Nord-Kivu: les groupes armés scellent des nouvelles alliances entre eux

Radio Okapi – 8 mai 2012

Trois alliances on été conclues ces deux dernières semaines entre les différents groupes armés dans les territoires de Walikale, Lubero et Masisi, annoncent des sources locales. Le président de la société civile du Nord-Kivu, Thomas d’Aquin Mwiti Mustafa, a estimé, lundi 7 mai, que «cette situation peut facilement trouver solution si les FARDC devenaient une armée véritablement républicaine».

Une alliance a été conclue par le groupe Maï-Maï Lafontaine et un groupe de déserteurs des FARDC conduit par le colonel Kahasha dans le territoire de Lubero, selon la société civile.

Cette coalition, appelée «Union des patriotes congolais pour la Paix» (UPCP) occupe depuis quatre jours presque toute la partie sud-est de Lubero, selon les sources coutumières locales en chefferie des Batangi. Cette alliance inquiète les populations vivant sur l’axe Kanyabayonga-Kirumba- Kaseghe.

Un autre accord lie les Maï-Maï Janvier à certains rebelles des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) qui occupent une grande partie du nord ouest du territoire de Masisi.

Les miliciens Maï-Maï commandés par Cheka se sont aussi coalisés avec les Forces de défense congolaise (FDC) pour occuper plusieurs groupements de l’ouest du territoire de Walikale.

Le président de la société civile du Nord-Kivu, Thomas d’Aquin Mwiti Mustafa, attribue cette situation au fait que le processus d’intégration des éléments issus des groupes armés dans l’armée nationale a été mal exécuté:

«Le mixage qui avait eu lieu est l’acte précurseur de tout ce que nous sommes en train de vivre aujourd’hui. Les [éléments] CNDP [Congrès national pour la défense du peuple] continuaient à se considérer comme CNDP tout en étant dans les FARDC. Je pense que si on met fin à cette 5ème mutinerie, Kahasha, Lafontaine, Janvier,… vont revenir. »

D’autres membres de la société civile pensent qu’en pareille situation, le gouvernement congolais devrait privilégier le dialogue pour sortir la province de cette énième crise militaire.

Dimanche 29 avril, les FARDC se sont affrontés à certains mutins proches du général Bosco Ntaganda au Nord-Kivu. Ces derniers ont réussi à occuper quelques localités de Masisi et Walikale, avant d’y être délogés par l’armée régulière. Ces combats ont fait des milliers des déplacés, selon bureau conjoint des Nations unies pour l’action humanitaire.

Sud-Kivu : les habitants de Kikamba regagnent leur village après 4 jours dans la forêt

Radio Okapi – 8 mai 2012

Les habitants de Kikamba (Sud-Kivu) ont regagné leur village ce lundi 7 mai dans la matinée. Ils s’étaient réfugiés dans une forêt voisine après la panique créée le jeudi denier par des coups de feu tirés en l’air pour disperser des miliciens Raïa Mutomboki qui avaient démoli un cachot où était détenu un des leurs.

Le milicien incarcéré avait été appréhendé par la police lorsqu’il se promenait dans le village Kikamba avec une arme à feu. Ses camarades venus le libérer jeudi se sont heurtés au refus des policiers qui assuraient la sécurité du cachot. Finalement, les miliciens ont cassé le cachot et ont libéré leur camarade.

Paniqués par des coups de feu tirés par le commandant local de la police pour disperser les miliciens, les habitants de Kikamba s’étaient réfugiés dans une forêt voisine.

Raïa Mutomboki est un groupe armé qui prétend protéger des villages congolais contre les attaques des rebelles rwandais des FDLR.

Jeudi 12 avril, ce groupe armé a signé un accord de principe avec les FARDC pour la pacification du territoire de Shabunda. Selon les termes de l’accord, les Raïa Mutomboki s’engageaient à déposer les armes et à regagner la vie civile à condition que leur sécurité soit assurée.

Et maintenant, que faire?

Congo Actualité n. 146 – Editorial par la Réseau « Paix pour le Congo »

 

La réalité actuelle.

L’Assemblée Nationale des Députés a élu son Bureau définitif et Président de la République a nommé un nouveau Premier Ministre chargé de former le nouveau gouvernement.

Tout se déroule comme si les élections du 28 novembre avaient été «libres, démocratiques, transparentes et équitables ». Même la plus part des membres de l’opposition n’osent plus contester les résultats électoraux qui ont été publiés et ont accepté de faire partie des engrenages du système, afin de «mener leur lutte au sein des nouvelles institutions, au nom de la population qui les a élus ».

