{"id":2406,"date":"2015-05-20T10:46:40","date_gmt":"2015-05-20T08:46:40","guid":{"rendered":"http:\/\/www.paceperilcongo.it\/fr\/?p=2406"},"modified":"2015-05-20T10:46:40","modified_gmt":"2015-05-20T08:46:40","slug":"congo-actualite-n-241","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.paceperilcongo.it\/fr\/2015\/05\/congo-actualite-n-241\/","title":{"rendered":"Congo Actualit\u00e9 n.241"},"content":{"rendered":"<p>SOMMAIRE<\/p>\n<h2>\u00c9DITORIAL: STOP AUX MASSACRES DANS LE TERRITOIRE DE BENI<\/h2>\n<ol>\n<li>\n<h2>LES GROUPES ARM\u00c9S<\/h2>\n<\/li>\n<li>\n<h2>Les Forces D\u00e9mocratiques Alli\u00e9es (ADF)<\/h2>\n<\/li>\n<li>\n<h2>Les Forces D\u00e9mocratiques pour la Lib\u00e9ration du Rwanda (FDLR)<\/h2>\n<\/li>\n<li>\n<h2>Le Mouvement du 23 mars (M23)<\/h2>\n<\/li>\n<li>\n<h2>L\u2019ins\u00e9curit\u00e9 \u00e0 Rutchuru<\/h2>\n<\/li>\n<li>\n<h2>LES R\u00c9LATIONS ENTRE LA RDCONGO ET LE RWANDA<\/h2>\n<\/li>\n<li>\n<h2>Une incursion de militaires rwandais en RDC<\/h2>\n<\/li>\n<li>\n<h2>La d\u00e9limitation des fronti\u00e8res entre la RDC et le Rwanda<\/h2>\n<\/li>\n<li>\n<h2>L\u2019op\u00e9ration d\u2019enregistrement biom\u00e9trique des r\u00e9fugi\u00e9s rwandais<\/h2>\n<\/li>\n<li>\n<h2>RESSOURCES NATURELLES<\/h2>\n<\/li>\n<li>\n<h2>Le rapport du Programme de l\u2019Environnement de l\u2019ONU (PNUE)<\/h2>\n<\/li>\n<li>\n<h2>Le rapport de Amnesty International et Global Witness<\/h2>\n<\/li>\n<\/ol>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h1><\/h1>\n<h1 style=\"text-align: justify;\">1. LES GROUPES ARM\u00c9S<\/h1>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<h2 style=\"text-align: justify;\">a. Les Forces D\u00e9mocratiques Alli\u00e9es (ADF)<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le 15 avril<\/em>, dix-neuf personnes (13 hommes et six femmes) ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9es \u00e0 la machette \u00e0 Beni, territoire de l&rsquo;est de la RDC o\u00f9 des massacres de civils ont lieu depuis plus de six mois. Une situation qui perdure malgr\u00e9 la pr\u00e9sence des Casques bleus et de l&rsquo;arm\u00e9e. L\u2019administrateur du territoire, Amisi Kalonda, a pr\u00e9cis\u00e9 que neuf des victimes ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9capit\u00e9es et que les victimes ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9es vers 09h00 du matin, lorsqu&rsquo;elles se rendaient aux champs. L\u2019attaque, attribu\u00e9e aux rebelles ougandais des ADF, s\u2019est produite \u00e0 <strong>Matiba et Kinzika<\/strong>, localit\u00e9s du secteur de Beni-Mbau. Depuis octobre 2014, plus de 300 personnes, y ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9es dans une succession de massacres commis principalement \u00e0 l&rsquo;arme blanche.<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le 19 avril<\/em>, <strong>deux pr\u00e9sum\u00e9s rebelles ougandais des ADF ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9<\/strong> dans deux quartiers situ\u00e9s aux alentours de la ville de Beni (Nord-Kivu). Selon des sources s\u00e9curitaires, ces pr\u00e9sum\u00e9s ADF ont fait des r\u00e9v\u00e9lations accablantes sur les derniers massacres des civils \u00e0 Beni. L\u2019un d\u2019eux a fait \u00e9tat d\u2019un r\u00e9seau de ravitaillement des ADF, qui serait pilot\u00e9 par un officier sup\u00e9rieur des FARDC. L\u2019autre a avou\u00e9 l\u2019existence d\u2019un groupe des ADF aux alentours de Beni, pour y commettre les massacres des civils.<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le 23 avril<\/em>, cinq personnes ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9es dans le village <strong>Kalongo<\/strong>, localit\u00e9 Kipera, \u00e0 6 kilom\u00e8tres au Nord-Ouest d\u2019O\u00efcha (Nord-Kivu), \u00e0 l\u2019aide des machettes par des pr\u00e9sum\u00e9s ADF.<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le 26 avril<\/em>, apr\u00e8s trois jours de violents combats, les forces arm\u00e9es de la RDC ont repris le contr\u00f4le d\u2019un camp des rebelles ougandais des ADF \u00e0 <strong>Baruku<\/strong>, situ\u00e9 entre les rivi\u00e8res Bango et Semuliki, dans le territoire de Beni. Le commandant de l\u2019op\u00e9ration \u00ab\u00a0Sokola 1\u00a0\u00bb, le g\u00e9n\u00e9ral Muhindo Akili, a affirm\u00e9 que le commandant adjoint des ADF, Muzamir Kiribaki Kasadha, a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 lors de ces combats. Le commandant des op\u00e9rations \u00ab\u00a0Sokola 1\u00a0\u00bb a pr\u00e9cis\u00e9 que la personne tu\u00e9e est la troisi\u00e8me personnalit\u00e9 et l\u2019un des formateurs des unit\u00e9s combattantes des ADF. Et selon d\u2019autres sources s\u00e9curitaires, apr\u00e8s la conqu\u00eate du camp rebelle de Baruku , les FARDC ont r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 plusieurs armes, une r\u00e9serve importante de minutions, une grande quantit\u00e9 de machettes et plusieurs documents d\u2019instruction des ADF. A en croire ces sources, les FARDC sont actuellement \u00e0 la poursuite du Num\u00e9ro 2 des ADF qui serait \u00e0 la t\u00eate d\u2019une centaine d\u2019hommes dans la zone de Medina.<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le 28 avril<\/em>, les Forces arm\u00e9es de la RDC (FARDC) ont affirm\u00e9 avoir d\u00e9couvert <strong>quatre fosses communes dans la localit\u00e9 de Bango<\/strong>, en territoire de Beni, \u00e0 plus de 350 km au Nord de Goma (Nord-Kivu). Selon des sources militaires de la r\u00e9gion, cette d\u00e9couverte a \u00e9t\u00e9 faite dans un ancien camp des rebelles ougandais des ADF de Baruku d\u00e9j\u00e0 reconquis par les Forces arm\u00e9es de la RDC dans le cadre de l\u2019op\u00e9ration Sokola 1. Le porte-parole militaire du secteur op\u00e9rationnel Grand-Nord et de l\u2019Op\u00e9ration \u00abSokola 1\u00bb, le major Victor Masandi Bubitende, plaide pour une enqu\u00eate internationale, afin d\u2019\u00e9lucider l\u2019affaire. \u00ab<em>C\u2019est au cours des accrochages apr\u00e8s la fuite de Monsieur Baruku, le num\u00e9ro 2 des ADF \u00e0 Bango, que nos forces ont occup\u00e9 le camp Bango, dit le camp \u201cBaruku\u201d, et ont d\u00e9couvert 4 fosses communes remplies des personnes humaines<\/em>\u00bb, a indiqu\u00e9 major Victor Masandi. Cet officier de l\u2019arm\u00e9e congolaise affirme croire que dans ces fosses communes il y a des corps des rebelles ADF tomb\u00e9s au cours des accrochages avec les FARDC ou soit des otages tu\u00e9s avant l\u2019arriv\u00e9e des FARDC au camp de Baruku.