e8s avoir conclu une alliance avec les Mayi-Mayi locaux, les militaires de l\u2019AFDL\/APR ont pris le contr\u00f4le des collines entourant Sake et ont encercl\u00e9 les r\u00e9fugi\u00e9s amass\u00e9s entre le camp de Mugunga et la cit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019incident all\u00e9gu\u00e9 suivant a \u00e9t\u00e9 document\u00e9 :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Le 14 novembre 1996, des militaires de l\u2019AFDL\/APR ont tir\u00e9 \u00e0 l\u2019arme lourde de mani\u00e8re indiscrimin\u00e9e sur le camp de Mugunga et ses environs pendant six heures, tuant un nombre ind\u00e9termin\u00e9 de r\u00e9fugi\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">221. Dans l\u2019apr\u00e8s-midi du 14 novembre, apr\u00e8s de violents combats avec les Mayi-Mayi \u00e0 Sake, les ex-FAR\/Interahamwe pr\u00e9sents dans le camp de Mugunga ont bris\u00e9 l\u2019encerclement et pris la fuite en direction de Masisi, entra\u00eenant \u00e0 leur suite de nombreux r\u00e9fugi\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019incident all\u00e9gu\u00e9 suivant a \u00e9t\u00e9 document\u00e9:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Vers le 14-15 novembre 1996, les militaires de l\u2019AFDL\/APR positionn\u00e9s sur les collines autour de Sake ont tu\u00e9 un grand nombre de r\u00e9fugi\u00e9s qui tentaient de s\u2019enfuir en direction de Masisi en tirant sur eux de mani\u00e8re indiscrimin\u00e9e, \u00e0 l\u2019arme lourde et \u00e0 la mitrailleuse. Des centaines de corps de r\u00e9fugi\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 enterr\u00e9s dans une fosse commune situ\u00e9e dans la plantation de caf\u00e9 de Madimba pr\u00e8s de Sake.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">222. Le 15 novembre 1996, tandis que le Conseil de s\u00e9curit\u00e9 donnait son feu vert \u00e0 l\u2019envoi d\u2019une force multinationale dans l\u2019est du Za\u00efre, les militaires de l\u2019AFDL\/APR sont entr\u00e9s dans le camp de Mugunga et ont ordonn\u00e9 aux r\u00e9fugi\u00e9s encore pr\u00e9sents dans le camp de rentrer au Rwanda . Entre le 15 et le 19 novembre 1996, plusieurs centaines de milliers de r\u00e9fugi\u00e9s ont quitt\u00e9 les camps de Mugunga et du lac Vert et sont rentr\u00e9s au Rwanda . L\u2019incident all\u00e9gu\u00e9 suivant a \u00e9t\u00e9 document\u00e9 :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Le 15 novembre 1996, des \u00e9l\u00e9ments de l\u2019AFDL\/APR ont tu\u00e9 de mani\u00e8re d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e des r\u00e9fugi\u00e9s dans le camp de Mugunga et ses alentours. Un journaliste qui est entr\u00e9 dans le camp le 16 novembre a d\u00e9nombr\u00e9 40 victimes tu\u00e9es par balles et \u00e0 l\u2019arme blanche, parmi lesquelles des femmes, des enfants et deux b\u00e9b\u00e9s. Un nombre ind\u00e9termin\u00e9 de r\u00e9fugi\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s entre Mugunga et la cit\u00e9 de Sake. Le 19 novembre, des volontaires de la Croix-Rouge za\u00efroise de Goma ont ramass\u00e9 et\u00a0inhum\u00e9 166 cadavres trouv\u00e9s le long de la route entre la cit\u00e9 de Sake et la p\u00e9riph\u00e9rie du camp de Mugunga.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">223. De nombreux t\u00e9moins ont signal\u00e9 l\u2019existence d\u2019une barri\u00e8re entre les camps de Mugunga et du lac Vert o\u00f9 les \u00e9l\u00e9ments de l\u2019AFDL\/APR triaient les r\u00e9fugi\u00e9s en fonction de l\u2019\u00e2ge et du sexe. Les militaires laissaient en g\u00e9n\u00e9ral passer les femmes et les enfants ainsi que les personnes \u00e2g\u00e9es. Les hommes adultes \u00e9taient, en revanche, tr\u00e8s souvent arr\u00eat\u00e9s et ex\u00e9cut\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans ce contexte, l\u2019\u00c9quipe Mapping a document\u00e9 les incidents all\u00e9gu\u00e9s suivants :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Entre le 15 et le 16 novembre 1996, des \u00e9l\u00e9ments de l\u2019AFDL\/APR ont arr\u00eat\u00e9 un nombre ind\u00e9termin\u00e9 d\u2019hommes hutu rwandais en provenance du camp du lac Vert et de Mugunga et les ont ex\u00e9cut\u00e9s. Certains ont \u00e9t\u00e9 ligot\u00e9s puis jet\u00e9s vivants dans le lac Vert o\u00f9 ils sont morts noy\u00e9s. D\u2019autres ont \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9s d\u2019une balle dans la t\u00eate et leurs corps ont \u00e9t\u00e9 jet\u00e9s dans le lac.