L’aile la plus radicale de l’opposition, par contre, persiste dans la proclama

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Congo Actualité n. 146

SOMMAIRE

ÉDITORIAL: Et maintenant, que faire?

1. POLITIQUE INTERNE

a. L’Assemblée Nationale a élu son Bureau définitif

b. Matata Ponyo, nommé nouveau Premier ministre

c. L’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS)

2. DEUX ATÉLIERS D’ÉVALUATION DE LA PREMIERE PHASE DU PROCESSUS ELECTORAL

a. LA Commission Electorale Nationale Independante (CENI)

b. AETA (Agir pour des élections transparentes et apaisées)

3. LA SOCIETE CIVILE S’INQUIETE DE L’ETAT SECURITAIRE

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Kivu : Le prix de la Paix

Congo Actualité n. 145 – Editorial par la Réseau « Paix pour le Congo »

 

Au début d’avril, dans les deux provinces du Kivu, plusieurs centaines de militaires ont déserté les rangs de l’armée. Il s’agit de militaires issus du Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP), intégrés dans l’armée nationale en 2009 mais toujours sous le commandement du général Bosco Ntaganda, qui est également du CNDP, un mouvement politico-militaire fomenté et soutenu par le régime rwandais et maintenant mué en un parti politique, membre de la Majorité Présidentielle (MP).

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Congo Actualité n. 145

SOMMAIRE

EDITORIAL

1. KIVU

a. Défections des troupes issues du CNDP au sein des FARDC

b. Les déclarations qui ont suivi

c. Les redditions des déserteurs

d. Joseph Kabila annonce son intention d’arrêter Bosco Ntaganda

e. Bosco Ntaganda: le maillon entre Joseph Kabila et Paul Kagame

f. Le Kivu: occupé et sans paix

g. Deux bonnes nouvelles… on l’espère!

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FARDC : 128 militaires déserteurs sont rentrés dans le rang à Uvira

Radio Okapi – 9 avril 2012

 

Cent vingt-huit militaires révoltés des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) auraient regagné l’armée depuis le dimanche 8 avril à Uvira (Sud-Kivu). Des sources proches des FARDC citent des officiers militaires qui ont à nouveau accepté de se soumettre notamment, le colonel Bernard Byamungu avec trente-six militaires, le colonel Sadam avec onze hommes et le colonel Nsabimana avec soixante-neuf soldats et le lieutenant colonel Zaïrois avec douze militaires.

Ils auraient été directement désarmés après leur reddition, ont indiqué ces sources.

Selon elles, les opérations de ratissage commencées depuis mercredi 4 avril se poursuivent encore dans les hauts plateaux d’Uvira où s’étaient dirigés ces mutins dans leur fuite.

Pendant ce temps à Rutshuru (Nord-Kivu), le commandant du 805e régiment des FARDC du camp de Nyongera, le colonel Innocent Kayina, a fait défection dans la nuit de samedi 7 avril avec soixante-dix hommes.

Dans la nuit de dimanche 1er à lundi 2 avril, des militaires de l’ex-rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) avaient quitté leur position à Rubare, au Sud vers la localité de Katale. Ils répondaient, selon des sources, au mot d’ordre venu de Masisi où des militaires proches du général Bosco Ntaganda avaient aussi déserté leurs positions pour se retirer vers Kitshanga.

Dans un communiqué publié vendredi 6 avril, le commandant des opérations des FARDC à Goma, avait appelé « tous les militaires sous son commandement à la discipline et au loyalisme ».

Nord-Kivu : attaque de l’Etat-major de la police de Butembo, 3 morts et 3 blessés

Radio Okapi – 9 avril 2012

 

Deux policiers et un militaire ont été tués et trois autres grièvement blessés dans la nuit de dimanche 8 à lundi 9 avril lors d’une attaque de l’Etat-major de la Police nationale congolaise (PNC) à Butembo au Nord-Kivu par des hommes armés non encore identifiés.

Le maire de Butembo, Théodore Sikuli Uvasaka, déplore ces morts et rappelle que la ville a enregistré quatre autres cas d’attaque en moins de 24 heures.

Il rappelle que dans la nuit de samedi 7 avril, le gardien de l’union sportive Socozaki, un club de football de cette ville, a été abattu par des hommes armés.