<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le 30 avril<\/em>, le journal officiel ougandais, New Vision, a affirm\u00e9 que le chef des ADF, <strong>Jamil Mukulu, a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9<\/strong> en Tanzanie, o\u00f9 il est actuellement d\u00e9tenu, dans l\u2019attente d&rsquo;une extradition en Ouganda. Les polices ougandaise et tanzanienne ont refus\u00e9 de confirmer ou de d\u00e9mentir cette arrestation. Jamil Mukulu, qui serait \u00e2g\u00e9 de 51 ans, est recherch\u00e9 par l&rsquo;Ouganda pour une s\u00e9rie de crimes incluant des actes \u00ab\u00a0terroristes\u00a0\u00bb et des meurtres. Interpol avait \u00e9mis \u00e0 son encontre un mandat d&rsquo;arr\u00eat \u00e0 la demande de Kampala.<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le 3 mai<\/em>, des accrochages ont eu lieu entre les FARDC et les rebelles ougandais des ADF \u00e0 <strong>Parikingi et Kokola<\/strong> (Nord-Kivu). Le bilan fait \u00e9tat de quatorze ADF tu\u00e9s et cinq armes r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es. Selon le porte-parole des FARDC \u00e0 Beni, le major Victor Masande, au cours de ces accrochages, quatre militaires FARDC ont \u00e9t\u00e9 \u00e9galement tu\u00e9s. D\u2019apr\u00e8s toujours le major Victor Masande, l\u2019arm\u00e9e continue \u00e0 exerce une pression sur les ADF dans la zone de Bango, \u00e0 l\u2019extr\u00eame nord &#8211; est du territoire de Beni.<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le 4 mai<\/em>, vers 11h locales, un <strong>h\u00e9licopt\u00e8re de la Monusco<\/strong> transportant le commandant de la force de la mission onusienne a essuy\u00e9 des tirs des hommes arm\u00e9s non identifi\u00e9s, dans le domaine d\u2019O\u00efcha, \u00e0 20 km au nord de Beni. Bien qu\u2019il n\u2019y ait aucune revendication pour l\u2019instant, les Nations unies soup\u00e7onnent les rebelles ADF d\u2019\u00eatre responsables.<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le 5 mai<\/em>, deux casques bleus tanzaniens des Nations unies ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s, 13 ont \u00e9t\u00e9 bless\u00e9s et quatre ont disparu, lors d&rsquo;une embuscade attribu\u00e9e aux rebelles ougandais des ADF. Les casques bleus ont \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9s dans le village de <strong>Kikiki<\/strong>, situ\u00e9 \u00e0 une cinquantaine de kilom\u00e8tres au nord de la ville de Beni, dans la province du Nord-Kivu, a indiqu\u00e9 F\u00e9lix Basse, porte-parole de la Monusco.<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le 8 mai<\/em>, l\u2019Ouganda a demand\u00e9 \u00e0 la Tanzanie l&rsquo;extradition du chef rebelle des ADF, Jamil Mukulu. Une d\u00e9l\u00e9gation de policiers ougandais s\u2019est rendue \u00e0 Dar es-Salaam pour proc\u00e9der \u00e0 son interrogatoire et, \u00e9ventuellement, \u00e0 son transfert si la Tanzanie l\u2019accorde.<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le 8 mai<\/em>, dans la nuit, des pr\u00e9sum\u00e9s rebelles ADF ont tu\u00e9 sept personnes au quartier <strong>Matembo<\/strong>, commune de Mulekera, \u00e0 1 km au Sud de l\u2019a\u00e9roport de Mavivi, en territoire de Beni (Nord-Kivu). Ce nouveau massacre porte \u00e0 plus de 300, le nombre de civils tu\u00e9s en cinq mois dans cette partie du Nord-Kivu, se plaint la soci\u00e9t\u00e9 civile. Selon des t\u00e9moins, ces assaillants, cagoul\u00e9s, portaient des armes de guerre et \u00e9taient v\u00eatus en uniforme militaire. Parmi les sept victimes, on compte deux femmes. Un rescap\u00e9 de 7 ans dont 4 membres de la famille ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s, indique que les auteurs ont retir\u00e9 ses parents de la maison avant de les achever \u00e0 coup de machette, b\u00eaches et haches, \u00e0 quelques m\u00e8tres seulement de leur habitation. Dans leur passage, ces pr\u00e9sum\u00e9s rebelles ADF ont \u00e9galement emport\u00e9 des ch\u00e8vres et autres animaux de la basse-cour et ont tout pill\u00e9 comme un d\u00e9p\u00f4t o\u00f9 sont gard\u00e9s les mat\u00e9riels de plantation de cacao.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La soci\u00e9t\u00e9 civile s\u2019\u00e9tonne que quatre positions militaires soient situ\u00e9es \u00e0 deux km du lieu de l\u2019attaque. C\u2019est notamment \u00e0 l\u2019a\u00e9roport de Mavivi et au quartier Ngadi, o\u00f9 les casques bleus m\u00e8nent aussi des patrouilles diurnes. Le pr\u00e9sident de cette structure, Teddy Kataliko, estime qu\u2019il faut s\u2019interroger sur l\u2019efficacit\u00e9 des services de s\u00e9curit\u00e9 dans cette contr\u00e9e du Nord-Kivu. Il s\u2019\u00e9tonne \u00e9galement que tous les services et autorit\u00e9s administratifs n\u2019aient pris aucune mesure apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 alert\u00e9s, jeudi dernier, de la pr\u00e9sence d\u2019un groupe arm\u00e9 dans le quartier Matembo.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le charg\u00e9 de la communication de l\u2019Association africaine de d\u00e9fense des droits de l\u2019Homme (Asadho) de Beni, Kizito Bin Hangi, a rappel\u00e9 que l\u2019Asadho avait sollicit\u00e9 une \u00ab<em>mutation au niveau de commandement Sokola 1, car les FARDC sont incapables d\u2019assurer la s\u00e9curit\u00e9 de la population et les massacres se passent souvent \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de leurs positions<\/em>\u00bb.<a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\">[11]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le 11 mai<\/em>, six personnes ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9es au quartier <strong>Kalongo<\/strong>, non loin de l\u2019a\u00e9roport de Mavivi, dans le territoire de Beni, portant \u00e0 treize le nombre de civils tu\u00e9s en l\u2019espace de trois jours dans ce territoire. Une fois de plus, ce nouveau massacre est attribu\u00e9 \u00e0 des rebelles ougandais des ADF.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une quarantaine d\u2019hommes en treillis, portant des armes blanches et des armes \u00e0 feu ont fait incursion vers 17 heures 30 locales dans le quartier Kalongo, indiquent les t\u00e9moins. Les assaillants ont ensuite tu\u00e9 \u00e0 bout portant les six personnes. Les victimes \u00ab\u00a0revenaient des champs\u00a0\u00bb lorsqu\u2019elles ont \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9es \u00e0 la tomb\u00e9e de la nuit par des \u00ab\u00a0pr\u00e9sum\u00e9s ADF\u00a0\u00bb, a affirm\u00e9 Amisi Kalonda, administrateur du territoire de Beni.