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Les tueries dans les environs de Mugunga et du lac Vert ont continu\u00e9 pendant plusieurs semaines. Des rescap\u00e9s ont racont\u00e9 que les militaires de l\u2019AFDL\/APR les ont attaqu\u00e9s fin novembre 1996 alors qu\u2019ils cherchaient \u00e0 se faire rapatrier au Rwanda. Certains r\u00e9fugi\u00e9s qui sortaient du parc ont \u00e9t\u00e9 regroup\u00e9s puis ex\u00e9cut\u00e9s. Une source a rapport\u00e9 l\u2019existence de plusieurs fosses communes \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du parc situ\u00e9es \u00e0 5 kilom\u00e8tres du camp de Mugunga.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Attaques contre les r\u00e9fugi\u00e9s en fuite \u00e0 travers le Masisi et le Walikale<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Territoire de Masisi<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">224. D\u00e8s le 15 novembre 1996, les militaires de l\u2019AFDL\/APR se sont lanc\u00e9s \u00e0 la poursuite des r\u00e9fugi\u00e9s rescap\u00e9s et des ex-FAR\/Interahamwe qui fuyaient \u00e0 travers le Masisi en direction de la cit\u00e9 de Walikale. Ils ont rattrap\u00e9 les \u00e9l\u00e9ments les moins rapides de la colonne qui s\u2019\u00e9taient install\u00e9s dans des camps provisoires au niveau des villages d\u2019Osso, de Kinigi, de Katoyi (principalement des rescap\u00e9s de Mugunga et Kibumba), de Kilolirwe, Ngandjo, Nyamitaba, Miandja, Nyaruba, Kirumbu et Kahira (principalement des rescap\u00e9s de Kahindo et Katale).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans ce contexte, l\u2019\u00c9quipe Mapping a document\u00e9 les incidents all\u00e9gu\u00e9s suivants:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Au cours de la deuxi\u00e8me quinzaine du mois de novembre 1996, des \u00e9l\u00e9ments de l\u2019AFDL\/APR ont tu\u00e9 des dizaines de r\u00e9fugi\u00e9s dans le camp de fortune situ\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la ferme d&rsquo;Osso, dans le territoire de Masisi. La plupart des victimes \u00e9taient des r\u00e9fugi\u00e9s, parmi lesquels un grand nombre de femmes et enfants. Des civils za\u00efrois auxquels les troupes de l\u2019AFDL\/APR reprochaient d\u2019avoir cach\u00e9 ou aid\u00e9 des r\u00e9fugi\u00e9s ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s. Peu apr\u00e8s le massacre, des t\u00e9moins oculaires ont\u00a0affirm\u00e9 avoir vu entre 20 et 100 corps dans le camp.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Au cours de la semaine du 9 d\u00e9cembre 1996, des militaires de l\u2019AFDL\/APR ont tu\u00e9 plusieurs centaines de r\u00e9fugi\u00e9s rwandais dans le camp de fortune cr\u00e9\u00e9 au niveau du village de Mbeshe Mbeshe dans la collectivit\u00e9 de Katoyi. Apr\u00e8s avoir encercl\u00e9 le camp vers 5 heures du matin, les militaires de l&rsquo;AFDL\/APR ont ouvert le feu de mani\u00e8re indiscrimin\u00e9e sur ses occupants, tuant un nombre ind\u00e9termin\u00e9 de r\u00e9fugi\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">225. Aux alentours du 8 novembre 1996, de nombreux r\u00e9fugi\u00e9s, pour la plupart rescap\u00e9s des camps de Kahindo et Katale, se sont install\u00e9s dans la collectivit\u00e9 Bashali au nord-est du territoire de Masisi. Vers le 18 novembre 1996, des militaires de l\u2019AFDL\/APR ont attaqu\u00e9 leur camp de fortune situ\u00e9 au niveau de Rukwi. Au cours des semaines et mois, ils ont attaqu\u00e9 et tu\u00e9 un nombre ind\u00e9termin\u00e9 de rescap\u00e9s de ce camp qui tentaient de fuir le territoire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans ce contexte, l\u2019\u00c9quipe Mapping a document\u00e9 les incidents all\u00e9gu\u00e9s suivants :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Fin novembre 1996, des \u00e9l\u00e9ments de l&rsquo;AFDL\/APR ont tu\u00e9 une cinquantaine de civils parmi lesquels 40 r\u00e9fugi\u00e9s rwandais et dix Banyarwanda hutu , dans le village de Miandja.