Théodore Sikuli Uvasaka affirme que le calme est revenu dans la ville et que les activités ont normalement repris.

Il en appelle toutefois à la vigilance de tous et à « une franche collaboration » entre les forces de l’ordre et la population pour combattre la criminalité.

Lors de la célébration de la messe pascale à la cathédrale Mater Ecclesiae, Mgr Melchisedeck Sikuli a stigmatisé la persistance de l’insécurité dans le secteur de Butembo-Beni. Il a appelé les autorités à fournir plus d’efforts dans la sécurisation des populations.

Kinshasa: la coalition de la société civile plaide pour son intégration au bureau de la Ceni

Radio Okapi – 10 avril 2012

 

La coalition de la société civile de la RDC se mobilise pour la restructuration du bureau de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) et sa représentation dans ce bureau.

Elle a livré sa position, lundi 9 avril, au cours d’un point de presse tenu à Kinshasa.

Dans une pétition initiée depuis le 18 mars dernier, cette organisation a déjà collecté neuf mille signatures pour obtenir la démission des membres du bureau de la Ceni.

«Nous estimons qu’il y a eu beaucoup de failles. Nous sommes entrain de nous mobiliser pour l’intégration de la société civile. Nous exigeons d’abord la démission de ce bureau et qu’il se mette à la disposition de la justice pour avoir fait un travail moins intéressant. C’est la raison de la mise en place de la coalition», a déclaré le coordonnateur de cette coalition, Jonas Tshombela.

En outre, la coalition de la société civile a invité l’Assemblée nationale à activer les mécanismes de l’audit externe de la Ceni et la révision de sa loi organique.

Assemblée nationale, report inexpliqué

Radio Okapi – 10 avril 2012

 L’actualité est encore dominée ce mardi matin par l’élection du bureau  définitif de l’Assemblée nationale. L’Observateur signale que cette élection n’aura plus lieu ce mardi 10 avril comme initialement annoncé. Elle est reportée au jeudi 12 avril. Pourquoi a-t-on reporté cette élection tant attendue, s’interroge le confrère. Et de répondre : « Il n’ya pas une explication valable » tout en soulignant que le calendrier élaboré librement par les députés eux-mêmes est devenu subitement difficile à respecter.

Le moins que l’on puisse dire est que cette élection révèle au grand jour les divergences au sein de la majorité et de l’opposition. Avant ce jeudi 12 avril, les députés de deux camps pourraient peut-être s’accorder sur les personnalités à placer aux postes disponibles, croit savoir le journal.

A ce sujet, Forum des As relève que des réserves sont émises sur certains représentants du Palu d’Antoine Gizenga à des postes au bureau définitif de l’Assemblée. Selon ce quotidien, le choix porté sur Justin Kiluba pose problème. Pour beaucoup d’observateurs, certains inconditionnels d’Antoine Gizenga ne voient pas comment le parti pouvait proposer à un si grand poste un membre si peu connu de la base traditionnelle du parti. « La preuve, c’est que Justin Kiluba ne compte pas parmi les grandes figures du Palu », souligne Forum des As.

Toujours en rapport avec l’élection du bureau définitif de l’Assemblée Nationale, La Prospérité revient sur l’interrogation du journal Le soft du 2 mars : « Mystère sur le perchoir et la primature. Qui enlèvera le maroquin ? »

Cette interrogation du Soft International, est en passe de trouver une partie de sa réponse, avec le choix porté par la MP sur l’élu d’Idiofa, Aubin Minaku pour le perchoir de la Chambre basse du Parlement. Le Soft avait vu juste, souligne la Prospérité, lorsqu’il conseillait de ‘‘ne pas rêver’’.  Le contraire aurait étonné, estime l’analyste, tout en réaffirmant que le Raïs ne pouvait se passer de ceux qui ont mouillé leur chemise pour sa réélection, au point de se faire houspiller et/ou tourner en dérision.

Le Potentiel : « Défection des troupes des FARDC à l’Est, nouvelle tournure de la balkanisation »

L’annonce d’un imminent transfert de Bosco Ntaganda à La Haye est à la base du regain des tensions dans l’Est de la République, constate le Potentiel. Mais en réalité, tous les éléments du puzzle se mettent en place, l’un après l’autre, pour une déflagration à large échelle, estime le confrère. Plus la paix s’éloigne dans l’Est, plus le projet de balkanisation prend corps sous une nouvelle tournure, pense le journal.