<a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\">[12]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le 12 mai<\/em>, pendant la nuit, un massacre de civils a \u00e9t\u00e9 perp\u00e9tr\u00e9 par des hommes arm\u00e9s \u00e0 <strong>Mapiki et Sabu<\/strong>, deux villages du secteur de Beni\u2013Mbau situ\u00e9s \u00e0 pr\u00e8s de 30 Kilom\u00e8tres au nord-ouest de la ville de Beni (Nord-Kivu). Selon la soci\u00e9t\u00e9 civile locale, une vingtaine de personnes ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9es \u00e0 la machette. C\u2019est aux environs de 19 heures locales mardi, que des hommes arm\u00e9s ont fait une incursion \u00e0 Mapiki et Sabu. Selon des sources locales, les assaillants ont d\u00e9coup\u00e9 \u00e0 la hache et \u00e0 la machette plusieurs habitants causant la mort d\u2019une vingtaine d\u2019entre eux. Sept civils ont ainsi \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s \u00e0 Mapiki et quinze \u00e0 Sabu, selon un bilan livr\u00e9 par Teddy Kataliko, le pr\u00e9sident de la soci\u00e9t\u00e9 civile du territoire de Beni. Ces nouvelles tueries interviennent moins de 24 heures apr\u00e8s le s\u00e9jour du vice-premier ministre et ministre de l\u2019Int\u00e9rieur \u00e0 Beni, Evariste Boshab, qui \u00e9tait en mission d\u2019\u00e9valuation de la situation s\u00e9curitaire dans la r\u00e9gion.<a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\">[13]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<h2 style=\"text-align: justify;\">b. Les Forces D\u00e9mocratiques pour la Lib\u00e9ration du Rwanda (FDLR)<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 7 avril, en faisant un premier bilan des op\u00e9rations lanc\u00e9es contre les Forces D\u00e9mocratiques pour la Lib\u00e9ration du Rwanda (FDLR) depuis le 29 janvier dernier, le commandant de la troisi\u00e8me zone de d\u00e9fense de l\u2019arm\u00e9e congolaise, le G\u00e9n\u00e9ral L\u00e9on Mushale, a affirm\u00e9 que les Forces arm\u00e9es de la RDC (FARDC) ont repris le contr\u00f4le de trente-cinq localit\u00e9s occup\u00e9es jusque l\u00e0 par les rebelles rwandais des FDLR au Sud et Nord-Kivu. L\u2019officier de l\u2019arm\u00e9e congolaise pr\u00e9cise que parmi les localit\u00e9s r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es, 21 sont situ\u00e9es au Sud-Kivu et 14 dans la partie sud du parc des Virunga, au Nord-Kivu. La m\u00eame source indique que les militaires congolais ont \u00e9galement neutralis\u00e9s 237 rebelles FDLR dont 13 ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s. Le g\u00e9n\u00e9ral L\u00e9on Mushale parle \u00e9galement de 85 armes lourdes et l\u00e9g\u00e8res et plusieurs munitions r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es.<a href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\">[14]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le 9 avril<\/em>, \u00e0 Kinshasa, le porte-parole du gouvernement, <strong>Lambert Mende Omalanga<\/strong>, a affirm\u00e9 que, en ce qui concerne l&rsquo;op\u00e9ration de d\u00e9sarmement forc\u00e9 des FDLR d\u00e9nomm\u00e9e Sukola 2, le bilan pour la p\u00e9riode allant du 27 janvier jusqu\u2019au 7 avril, est de 162 Fdlr captur\u00e9s, 13 tu\u00e9s au combat et 62 \u00e9l\u00e9ments rendus sans opposer de r\u00e9sistance et mis \u00e0 la disposition de la Monusco en vue de leur rapatriement. Parmi ces derniers, on compte 15 enfants soldats. En outre, 342 \u00e9l\u00e9ments des FDLR s&rsquo;\u00e9taient volontairement rendus, dont 338 avant le d\u00e9but de l&rsquo;op\u00e9ration de d\u00e9sarmement forc\u00e9 et 4 pendant la phase pr\u00e9paratoire de cette derni\u00e8re. \u00c0 l&rsquo;heure actuelle, ils sont r\u00e9partis entre les sites de Kisangani, Kanyabayonga et Walungu. Ainsi donc, le chiffre global des \u00e9l\u00e9ments Fdlr neutralis\u00e9s est \u00e0 ce jour de 575.<a href=\"#_ftn15\" name=\"_ftnref15\">[15]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Les habitants des territoires de Rusamambo, Bukumbirwa, Kasiki, Luhanga, Buleusa, en territoire de Lubero (Nord-Kivu) disent \u00eatre victimes de diverses exactions des rebelles des Forces d\u00e9mocratiques pour la lib\u00e9ration du Rwanda (FDLR). Selon la soci\u00e9t\u00e9 civile locale, ces rebelles rwandais vivent au sein de la population et se comportent en maitres, en commettant des actes barbares notamment des tueries, pillages, arrestations arbitraires et autres. En particulier, ils proc\u00e8dent souvent au pillage des r\u00e9coltes et au vol d\u2019autres biens de valeur comme les t\u00e9l\u00e9phones portables. De leur c\u00f4t\u00e9, les FDLR accusent les jeunes de ces villages de collaborer avec les miliciens Ma\u00ef-Ma\u00ef. Plusieurs jeunes sont arr\u00eat\u00e9s et lib\u00e9r\u00e9s apr\u00e8s paiement de caution dont le montant varie selon les jours et les circonstances.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les autorit\u00e9s de Lubero s\u2019inqui\u00e8tent du fait que les op\u00e9rations contre les groupes arm\u00e9s pi\u00e9tinent dans la r\u00e9gion alors qu\u2019elles ont \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9es avec pompe. \u00ab<em>L\u2019arm\u00e9e congolaise a promis de traquer les FDLR mais nous, nous n\u2019avons vu aucun acte de traque pour contraindre ces FDLR \u00e0 quitter<\/em>\u00bb, s\u2019inqui\u00e8te un des responsables de la soci\u00e9t\u00e9 civile de Lubero.<a href=\"#_ftn16\" name=\"_ftnref16\">[16]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<h2 style=\"text-align: justify;\">c. Le Mouvement du 23 mars (M23)<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le 21 avril<\/em>, faisant suite \u00e0 une premi\u00e8re rencontre en f\u00e9vrier \u00e0 Kigali, une d\u00e9l\u00e9gation technique du minist\u00e8re de la D\u00e9fense congolais s&rsquo;est rendue au Rwanda pour rencontrer les ex-rebelles du Mouvement du 23-Mars (M23), en vue d&rsquo;organiser leur rapatriement volontaire. La discussion a \u00e9t\u00e9 houleuse. Selon les ex rebelles, \u00ab<em>il n\u2019y a que 122 d\u2019entre eux qui ont \u00e9t\u00e9 amnisti\u00e9s<\/em>\u00bb et ils s\u2019interrogent: \u00ab<em>Quelles garanties nous donnent-ils? Nous sommes pr\u00eats pour le retour, mais tous, pas la moiti\u00e9<\/em>\u00bb. Aucune avanc\u00e9e n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 donc constat\u00e9e.