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Pendant le mois d\u2019avril 1997, des \u00e9l\u00e9ments de l&rsquo;AFDL\/APR ont tu\u00e9 un grand nombre de r\u00e9fugi\u00e9s qui s\u2019\u00e9taient install\u00e9s sur un site appel\u00e9 Karunda dans le village de Kirumbu ainsi que dans la plantation de Nyabura dans la collectivit\u00e9 de Bashali-Mokoto.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Aux alentours du 22 avril 1997, des \u00e9l\u00e9ments de l\u2019AFDL\/APR ont tu\u00e9 53 r\u00e9fugi\u00e9s dans une \u00e9cole situ\u00e9e dans le village de Humule, pr\u00e8s de la localit\u00e9 de Karuba, \u00e0 50 kilom\u00e8tres de Goma. Les victimes cherchaient \u00e0 rejoindre le centre de transit du HCR de Karuba en vue d\u2019\u00eatre rapatri\u00e9es au Rwanda. Selon certains t\u00e9moins, les femmes qui se trouvaient parmi le groupe de victimes ont \u00e9t\u00e9 viol\u00e9es avant d\u2019\u00eatre tu\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Territoire de Walikale<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">226. Les r\u00e9fugi\u00e9s rwandais sont arriv\u00e9s dans le territoire de Walikale en novembre 1996 en empruntant trois axes diff\u00e9rents. Un groupe qui venait de Bukavu a atteint le territoire de Walikale en passant par Bunyakiri. Un autre groupe, en provenance \u00e9galement de Bukavu, est pass\u00e9 par la for\u00eat de Kahuzi-Biega via Nyabibwe. Un autre groupe enfin qui avait fui les camps du Nord-Kivu a atteint le territoire de Walikale en passant par le sud du territoire de Masisi et les localit\u00e9s de Busurungi et Biriko. Poursuivis par les militaires de l\u2019AFDL\/APR, les retardataires, souvent laiss\u00e9s derri\u00e8re par les hommes arm\u00e9s, ont \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9s et tu\u00e9s de mani\u00e8re indiscrimin\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">227. Les militaires de l\u2019AFDL\/APR qui venaient de Bukavu sont arriv\u00e9s \u00e0 Hombo, un village situ\u00e9 \u00e0 la fronti\u00e8re du Nord-Kivu et Sud-Kivu, aux alentours du 7 d\u00e9cembre 1996. Ils se sont ensuite divis\u00e9s en plusieurs groupes. Une partie des troupes a continu\u00e9 en direction de la localit\u00e9 de Walikale tandis qu\u2019une d\u2019autre est rest\u00e9e dans la zone afin de traquer les r\u00e9fugi\u00e9s. Un troisi\u00e8me groupe est parti \u00e0 la poursuite des r\u00e9fugi\u00e9s en fuite dans le groupement de Walowa-Luanda, au sud-est du territoire de Walikale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">228. \u00c0 leur arriv\u00e9e dans le territoire de Walikale, les militaires de l\u2019AFDL\/APR ont organis\u00e9 des r\u00e9unions publiques \u00e0 l\u2019attention de la population za\u00efroise. Au cours de ces r\u00e9unions, ils ont accus\u00e9 les r\u00e9fugi\u00e9s hutu d\u2019\u00eatre collectivement responsables du g\u00e9nocide des Tutsi au Rwanda. Ils ont aussi affirm\u00e9 que les r\u00e9fugi\u00e9s projetaient de commettre un g\u00e9nocide contre les populations civiles za\u00efroises de la r\u00e9gion. Dans leurs discours, ils comparaient souvent les r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 des \u00ab cochons \u00bb saccageant les champs des villageois. Ils demandaient aussi souvent aux Za\u00efrois de les aider \u00e0 les d\u00e9busquer et \u00e0 les tuer. Selon plusieurs sources, le terme \u00abcochons\u00bb \u00e9tait le nom de code utilis\u00e9 par les troupes de l\u2019AFDL\/APR pour parler des r\u00e9fugi\u00e9s hutu rwandais. Lorsque les militaires de\u00a0l\u2019AFDL\/APR interdisaient aux Za\u00efrois d\u2019acc\u00e9der \u00e0 certains sites d\u2019ex\u00e9cution, ils leur disaient qu\u2019ils \u00e9taient en train de \u00abtuer des cochons\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">229. Dans cette r\u00e9gion, les massacres ont \u00e9t\u00e9 organis\u00e9s selon un sch\u00e9ma quasi identique, de fa\u00e7on \u00e0 tuer un maximum de victimes. \u00c0 chaque fois qu\u2019ils rep\u00e9raient une grande concentration de r\u00e9fugi\u00e9s, les militaires de l\u2019AFDL\/APR tiraient sur eux de mani\u00e8re indiscrimin\u00e9e \u00e0 l\u2019arme lourde et \u00e0 l\u2019arme l\u00e9g\u00e8re. Ils promettaient ensuite aux rescap\u00e9s de les aider \u00e0 rentrer au Rwanda. Apr\u00e8s