<a href=\"#_ftn17\" name=\"_ftnref17\">[17]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Selon des sources s\u00e9curitaires, des ex-M23 rassembl\u00e9s dans des camps d\u2019entrainement au Rwanda et en Ouganda seraient pr\u00eats \u00e0 reprendre les hostilit\u00e9s dans l\u2019Est du Congo. Le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, a confirm\u00e9 la tenue de r\u00e9unions secr\u00e8tes \u00e0 Kisoro, Kigali et Kampala des ces militaires d\u00e9faits. \u00ab<em>Nous avons des informations que dans nos pays voisins, Rwanda et Ouganda, on vient de cr\u00e9er <strong>une nouvelle r\u00e9bellion appel\u00e9e Mouvement Chr\u00e9tien pour la Reconstruction du Congo <\/strong><\/em><strong><em>(MCRC)<\/em><\/strong><em>. Les ex-M23 veulent dissimuler ce mouvement au Congo pour faire ce que le M23 et le Cndp avaient fait autrefois<\/em>\u00bb, a pr\u00e9cis\u00e9 le chef de l\u2019ex\u00e9cutif provincial du Nord-Kivu. Des anciens rebelles se sont r\u00e9unis dans des h\u00f4tels bien connus au Rwanda et en Ouganda pour monter ce projet macabre. La population a \u00e9t\u00e9 appel\u00e9e \u00e0 d\u00e9noncer les cas d\u2019infiltration. Tout acte suspect doit \u00eatre rapport\u00e9 \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 la plus proche, a insist\u00e9 le chef du gouvernement provincial du Nord-Kivu.<a href=\"#_ftn18\" name=\"_ftnref18\">[18]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le 30 avril<\/em>, le ministre congolais de la Justice a annonc\u00e9 une <strong>nouvelle vague d\u2019amnisties<\/strong>. Parmi les b\u00e9n\u00e9ficiaires, il y aurait plus de 350 ex-rebelles du Mouvement du 23-Mars (M23), r\u00e9fugi\u00e9s en Ouganda et au Rwanda apr\u00e8s leur d\u00e9faite militaire fin 2013.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">220 ex-rebelles amnisti\u00e9s se trouvent en Ouganda, 122 autres au Rwanda, une trentaine sont incarc\u00e9r\u00e9s \u00e0 Kinshasa et quatre sont d\u00e9tenus \u00e0 Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, o\u00f9 le M23 \u00e9tait tr\u00e8s actif. Ces ex-rebelles ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de la loi d&rsquo;amnistie du 11 f\u00e9vrier 2014, qui concerne les coupables de \u00ab\u00a0faits insurrectionnels\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0faits de guerre\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0infractions politiques\u00a0\u00bb, et dont ils pouvaient esp\u00e9rer b\u00e9n\u00e9ficier en signant un \u00ab\u00a0acte d&rsquo;engagement\u00a0\u00bb \u00e0 ne pas r\u00e9cidiver. Les crimes graves sont exclus de la loi d&rsquo;amnistie, comme le g\u00e9nocide, les crimes contre l\u2019humanit\u00e9, les crimes de guerre, le terrorisme, la torture, les violences sexuelles, l\u2019utilisation ou la conscription d\u2019enfants, le d\u00e9tournement de fonds publics et le pillage.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lors de la d\u00e9faite du M23, en novembre 2013, quelque 1.300 combattants avaient fui en Ouganda, tandis que 700 autres s&rsquo;\u00e9taient d\u00e9j\u00e0 r\u00e9fugi\u00e9s au Rwanda. Toutefois, en ao\u00fbt 2014, le M23 avait r\u00e9v\u00e9l\u00e9 un total de 3.657 signataires de l&rsquo;acte d&rsquo;engagement.<a href=\"#_ftn19\" name=\"_ftnref19\">[19]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<h2 style=\"text-align: justify;\">d. L\u2019ins\u00e9curit\u00e9 \u00e0 Rutchuru<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">La coordination territoriale de la soci\u00e9t\u00e9 civile de Rutshuru, au Nord-Kivu, a affirm\u00e9 que plus de soixante personnes ont \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9es entre janvier et mars 2015. Elle pr\u00e9cise aussi que plus d\u2019une vingtaine d\u2019autres ont \u00e9t\u00e9 bless\u00e9es par balles et quatre-vingts autres encore enlev\u00e9es. Cette organisation citoyenne \u00e9pingle notamment comme causes la pr\u00e9sence de multiples groupes arm\u00e9s locaux qui travailleraient avec ou en complicit\u00e9 avec certains militaires. Ces derniers seraient aussi impliqu\u00e9s directement dans les assassinats, kidnappings et pillages enregistr\u00e9s dans ce territoire. Afin d\u2019am\u00e9liorer la s\u00e9curit\u00e9, la soci\u00e9t\u00e9 civile recommande aux autorit\u00e9s politico-militaires, la permutation des troupes des FARDC qui ont longtemps travaill\u00e9 dans ce territoire. Elle demande \u00e9galement des op\u00e9rations de d\u00e9sarmement de tous les groupes arm\u00e9s locaux.<a href=\"#_ftn20\" name=\"_ftnref20\">[20]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 29 avril, \u00e0 Nyamilima, dans le territoire de Rutshuru (Nord-Kivu), des habitants ont organis\u00e9 une manifestation pour protester contre le meurtre des cinq de leurs, dont les corps d\u00e9capit\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9s dans leurs champs \u00e0 l\u2019ouest de Nyamilima. Cette situation a cr\u00e9e d\u00e9j\u00e0 une vive tension entre les ethnies Nande et Hutue. En effet, les Nande attribuent ces meurtres aux membres du groupe ethnique Hutu. L\u2019administrateur de Rutshuru a d\u00e9plore la situation et a lanc\u00e9 un appel au calme, en annon\u00e7ant des enqu\u00eates pour faire \u00e9clater la v\u00e9rit\u00e9 dans cette tuerie. Ces cinq habitants, tous de cette localit\u00e9, s\u2019\u00e9taient rendus dans leurs champs, deux jours auparavant, dans le\u00a0 paysannat de Nyamitwitwi et Kabumbira, \u00e0 l\u2019ouest de Nyamilima. Et depuis, on \u00e9tait rest\u00e9 sans nouvelles d\u2019eux. Les habitants sont all\u00e9s \u00e0 leur recherche. Et ils ont retrouv\u00e9 leur corps sans vie dans les champs. La mort de cinq derni\u00e8res personnes porterait \u00e0 30, le nombre de civils tu\u00e9e, dans leurs champs, par armes blanches ou par balles en groupement Binza depuis le d\u00e9but janvier dernier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La plupart de ces meurtres sont attribu\u00e9s au groupe Nyatura d\u2019un certain Kamodoka.<a href=\"#_ftn21\" name=\"_ftnref21\">[21]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<h1 style=\"text-align: justify;\">2. LES R\u00c9LATIONS ENTRE LA RDCONGO ET LE RWANDA<\/h1>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<h2 style=\"text-align: justify;\">a. Une incursion de militaires rwandais en RDC<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le 22 avril<\/em>, les autorit\u00e9s congolaises ont d\u00e9nonc\u00e9 une incursion de militaires rwandais en territoire congolais, \u00e0 environ 120 km au nord-est de Goma, en plein parc des Virunga, un parc qui s\u2019\u00e9tend des deux c\u00f4t\u00e9s de la fronti\u00e8re congolo-rwandaise.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019apr\u00e8s le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, une patrouille de reconnaissance de l\u2019arm\u00e9e congolaise accompagn\u00e9e de gardes du parc, a pu confirmer la pr\u00e9sence de militaires rwandais sur la colline Musangoti, \u00e0 environ 1 000 m\u00e8tres \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du territoire congolais, pr\u00e8s de Chanzu, dans le territoire de Rutchuru. Des habitants font \u00e9tat d\u2019autres incursions aussi, plus au sud, au niveau de la colline d\u2019Ehu, dans le territoire de Nyirangongo, \u00e0 une trentaine de kilom\u00e8tres de Goma. Plusieurs dizaines de militaires rwandais auraient franchi la fronti\u00e8re dans la nuit du 18 au 19 avril, pour se diriger vers le parc des Virunga. \u00c0 en croire certaines sources locales du Nord-Kivu, les troupes rwandaises auraient franchi la fronti\u00e8re depuis le 19 avril. La premi\u00e8re colonne [de RDF] serait entr\u00e9e par le village de Hehu pr\u00e8s de Kibumba, la nuit du 18 au 19 avril. La nuit du 20 au 21 avril, une autre colonne a travers\u00e9 la fronti\u00e8re au niveau de Kitotoma dans le groupement Buhumba. Cette nuit-l\u00e0, une autre colonne a travers\u00e9 la fronti\u00e8re par Kabuye.\u00a0 Ces t\u00e9moignages concordants n\u2019ont pas pu \u00eatre confirm\u00e9s officiellement. Seule certitude, cette incursion n\u2019est pas la premi\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab<em>Nous nous interrogeons si la pr\u00e9sence de l\u2019arm\u00e9e rwandaise sur le sol congolais ne constitue pas une diversion pour permettre \u00e0 une <\/em><em>nouvelle r\u00e9bellion appel\u00e9e Mouvement Chr\u00e9tien pour la Reconstruction du Congo <\/em><em>(MCRC) de nous infiltrer<\/em>\u00bb, a estim\u00e9 Julien Paluku, gouverneur du Nord Kivu. Les autorit\u00e9s congolaises ont annonc\u00e9 avoir saisi le M\u00e9canisme \u00e9tendu de v\u00e9rification conjointe (EJVM), organisme international charg\u00e9 de surveiller la fronti\u00e8re, pour qu&rsquo;il enqu\u00eate sur la situation. Les incidents frontaliers sont fr\u00e9quents entre le Rwanda et la RDC: il n&rsquo;est pas rare que des patrouilles des deux arm\u00e9es se rencontrent, sans forc\u00e9ment s&rsquo;affronter, autour de cette fronti\u00e8re born\u00e9e \u00e0 la suite d&rsquo;un accord entre la Belgique et l&rsquo;Allemagne en 1910 et aujourd&rsquo;hui plut\u00f4t mal d\u00e9limit\u00e9e. Les relations entre le Congo et son petit voisin sont tendues. La RDC a \u00e9t\u00e9 envahie par les troupes rwandaises pendant les deux guerres du Congo (1996-1997 et 1998-2003) et, jusqu&rsquo;\u00e0 la chute du M23, Kigali a soutenu plusieurs milices \u00e0 dominante tutsi qui se sont succ\u00e9d\u00e9 au Nord-Kivu.<a href=\"#_ftn22\" name=\"_ftnref22\">[22]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<h2 style=\"text-align: justify;\">b. La d\u00e9limitation des fronti\u00e8res entre la RDC et le Rwanda<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le 29 avril<\/em>, Rachidi Tumbula, un des experts de la commission technique mixte de d\u00e9limitation des fronti\u00e8res entre la RDC et le Rwanda, a annonc\u00e9 la fin des travaux d\u2019implantation de toutes les vingt-deux bornes pour le 30 avril. Il a \u00e9galement annonc\u00e9 le d\u00e9but, pour bient\u00f4t, des travaux de construction des bornes \u00e0 la zone neutre entre la RDC et le Rwanda. Ce travail de la d\u00e9limitation des fronti\u00e8res entre la RDC et le Rwanda se fait \u00e0 l\u2019aide de l\u2019appareil GPS (Global Positioning System) qui permet \u00e0 ces experts de rep\u00e9rer et d\u2019identifier les 22 anciennes bornes, plant\u00e9es par les colonisateurs en 1911.<a href=\"#_ftn23\" name=\"_ftnref23\">[23]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le 2 mai<\/em>, les experts rwandais et congolais ont fini de localiser sur le terrain l\u2019emplacement des 22 bornes qui d\u00e9marquent la fronti\u00e8re telle que d\u00e9finie en 1911 par les colonisateurs belges et allemands. Prochaine \u00e9tape d\u00e9sormais: reconstruire ces 22 bornes qui s\u00e9parent le Rwanda de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo sur un trac\u00e9 d\u2019une trentaine de Km, allant de la ville de Goma jusqu\u2019au mont Ehu. Aucune perte de territoire pour l\u2019un ou l\u2019autre pays, insistent les experts, mais des ajustements. A l&#8217;emplacement de la deuxi\u00e8me borne, par exemple, une maison rwandaise. Mais \u00e0 la borne 3, 4, 5 et 6, ce sont des Congolais qui ont construit leur domicile et empi\u00e8tent sur la fronti\u00e8re. Or l\u2019id\u00e9e est de recr\u00e9er une zone neutre de 12 m\u00e8tres entre les deux pays. Faut-il d\u00e9truire ou d\u00e9placer ces maisons ? Ces ajustements vont \u00eatre adopt\u00e9s dans les prochains jours. Une fois les ajustements adopt\u00e9s, restera ensuite \u00e0 reconstruire l\u2019ensemble des 22 bornes. Mais le plus dur reste \u00e0 faire: d\u00e9limiter la fronti\u00e8re liquide, celle qui traverse le lac Kivu, riche de ressources notamment gazi\u00e8res. Et pour cela, aucun calendrier n&rsquo;est pr\u00e9vu.<a href=\"#_ftn24\" name=\"_ftnref24\">[24]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<h2 style=\"text-align: justify;\">c. L\u2019op\u00e9ration d\u2019enregistrement biom\u00e9trique des r\u00e9fugi\u00e9s rwandais<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le 11 avril<\/em>, \u00e0 Lubumbashi (Katanga), le gouvernement congolais a lanc\u00e9 l\u2019op\u00e9ration de sensibilisation et <strong>enregistrement biom\u00e9trique des r\u00e9fugi\u00e9s rwandais<\/strong>. Men\u00e9e par le Haut-commissariat pour les r\u00e9fugi\u00e9s (HCR), cette op\u00e9ration d\u2019enregistrement cible plus de 245.000 r\u00e9fugi\u00e9s rwandais vivant en RDC dont 80% au Nord-Kivu. Selon cette agence des Nations unies, les r\u00e9fugi\u00e9s concern\u00e9s par cette op\u00e9ration sont ceux qui avaient fui le Rwanda \u00e0 partir de 1994. Le vice-Premier ministre et ministre de l\u2019Int\u00e9rieur, Evariste Boshab, a affirm\u00e9 que \u00ab<em>cette op\u00e9ration a pour but de connaitre le nombre de r\u00e9fugi\u00e9s rwandais vivant en RDC et de recueillir les choix de retour des int\u00e9ress\u00e9s, de les munir des documents qui puissent \u00e9viter les cas des retours clandestins en RDC et pr\u00e9venir de situation d\u2019apatride dans la r\u00e9gion des Grands-lacs<\/em>\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette op\u00e9ration d\u2019enregistrement durera un mois. Une autre avait \u00e9t\u00e9 men\u00e9e, entre septembre 2013 et janvier 2014, par la Commission nationale pour les refugi\u00e9s (CNR) avec l\u2019appui du Haut-commissariat de Nations unis pour les r\u00e9fugies (HCR), dans d\u2019autres territoires du Katanga \u00e0 savoir: Kalemie, Kabalo, Nyunzu, Manono et Kongolo.