les avoir rassembl\u00e9s sous diff\u00e9rents pr\u00e9textes, ils les tuaient le plus souvent \u00e0 coups de marteau ou de houe. Ceux qui tentaient de fuir \u00e9taient tu\u00e9s par balles. Plusieurs t\u00e9moins ont affirm\u00e9 qu\u2019en 1999, des\u00a0militaires de l\u2019APR\/ANC  se seraient rendus sp\u00e9cialement sur les sites de plusieurs massacres afin de d\u00e9terrer les corps et de br\u00fbler les cadavres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans ce contexte, l\u2019\u00c9quipe Mapping a document\u00e9 les incidents all\u00e9gu\u00e9s suivants:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 \u00c0 partir du 9 d\u00e9cembre 1996, des militaires de l\u2019AFDL\/APR ont tu\u00e9 par balles plusieurs centaines de r\u00e9fugi\u00e9s, parmi lesquels un grand nombre de femmes et d\u2019enfants au niveau du pont de Hombo. Au cours des jours suivants, ils ont br\u00fbl\u00e9 vifs un nombre ind\u00e9termin\u00e9 de r\u00e9fugi\u00e9s au bord de la route au niveau de la localit\u00e9 de Kampala, situ\u00e9e \u00e0 quelques kilom\u00e8tres de Hombo. Avant d\u2019\u00eatre tu\u00e9es, de\u00a0nombreuses femmes ont \u00e9t\u00e9 viol\u00e9es par les militaires. Avant de les tuer, les militaires avaient demand\u00e9 aux victimes de se regrouper en vue de leur rapatriement au Rwanda.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Vers le 9 d\u00e9cembre, des militaires de l&rsquo;AFDL\/APR ont intercept\u00e9 et ex\u00e9cut\u00e9 plusieurs centaines de r\u00e9fugi\u00e9s rwandais dans les environs du village de Chambucha, situ\u00e9 \u00e0 4 kilom\u00e8tres de Hombo. Les victimes, parmi lesquelles se trouvaient un grand nombre de femmes et d\u2019enfants ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9es par balles ou \u00e0 coups de marteau et de houe sur la t\u00eate pr\u00e8s d&rsquo;un pont au dessus de la rivi\u00e8re Lowa. Avant de les tuer, les militaires de l\u2019AFDL\/APR avaient promis aux r\u00e9fugi\u00e9s de les rapatrier au Rwanda avec l\u2019aide du HCR. La plupart des corps ont ensuite \u00e9t\u00e9 jet\u00e9s dans la rivi\u00e8re Lowa.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">230. Lorsque les militaires de l\u2019AFDL\/APR ont pris le contr\u00f4le de la route asphalt\u00e9e entre Hombo et Walikale, les r\u00e9fugi\u00e9s rwandais qui n\u2019\u00e9taient pas encore arriv\u00e9s sur la grande route entre Bukavu et Walikale ont d\u00fb rebrousser chemin en direction de Masisi. La plupart se sont install\u00e9s provisoirement dans le village de Biriko du groupement de Walowa-Luanda.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019incident all\u00e9gu\u00e9 suivant a \u00e9t\u00e9 document\u00e9:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Autour du 17 d\u00e9cembre 1996, des militaires de l\u2019AFDL\/APR en provenance de Ziralo (Sud-Kivu), Bunyakiri (Sud-Kivu) et Ngungu (Nord-Kivu) ont encercl\u00e9 les camps de fortune \u00e9tablis \u00e0 Biriko et tu\u00e9 des centaines de r\u00e9fugi\u00e9s parmi lesquels des femmes et des enfants. Les militaires ont tu\u00e9 les victimes par balles ou \u00e0 coups de houe. La population de Biriko a enterr\u00e9 des cadavres dans le village. Beaucoup de cadavres ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 jet\u00e9s dans la rivi\u00e8re Nyawaranga.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">231. Au cours des jours suivants, les militaires de l\u2019AFDL\/APR ont poursuivi leur traque, attaquant des r\u00e9fugi\u00e9s dans les villages de Kilambo, Busurungi (colline Bikoyi Koyi), Nyamimba et Kifuruka situ\u00e9s dans le groupement de Walowa-Luanda du territoire de Walikale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019incident all\u00e9gu\u00e9 suivant a \u00e9t\u00e9 document\u00e9 :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 En d\u00e9cembre 1996 des militaires de l&rsquo;AFDL\/APR ont tu\u00e9 plusieurs centaines de r\u00e9fugi\u00e9s aux environs de la localit\u00e9 de Kifuruka, situ\u00e9e \u00e0 10 kilom\u00e8tres de Biriko. Les militaires avaient rassembl\u00e9 les victimes dans le village de Kifuruka puis les avaient conduits jusqu\u2019\u00e0 la route en leur faisant croire qu\u2019ils allaient les aider \u00e0 rentrer au Rwanda. Une