<a href=\"#_ftn25\" name=\"_ftnref25\">[25]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le 7 mai<\/em>, la Commission nationale pour les r\u00e9fugi\u00e9s (CNR) au Sud-Kivu a annonc\u00e9 une op\u00e9ration d\u2019enregistrement, dans les jours \u00e0 venir, des r\u00e9fugi\u00e9s rwandais vivant dans les territoires de Fizi et Uvira (Sud-Kivu). Cette op\u00e9ration d\u2019enregistrement biom\u00e9trique va concerner des r\u00e9fugi\u00e9s arriv\u00e9s en RDC entre 1994 et 1998 et sera men\u00e9e par les agents de la CNR accompagn\u00e9s par ceux du HCR.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le responsable de la CNR au Sud-Kivu, Gratien Mupenda, a pr\u00e9cis\u00e9 en quoi consiste cette op\u00e9ration: \u00ab<em>Le r\u00e9fugi\u00e9 va donner son empreinte digitale, d\u00e9cliner toute son identit\u00e9 et va au finish obtenir l\u2019attestation des r\u00e9fugi\u00e9s<\/em>\u00bb. Cette op\u00e9ration sera men\u00e9e dans la ville de Bukavu et \u00e0 travers les territoires du sud-Kivu voire au Maniema.<a href=\"#_ftn26\" name=\"_ftnref26\">[26]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<h1 style=\"text-align: justify;\">3. RESSOURCES NATURELLES<\/h1>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<h2 style=\"text-align: justify;\">a. Le rapport du Programme de l\u2019Environnement de l\u2019ONU (PNUE)<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Le gouvernement congolais a valid\u00e9 et qualifi\u00e9 comme \u00abverts\u00bb 7 sites miniers de Walikale et six autres de Lubero, au Nord-Kivu. Les territoires de Walikale et Lubero rejoignent ainsi Masisi dont 17 sites miniers artisanaux ont \u00e9t\u00e9 valid\u00e9s et qualifi\u00e9s au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 2014. Ce qui porte d\u00e9sormais \u00e0 30 le nombre de sites de cassit\u00e9rite, wolframite et coltan qualifi\u00e9s et valid\u00e9s au Nord-Kivu. Le ministre provincial des Mines du Nord-Kivu, Jean Ruyange, pr\u00e9cise cependant que dans ces trois territoires, il reste encore plusieurs sites artisanaux \u00ab\u00a0class\u00e9s rouges\u00a0\u00bb. Ils sont situ\u00e9s dans des zones encore en proie \u00e0 des conflits arm\u00e9s. Par ailleurs, le site de cassit\u00e9rite de Bisi\u00e9 \u00e0 Walikale, d\u00e9j\u00e0 d\u00e9clar\u00e9 par le gouvernement \u00ab\u00a0site \u00e0 exploitation industrielle\u00a0\u00bb, ainsi que celui de niobium de Lweshe \u00e0 Rutshuru, g\u00e9r\u00e9 industriellement par Somikivu, ne sont pas concern\u00e9s par cette qualification qui vise uniquement les sites \u00e0 exploitation artisanale. Le d\u00e9put\u00e9 Juv\u00e9nal Munubo s\u2019est r\u00e9joui de la validation de ces sites miniers de Walikale, estimant qu\u2019elle contribuerait \u00e0 relancer les activit\u00e9s \u00e9conomiques. \u00ab<em>Les minerais de Walikale n\u2019\u00e9taient pas accept\u00e9s sur le march\u00e9, parce que c\u2019\u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme des minerais en lien avec des conflits arm\u00e9s<\/em>\u00bb, a-t-il rappel\u00e9.<a href=\"#_ftn27\" name=\"_ftnref27\">[27]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le 17 avril<\/em>, <strong>le <\/strong><strong>Programme de l\u2019Environnement de l\u2019ONU (PNUE)<\/strong>, bas\u00e9 \u00e0 Nairobi, a publi\u00e9 un rapport o\u00f9 il affirme que les milliards de dollars tir\u00e9s des trafics d&rsquo;ivoire, d&rsquo;or et de bois, financent des dizaines de groupes arm\u00e9s dans l&rsquo;est de la RDCongo et y alimentent des conflits chroniques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Selon ce rapport, \u00ab\u00a0des groupes criminels internationaux militaris\u00e9s sont impliqu\u00e9s dans des trafics \u00e0 grande \u00e9chelle\u00a0\u00bb de \u00ab\u00a0minerais, d&rsquo;or, de bois, de charbon et d&rsquo;ivoire\u00a0\u00bb, rapportant jusqu&rsquo;\u00e0 1,3 milliard de dollars chaque ann\u00e9e. Ces b\u00e9n\u00e9fices financent &#8211; selon les diverses estimations &#8211; entre 25 et 49 groupes arm\u00e9s congolais et \u00ab\u00a0alimentent de fa\u00e7on croissante les conflits\u00a0\u00bb dans cette r\u00e9gion o\u00f9 des r\u00e9bellions s\u00e8ment la terreur et le chaos depuis 20 ans parmi les populations locales, poursuit le Pnue. Le trafic d&rsquo;or constitue le plus gros de ces recettes ill\u00e9gales, rapportant jusqu&rsquo;\u00e0 120 millions de dollars annuels. Le contr\u00f4le des zones les plus riches en minerais (or, \u00e9tain, coltan\u2026) est un des enjeux alimentant l\u2019instabilit\u00e9 chronique entretenue par diverses milices dans l\u2019Est du Congo &#8211; en Province-Orientale, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu et au Katanga &#8211; r\u00e9gions dont de vastes parts \u00e9chappent \u00e0 l&rsquo;autorit\u00e9 de Kinshasa.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Ces fonds capt\u00e9s par des gangs criminels (&#8230;) auraient pu \u00eatre utilis\u00e9s pour b\u00e2tir des \u00e9coles, des routes, des h\u00f4pitaux et pour payer des professeurs et des m\u00e9decins\u00a0\u00bb, a soulign\u00e9 Martin Kobler, le chef de la Mission de l&rsquo;ONU en RDC (Monusco).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Selon le Pnue, seuls 2% &#8211; soit 13 millions de dollars &#8211; des gains nets des trafics reviennent aux groupes arm\u00e9s, suffisamment n\u00e9anmoins pour assurer \u00ab\u00a0l&rsquo;intendance de base de quelque 8.000 combattants\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0permettre \u00e0 des groupes d\u00e9faits ou d\u00e9sarm\u00e9s de refaire surface et de d\u00e9stabiliser la r\u00e9gion\u00a0\u00bb. Le reste de l&rsquo;argent g\u00e9n\u00e9r\u00e9 va dans les poches de \u00ab\u00a0r\u00e9seaux criminels transfrontaliers, op\u00e9rant en et hors de RDC\u00a0\u00bb, notamment dans les pays voisins (Ouganda, Rwanda, Burundi et Tanzanie) et leur permet d&rsquo;entretenir leur strat\u00e9gie de \u00ab\u00a0diviser pour r\u00e9gner\u00a0\u00bb et de faire en sorte qu&rsquo;aucun groupe arm\u00e9 ne puisse r\u00e9ellement dominer et s&#8217;emparer du trafic, selon le rapport.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Pnue d\u00e9nonce \u00e9galement des tentatives de faire d\u00e9classifier le parc des Virunga, afin que son bois et son p\u00e9trole puissent \u00eatre exploit\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ibrahim Thiaw, directeur ex\u00e9cutif adjoint du Pnue, a affirm\u00e9 que \u00ab<em>la RDCongo est un pays tr\u00e8s riche en ressources naturelles, mais l\u2019on a constat\u00e9 que les Etats fragiles et riches en ressources naturelles ont cr\u00fb deux \u00e0 trois fois moins vite que les pays les plus pauvres en ressources naturelles. Par cons\u00e9quent, c\u2019est comme si la richesse en ressources naturelles est devenue, en quelque sorte, un malheur<\/em>\u00bb, en pr\u00e9cisant que, \u00abau niveau international, on a constat\u00e9 qu\u2019au cours des 50 derni\u00e8res ann\u00e9es, 40 % des conflits sont li\u00e9s \u00e0 l\u2019acc\u00e8s aux ressources naturelles\u00bb. Selon lui, pour mettre fin durablement au conflit, \u00ab<em>il faut int\u00e9grer la probl\u00e9matique des ressources naturelles dans les efforts de paix<\/em>\u00bb.<a href=\"#_ftn28\" name=\"_ftnref28\">[28]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<h2 style=\"text-align: justify;\">b. Le rapport de Amnesty International et Global Witness<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le 22 avril<\/em>, l&rsquo;organisation de d\u00e9fense des droits de l&rsquo;homme <strong>Amnesty International<\/strong> et l\u2019ONG de lutte contre le pillage des ressources naturelles des pays pauvres, <strong>Global Witness<\/strong>, ont publi\u00e9 un rapport selon lequel pr\u00e8s de 80 % des soci\u00e9t\u00e9s cot\u00e9es en bourse aux \u00c9tats-Unis ne v\u00e9rifient pas correctement si leurs produits contiennent des minerais provenant de zones de conflit en Afrique centrale et ne donnent pas d&rsquo;informations suffisantes \u00e0 ce sujet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce rapport, intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Une mine de transparence?\u00a0\u00bb, analyse 100 rapports \u00e9tablis par des entreprises telles que Apple, Boeing et Tiffany &amp; Co au titre de l&rsquo;article 1502 de la loi Dodd-Frank, ou loi relative aux minerais provenant de zones de conflit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;article 1502 de la loi Dodd-Frank vise \u00e0 r\u00e9duire le risque que les achats de minerais d&rsquo;Afrique centrale ne contribuent \u00e0 alimenter des conflits ou des atteintes aux droits humains.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En vertu de l&rsquo;article 1502 de la loi Dodd-Frank, toutes les entreprises cot\u00e9es en bourse aux \u00c9tats-Unis vis\u00e9es par la loi ont l&rsquo;obligation de d\u00e9terminer si leurs produits qui contiennent certains minerais \u2013 l&rsquo;\u00e9tain, le tungst\u00e8ne, le tantale et l&rsquo;or \u2013 contribuent \u00e0 alimenter le conflit ou des atteintes aux droits humains en RDC et dans les pays limitrophes, puis de rendre compte de leurs conclusions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC) est un lieu important d&rsquo;approvisionnement en minerais \u2013 notamment l&rsquo;or, l&rsquo;\u00e9tain, le tungst\u00e8ne et le tantale \u2013 pour les entreprises du monde entier. Ces minerais sont indispensables \u00e0 la fabrication d&rsquo;appareils \u00e9lectroniques, tels que les smartphones et les ordinateurs portables. Depuis plus de 15 ans, les groupes arm\u00e9s de RDC ont jet\u00e9 leur d\u00e9volu sur le secteur minier pour financer leurs op\u00e9rations, avec des cons\u00e9quences d\u00e9vastatrices, notamment de graves atteintes aux droits humains.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 2014, en vertu de la loi Dodd-Frank, plus d&rsquo;un millier (1.321) d&rsquo;entreprises cot\u00e9es en bourse aux \u00c9tats Unis susceptibles de s&rsquo;approvisionner en minerais provenant d&rsquo;Afrique centrale ont remis un rapport \u00e0 la Securities and Exchange Commission (SEC), l&rsquo;autorit\u00e9 am\u00e9ricaine de contr\u00f4le des march\u00e9s. C&rsquo;\u00e9tait la premi\u00e8re ann\u00e9e qu&rsquo;elles avaient l&rsquo;obligation l\u00e9gale de produire un tel rapport. La deuxi\u00e8me s\u00e9rie de rapports est attendue pour d\u00e9but juin 2015.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les principales conclusions du rapport sont les suivantes:<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li>Parmi les entreprises dont les rapports ont \u00e9t\u00e9 analys\u00e9s, 79 % ne remplissent pas les obligations minimales de la loi am\u00e9ricaine relative aux minerais provenant de zones de conflit.<\/li>\n<li>La plupart des entreprises de cet \u00e9chantillon ne prennent pas de mesures suffisantes pour \u00e9tablir clairement la cha\u00eene d&rsquo;approvisionnement des minerais qu&rsquo;elles ach\u00e8tent. Seules 16 % ne se sont pas content\u00e9es de d\u00e9marches aupr\u00e8s de leurs fournisseurs directs et ont pris contact, ou tent\u00e9 de prendre contact, avec les fonderies ou les affineries qui transforment les minerais qu&rsquo;elles utilisent.<\/li>\n<li>Plus de la moiti\u00e9 des entreprises examin\u00e9es ne signalent m\u00eame pas aux cadres sup\u00e9rieurs de la soci\u00e9t\u00e9 les risques qu&rsquo;elles identifient dans leur cha\u00eene d&rsquo;approvisionnement.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;analyse de Global Witness et d&rsquo;Amnesty International montre \u00e9galement qu&rsquo;une entreprise de l&rsquo;\u00e9chantillon sur cinq a bien respect\u00e9 les obligations de la loi, ce qui \u00e9carte l&rsquo;argument selon lequel la mise en \u0153uvre de ce texte est trop compliqu\u00e9e et trop co\u00fbteuse. Les entreprises n&rsquo;ont aucune excuse pour ne pas enqu\u00eater correctement sur leurs cha\u00eenes d&rsquo;approvisionnement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab<em>La loi relative aux minerais provenant de zones de conflit est une bonne occasion d&rsquo;assainir les cha\u00eenes d\u2019approvisionnement mondiales en minerais. Toutefois, nos recherches montrent que la plupart des entreprises semblent pr\u00e9f\u00e9rer poursuivre leurs affaires comme si de rien n\u2019\u00e9tait, plut\u00f4t que de se pr\u00e9occuper du risque que leurs achats de minerais financent des groupes arm\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tranger<\/em>\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 Carly Oboth, conseill\u00e8re strat\u00e9gique \u00e0 Global Witness.