fois sortis du village cependant, les militaires les ont tu\u00e9es par balles ou \u00e0 coups de machettes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">232. Pendant que certaines unit\u00e9s de l\u2019AFDL\/APR commettaient ces massacres dans le groupement de Walowa-Luanda, d\u2019autres ont continu\u00e9 leur progression vers le chef-lieu du territoire, Walikale. L\u2019incident all\u00e9gu\u00e9 suivant a \u00e9t\u00e9 document\u00e9:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Au cours de la troisi\u00e8me semaine du mois de d\u00e9cembre 1996, des troupes de l&rsquo;AFDL\/APR ont tu\u00e9 des centaines de r\u00e9fugi\u00e9s rwandais au niveau de la localit\u00e9 de Musenge, situ\u00e9e entre Hombo et Walikale. Les militaires de l\u2019AFDL\/APR avaient mis en place plusieurs barrages le long des routes afin d\u2019intercepter les r\u00e9fugi\u00e9s. Ils promettaient aux victimes de les aider \u00e0 rentrer au Rwanda par\u00a0l\u2019interm\u00e9diaire du HCR puis les conduisaient dans des maisons \u00e0 Musenge. Au bout d\u2019un certain temps, les victimes \u00e9taient extraites des maisons puis tu\u00e9es \u00e0 coups de barre de fer au niveau des collines d\u2019Ikoyi et de Musenge (\u00e0 c\u00f4t\u00e9 du dispensaire).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">233. Un syst\u00e8me d\u2019ex\u00e9cution a \u00e9t\u00e9 mis en place dans les environs d\u2019Itebero o\u00f9, \u00e0 partir de d\u00e9cembre 1996, des unit\u00e9s sp\u00e9ciales de l\u2019AFDL\/APR se sont mises \u00e0 traquer de mani\u00e8re syst\u00e9matique les r\u00e9fugi\u00e9s. L\u2019incident all\u00e9gu\u00e9 suivant a \u00e9t\u00e9 document\u00e9 :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Au cours du mois de d\u00e9cembre 1996, des militaires de l\u2019AFDL\/APR ont tu\u00e9 plusieurs centaines de r\u00e9fugi\u00e9s dans la localit\u00e9 de Mutiko. Une fois intercept\u00e9es au niveau des barri\u00e8res \u00e9rig\u00e9es par les militaires, les victimes \u00e9taient achemin\u00e9es dans le village de Mutiko. Les militaires leur donnaient de la nourriture et leur demandaient de se pr\u00e9parer \u00e0 monter dans les camions du HCR cens\u00e9s les\u00a0attendre \u00e0 la sortie du village. Les victimes \u00e9taient ensuite conduites en dehors de Mutiko sur la route puis tu\u00e9es \u00e0 coups de b\u00e2ton, de marteau ou de hache sur la t\u00eate. Les militaires incitaient la population autochtone \u00e0 participer aux tueries. Ils la for\u00e7aient ensuite \u00e0 enterrer les cadavres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">234. Aux alentours du 16 d\u00e9cembre 1996, les militaires de l\u2019AFDL\/APR sont arriv\u00e9s \u00e0 Walikale-centre. L\u2019incident all\u00e9gu\u00e9 suivant a \u00e9t\u00e9 document\u00e9:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Entre la fin de 1996 et le d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 1997, des \u00e9l\u00e9ments de l&rsquo;AFDL\/APR ont tu\u00e9 un nombre ind\u00e9termin\u00e9 de r\u00e9fugi\u00e9s dans Walikale-centre. La plupart des victimes ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9es dans le quartier Nyarusukula. Ce quartier avait \u00e9t\u00e9 transform\u00e9 en quartier militaire apr\u00e8s l\u2019installation des troupes de l\u2019AFDL\/APR dans la cit\u00e9 et l\u2019acc\u00e8s en \u00e9tait interdit aux civils. La plupart des corps des victimes ont \u00e9t\u00e9 jet\u00e9s dans la rivi\u00e8re Lowa et ses affluents.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">235. Un autre groupe de r\u00e9fugi\u00e9s rwandais en provenance de Masisi a rejoint, en d\u00e9cembre 1996, le territoire de Walikale en passant par un sentier forestier reliant le village de Ntoto \u00e0 celui de Ngora, situ\u00e9 \u00e0 une quinzaine de kilom\u00e8tres au nord de Walikale centre. Apr\u00e8s la prise de Walikale par les forces de l\u2019AFDL\/APR, ces r\u00e9fugi\u00e9s ainsi que des ex-FAR\/Interahamwe ont tent\u00e9 de se cacher dans le village de Kariki en s\u2019installant dans une entreprise de pisciculture abandonn\u00e9e situ\u00e9e sur le sentier entre les villages de Ntoto et Ngora. L\u2019incident all\u00e9gu\u00e9 suivant a \u00e9t\u00e9 document\u00e9:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 