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab<em>Les consommateurs veulent savoir ce qui se cache derri\u00e8re les logos. Les entreprises sont soumises \u00e0 une forte pression: elles doivent montrer qu&rsquo;elles font tout leur possible pour garantir qu&rsquo;aucune histoire terrible de conflit ou d&rsquo;atteintes aux droits humains ne se cache derri\u00e8re les produits qu&rsquo;elles mettent en rayon<\/em>\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 James Lynch, responsable de l&rsquo;\u00e9quipe Responsabilit\u00e9 des entreprises en mati\u00e8re de droits humains \u00e0 Amnesty International. \u00ab<em>Les entreprises qui font toute la lumi\u00e8re sur leurs cha\u00eenes d&rsquo;approvisionnement contribuent \u00e0 emp\u00eacher un commerce n\u00e9faste des minerais qui alimente un conflit d\u00e9vastateur pour l&rsquo;Afrique centrale<\/em>\u00bb, poursuit-il.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 18 mai 2015, le Parlement europ\u00e9en va voter une loi europ\u00e9enne sur les minerais provenant de zones de conflit. Le texte final de cette loi doit comprendre une obligation de vigilance pour toutes les entreprises qui commercialisent de l&rsquo;\u00e9tain, du tungst\u00e8ne, du tantale et de l&rsquo;or ou des produits contenant ces minerais sur le march\u00e9 europ\u00e9en et qu\u2019elles soient oblig\u00e9es de rendre compte de leurs activit\u00e9s.\u00a0Pour le moment, le texte propos\u00e9 est faible. Seulement 19 entreprises (fonderies et raffineurs) seraient concern\u00e9es par une obligation de sourcer leurs minerais. Les autres entreprises &#8211; fabricants, commer\u00e7ants et entreprises qui importent des produits contenant ces minerais \u2013 rel\u00e8veraient d\u2019un m\u00e9canisme d&rsquo;auto-certification volontaire. A l\u2019occasion du vote en pl\u00e9ni\u00e8re au Parlement europ\u00e9en entre le 18 et le 21 mai prochain, les eurod\u00e9put\u00e9s auront l\u2019opportunit\u00e9 unique de renforcer ce texte et de voter en faveur d\u2019un r\u00e8glement qui pourrait obliger toutes les entreprises qui mettent ces minerais sur le march\u00e9 europ\u00e9en (sous quelque forme que ce soit) \u00e0 s\u2019approvisionner en min\u00e9raux de mani\u00e8re responsable et transparente.<a href=\"#_ftn29\" name=\"_ftnref29\">[29]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Cf Radio Okapi, 16.04.\u201915; AFP \u2013 Jeune Afrique, 16.04.\u201915<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Cf Radio Okapi, 19.04.\u201915<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Cf Radio Okapi, 24.04.\u201915<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Cf Radio Okapi, 28.04.\u201915<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Cf Radio Okapi, 30.04.\u201915<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> Cf AFP \u2013 Africatime, 30.04.\u201915<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> Cf Radio Okapi, 05.05.\u201915<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> Cf Radio Okapi, 05.05.\u201915<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> Cf RFI, 06.05.\u201915<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> Cf RFI, 09.05.\u201915<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a> Cf Radio Okapi, 09.05.15<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a> Cf Radio Okapi, 12.05.\u201915<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a> Cf Radio Okapi, 14.05.\u201915<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref14\" name=\"_ftn14\">[14]<\/a> Cf Radio Okapi, 09.04.\u201915<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref15\" name=\"_ftn15\">[15]<\/a> Cf Angelo Mobateli \u2013 Le Potentiel \u2013 Kinshasa, 09.04.\u201915<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref16\" name=\"_ftn16\">[16]<\/a> Cf Radio Okapi, 07.05.\u201915<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref17\" name=\"_ftn17\">[17]<\/a> Cf James Akena \/ Reuters &#8211; RFI, 22.04.\u201915<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref18\" name=\"_ftn18\">[18]<\/a> Cf 7sur7.cd \u2013 Goma, 24.04.\u201915<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref19\" name=\"_ftn19\">[19]<\/a> Cf AFP \u2013 Africatime, 30.04.\u201915<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref20\" name=\"_ftn20\">[20]<\/a> Cf Radio Okapi, 08.04.\u201915<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref21\" name=\"_ftn21\">[21]<\/a> Cf Radio Okapi, 29 et 30.04.\u201915<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref22\" name=\"_ftn22\">[22]<\/a> Cf RFI, 23.04.\u201915; Jeune Afrique, 23.04.\u201915<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref23\" name=\"_ftn23\">[23]<\/a> Cf Radio Okapi, 30.04.\u201915<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref24\" name=\"_ftn24\">[24]<\/a> Cf RFI, 03.05.\u201915<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref25\" name=\"_ftn25\">[25]<\/a> Cf Radio Okapi, 12.04.\u201915<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref26\" name=\"_ftn26\">[26]<\/a> Cf Radio Okapi, 07.05.\u201915<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref27\" name=\"_ftn27\">[27]<\/a> Cf Radio Okapi, 08.04.\u201915<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref28\" name=\"_ftn28\">[28]<\/a> Cf RFI, 20.04.\u201915; AFP &#8211; TV5, 17.04.\u201915: <a href=\"http:\/\/information.tv5monde.com\/en-continu\/rdc-les-trafics-de-ressources-naturelles-alimentent-les-conflits-selon-l-onu-28888\">http:\/\/information.tv5monde.com\/en-continu\/rdc-les-trafics-de-ressources-naturelles-alimentent-les-conflits-selon-l-onu-28888<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref29\" name=\"_ftn29\">[29]<\/a> Cf <a href=\"http:\/\/www.amnesty.fr\/Nos-campagnes\/Entreprises-et-droits-humains\/Actualites\/Minerais-en-provenance-de-zones-de-conflits-ces-entreprises-americaines-qui-refusent-la-transparence-14976\">http:\/\/www.amnesty.fr\/Nos-campagnes\/Entreprises-et-droits-humains\/Actualites\/Minerais-en-provenance-de-zones-de-conflits-ces-entreprises-americaines-qui-refusent-la-transparence-14976<\/a> ;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/www.globalwitness.org\/campaigns\/democratic-republic-congo\/digging-transparency\/\">https:\/\/www.globalwitness.org\/campaigns\/democratic-republic-congo\/digging-transparency\/<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>SOMMAIRE \u00c9DITORIAL: STOP AUX MASSACRES DANS LE TERRITOIRE DE BENI LES GROUPES ARM\u00c9S Les Forces D\u00e9mocratiques Alli\u00e9es (ADF) Les Forces D\u00e9mocratiques pour la Lib\u00e9ration du Rwanda (FDLR) Le Mouvement du 23 mars (M23) L\u2019ins\u00e9curit\u00e9 \u00e0 Rutchuru LES R\u00c9LATIONS ENTRE LA RDCONGO ET LE RWANDA Une incursion de militaires rwandais en RDC La d\u00e9limitation des fronti\u00e8res &hellip; 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