D\u00e9but 1997, des militaires de l\u2019AFDL\/APR ont tu\u00e9 un nombre ind\u00e9termin\u00e9 de r\u00e9fugi\u00e9s dans le camp de fortune de Kariki, situ\u00e9 \u00e0 13 kilom\u00e8tres de Walikale. Les militaires venaient de Ngora o\u00f9 ils avaient contraint des civils \u00e0 les suivre et \u00e0 porter leurs bagages et leurs caisses de munitions. Arriv\u00e9s \u00e0 Kariki, ils ont surpris des \u00e9l\u00e9ments ex-FAR\/Interahamwe qui se trouvaient en bas de la colline et les ont d\u00e9sarm\u00e9s. Apr\u00e8s avoir tu\u00e9 les ex-FAR\/Interahamwe, ils ont attaqu\u00e9 le camp qui se\u00a0trouvait de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la vall\u00e9e. La majorit\u00e9 des corps n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 ensevelis et l\u2019\u00c9quipe Mapping a pu constater que les ossements \u00e9taient toujours visibles \u00e0 la date de r\u00e9daction du pr\u00e9sent rapport.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>3. Maniema<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">236. \u00c0 compter de la fin de 1996, le Gouvernement za\u00efrois a mass\u00e9 ses forces \u00e0 Kindu et Kisangani en vue de lancer une contre-offensive dans les Kivu. Les premiers r\u00e9fugi\u00e9s sont arriv\u00e9s dans la province du Maniema d\u00e9but 1997 en provenance du territoire de Walikale, au Nord-Kivu. Ils se sont tout d\u2019abord dirig\u00e9s vers la ville de Kisangani mais ont \u00e9t\u00e9 bloqu\u00e9s par les FAZ et d\u00e9tourn\u00e9s sur le site de Tingi-Tingi, \u00e0 7 kilom\u00e8tres de Lubutu, \u00e0 proximit\u00e9 d\u2019un a\u00e9rodrome. Au cours des semaines qui ont suivi, pr\u00e8s de 120 000 r\u00e9fugi\u00e9s se sont install\u00e9s dans un camp de fortune \u00e0 Tingi-Tingi. Au m\u00eame moment, 40 000 autres hutu rwandais, parmi lesquels une majorit\u00e9 d\u2019ex-FAR\/Interahamwe sont arriv\u00e9s dans le village d\u2019Amisi, \u00e0 70 kilom\u00e8tres \u00e0 l\u2019est de Tingi-Tingi. D\u00e8s le d\u00e9but de 1997, les ex-FAR\/Interahamwe ont utilis\u00e9 le camp de Tingi-Tingi comme base de recrutement et d&rsquo;entra\u00eenement en vue de mener une contre-offensive conjointe avec les FAZ contre les troupes de l\u2019AFDL\/APR. Une coordination tr\u00e8s \u00e9troite s\u2019est instaur\u00e9e entre les FAZ et les ex-FAR\/Interahamwe. Les FAZ ont notamment fourni aux ex-FAR\/Interahamwe des armes, des munitions et des uniformes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">237. En janvier 1997, de violents combats ont oppos\u00e9 les militaires de l\u2019AFDL\/APR aux ex-FAR\/Interahamwe pendant plusieurs semaines au niveau du pont d\u2019Osso, \u00e0 la fronti\u00e8re entre les provinces du Nord-Kivu et du Maniema. Le 7 f\u00e9vrier, apr\u00e8s de violents combats dans le village de Mungele, les troupes de l\u2019AFDL\/APR ont pris le camp d\u2019Amisi. La majorit\u00e9 de la population du camp avait pu fuir en direction de Lubutu et s\u2019est install\u00e9e \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du camp de Tingi-Tingi. Les derniers affrontements entre l\u2019AFDL\/APR et les ex-FAR\/Interahamwe ont eu lieu dans le village de Mukwanyama, \u00e0 18 kilom\u00e8tres de Tingi-Tingi. Par la suite, les combats ont pratiquement cess\u00e9 et les ex-FAR\/Interahamwe se sont enfuis dans le plus grand d\u00e9sordre. Certains dignitaires de l\u2019ancien r\u00e9gime rwandais ainsi que des r\u00e9fugi\u00e9s pouvant s\u2019acquitter du prix du billet (800 dollars des \u00c9tats-Unis) ont pris place \u00e0 bord d\u2019avions commerciaux venus sp\u00e9cialement \u00e0 Tingi-Tingi et sont partis pour Nairobi. Dans la soir\u00e9e du 28 f\u00e9vrier, les r\u00e9fugi\u00e9s, ayant appris que les troupes de l\u2019AFDL\/APR se trouvaient \u00e0 10 kilom\u00e8tres de Tingi-Tingi, ont quitt\u00e9 le camp en direction de Lubutu. Ils ont cependant \u00e9t\u00e9 bloqu\u00e9s jusqu\u2019au lendemain matin par les FAZ au niveau du pont sur la rivi\u00e8re Lubilinga, commun\u00e9ment appel\u00e9 \u00abpont Lubutu\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans ce contexte, l\u2019\u00c9quipe Mapping a document\u00e9 les incidents all\u00e9gu\u00e9s suivants :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Dans la matin\u00e9e du 1er mars 1997, des \u00e9l\u00e9ments de l\u2019AFDL\/APR sont entr\u00e9s dans le camp de Tingi-Tingi et ont tu\u00e9 sans discrimination ses derniers occupants. Bien que la plupart des r\u00e9fugi\u00e9s aient d\u00e9j\u00e0 quitt\u00e9 le camp, plusieurs centaines d\u2019entre eux s\u2019y trouvaient encore, parmi lesquels de nombreux malades soign\u00e9s dans le dispensaire et des enfants non accompagn\u00e9s. Selon les t\u00e9moins, les troupes de l\u2019AFDL\/APR auraient tu\u00e9 la plupart des victimes \u00e0 coups de couteau. Les corps ont ensuite \u00e9t\u00e9 enterr\u00e9s dans plusieurs charniers par des volontaires de la Croix-Rouge de Lubutu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Dans l\u2019apr\u00e8s midi du 1er mars 1997, des \u00e9l\u00e9ments de l\u2019AFDL\/APR ont ouvert le feu sur les r\u00e9fugi\u00e9s qui se trouvaient dans la queue de la colonne en fuite vers Lubutu et en ont tu\u00e9 plusieurs dizaines. Le m\u00eame jour, les militaires de l\u2019AFDL\/APR ont tu\u00e9 par balle plusieurs centaines de r\u00e9fugi\u00e9s qui attendaient pour traverser le pont sur la rivi\u00e8re Lubilinga. De nombreux r\u00e9fugi\u00e9s sont morts noy\u00e9s en se jetant dans la rivi\u00e8re; d\u2019autres sont morts pi\u00e9tin\u00e9s par la foule en panique. Le 2 mars, les militaires de l\u2019AFDL\/APR ont demand\u00e9 \u00e0 la population de Lubutu d\u2019enterrer les victimes, mais la plupart des corps ont \u00e9t\u00e9 jet\u00e9s dans la rivi\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">238. Le 27 f\u00e9vrier 1997, les troupes de l\u2019AFDL\/APR sont entr\u00e9es dans la ville de Kindu d\u00e9sert\u00e9e par les FAZ. Les r\u00e9fugi\u00e9s ont continu\u00e9 leur chemin en direction de Lodja (axe ouest) ou de Kasongo (axe sud). Auparavant, un troisi\u00e8me groupe, beaucoup moins nombreux, avait rejoint les r\u00e9fugi\u00e9s au camp de Tingi-Tingi en empruntant le chemin de Punia.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans ce contexte, l\u2019\u00c9quipe Mapping a document\u00e9 les incidents all\u00e9gu\u00e9s suivants:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Le 1er mars 1997, des \u00e9l\u00e9ments de l\u2019AFDL\/APR ont tu\u00e9 11 religieux r\u00e9fugi\u00e9s hutu rwandais sur la route de Kindu, \u00e0 une vingtaine de kilom\u00e8tres de Kalima, dans le territoire de Pangi. Les victimes, huit abb\u00e9s et trois s\u0153urs, \u00e9taient r\u00e9fugi\u00e9es au Sud-Kivu depuis 1994. Ils avaient trouv\u00e9 refuge \u00e0 la paroisse de Kalima depuis le 22 f\u00e9vrier. Apr\u00e8s avoir pris la ville le 23 f\u00e9vrier, les troupes de l\u2019AFDL\/APR, ont demand\u00e9 aux religieux de les suivre sous pr\u00e9texte de les faire rentrer au Rwanda.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 1er mars, les religieux sont mont\u00e9s \u00e0 bord d\u2019un minibus envoy\u00e9 par les militaires. Au cours de la soir\u00e9e, ces derniers ont tu\u00e9 les religieux \u00e0 coups de b\u00e2ton. Les corps des victimes ont \u00e9t\u00e9 ensevelis sur place.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 En mars 1997, des \u00e9l\u00e9ments de l\u2019AFDL\/APR ont tu\u00e9 quelque 200 r\u00e9fugi\u00e9s dans les territoires de Pangi et Kasongo. Les victimes \u00e9taient pour la plupart des rescap\u00e9s des massacres commis dans le territoire de Shabunda, au Sud-Kivu. Dans le camp de r\u00e9fugi\u00e9s ouvert pr\u00e8s de l\u2019a\u00e9roport de Kalima, dans le territoire de Pangi, les militaires ont tu\u00e9 20 personnes au moins, principalement des femmes et des enfants qui attendaient l\u2019arriv\u00e9e de l\u2019aide alimentaire fournie par le HCR. Dans la ville de Kalima, les militaires ont fouill\u00e9 des maisons, ex\u00e9cut\u00e9 les r\u00e9fugi\u00e9s qui s\u2019y \u00e9taient cach\u00e9s et battu les Za\u00efrois qui les avaient laiss\u00e9s entrer chez eux. Les militaires ont ensuite tu\u00e9 des r\u00e9fugi\u00e9s tout le long de la route entre Kalima et Kindu, notamment dans les villages de Kingombe Mungembe, Mumbuza, Kenye et Idombo. Les corps des victimes sont rest\u00e9s sur la route pendant plusieurs jours\u00a0avant d\u2019\u00eatre enterr\u00e9s par la population civile. Au cours des semaines qui ont suivi, les militaires ont continu\u00e9 \u00e0 traquer les r\u00e9fugi\u00e9s dans le territoire de Kasongo. Ils en ont tu\u00e9 un grand nombre dans les villages de Kisanji, Sengaluji et Karubenda. Les survivants se sont, pour la plupart, dispers\u00e9s dans la for\u00eat. Les t\u00e9moins ont estim\u00e9 avoir vu au moins 165 corps, mais le nombre total de victimes est\u00a0probablement bien sup\u00e9rieur \u00e0 ce chiffre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">239. Alors qu\u2019il n\u2019y avait plus d\u2019affrontements entre les ex-FAR\/Interahamwe\/FAZ et les troupes de l\u2019AFDL\/APR, les massacres de r\u00e9fugi\u00e9s ont continu\u00e9 au cours des semaines qui ont suivi la chute de Tingi-Tingi. Les r\u00e9fugi\u00e9s appr\u00e9hend\u00e9s par les militaires de l\u2019AFDL\/APR bas\u00e9s \u00e0 Lubutu ont \u00e9t\u00e9 emmen\u00e9s sur un site appel\u00e9 Golgotha, \u00e0 3 kilom\u00e8tres de Lubutu o\u00f9 ils ont \u00e9t\u00e9 syst\u00e9matiquement ex\u00e9cut\u00e9s. L\u2019incident all\u00e9gu\u00e9 suivant a \u00e9t\u00e9 document\u00e9:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Le 14 mars 1997, \u00e0 l\u2019occasion d\u2019une mission conjointe, les organismes des Nations Unies et des ONG ont trouv\u00e9 pr\u00e8s de 2 000 r\u00e9fugi\u00e9s ayant surv\u00e9cu aux r\u00e9cents massacres errant dans les camps de Tingi-Tingi et d\u2019Amisi. Jusqu\u2019\u00e0 la fermeture officielle de ces camps, le 2 avril, les militaires de l\u2019AFDL\/APR ont d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment bloqu\u00e9 toute aide humanitaire, sanitaire et m\u00e9dicale destin\u00e9e aux\u00a0rescap\u00e9s. MSF a rapport\u00e9 qu\u2019au cours de cette p\u00e9riode la fourniture de soins m\u00e9dicaux aux r\u00e9fugi\u00e9s avait \u00e9t\u00e9 pratiquement impossible car les autorit\u00e9s de l\u2019AFDL avaient interdit ou retard\u00e9 toute mission humanitaire pour des raisons de s\u00e9curit\u00e9. Au cours des trois semaines qui ont suivi la prise du camp, 216 r\u00e9fugi\u00e9s au moins sont morts \u00e0 Tingi-Tingi faute d\u2019aide humanitaire et m\u00e9dicale.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>HAUT COMMISARIAT NATION UNIES POUR LES DROITS DE L\u2019HOMME R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo, 1993-2003. RAPPORT DU PROJET MAPPING CONCERNANT LES VIOLATIONS LES PLUS GRAVES DES DROITS DE L\u2019HOMME ET DU DROIT INTERNATIONAL HUMANITAIRE COMMISES ENTRE MARS 1993 ET JUIN 2003 SUR LE TERRITOIRE DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO Ao\u00fbt 2010. SOMMAIRE: SECTION I \u2013 &hellip; <\/p>\n<p><a class=\"more-link btn\" href=\"https:\/\/www.paceperilcongo.it\/fr\/2011\/06\/rapport-mapping-de-l%e2%80%99onu-sur-les-crimes-en-r-d-congo-4%c2%b0-sortie\/\">Lire la suite<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"footnotes":""},"categories":[16],"tags":[],"class_list":["post-277","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-rapport-mapping-onu","item-wrap"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.paceperilcongo.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/277","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.paceperilcongo.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.paceperilcongo.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.paceperilcongo.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.paceperilcongo.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=277"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.paceperilcongo.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/277\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":278,"href":"https:\/\/www.paceperilcongo.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/277\/revisions\/278"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.paceperilcongo.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=277"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.paceperilcongo.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=277"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.paceperilcongo.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=277"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}