Congo Actualité n. 384

SOMMAIRE

ÉDITORIAL: FUMÉE BLANCHE POUR LE BUREAU DÉFINITIF DU SÉNAT
1. L’ÉLECTION DES MEMBRES DU BUREAU DÉFINITIF DU SÉNAT
a. Deux candidatures
b. Bahati Lukwebo suspendu du FCC pour une durée indéterminée
c. Les divisions au sein de l’AFDC-A
d. Bahati Lukwebo radié définitivement du FCC
e. Bahati Lukwebo annonce la mutation de l’AFDC-A à une plateforme politique autonome
f. La liste des candidats rédigée par le FCC
g. Les résultats du vote

ÉDITORIAL: FUMÉE BLANCHE POUR LE BUREAU DÉFINITIF DU SÉNAT

1. L’ÉLECTION DES MEMBRES DU BUREAU DÉFINITIF DU SÉNAT

a. Deux candidatures

Le 2 juillet, le Front Commun pour le Congo (FCC) a désigné Alexis Thambwe Mwamba, sénateur et ancien ministre de la Justice, candidat au poste de président du Sénat. Dans un communiqué, le coordonnateur de cette plateforme, Néhémie Mwilanya, a fait savoir que ce choix a été fait en accord avec la plénière de la conférence des chefs des regroupements membres du FCC.
D’autre part, l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés (AFDC-A), plate-forme membre du FCC, a investi son autorité morale, Modeste Bahati Lukwebo, comme candidat président au Sénat. Il s’agit d’une décision prise peu avant la désignation de Thambwe Mwamba à ce poste pour le compte du FCC. Toutefois, l’AFDC-A a précisé qu’elle reste attachée et fidèle à l’autorité morale du FCC, l’ancien président de la République Joseph Kabila. Il faut rappeler que, puisque le PPRD, le parti de Kabila, détient déjà la primature et la présidence de l’Assemblée nationale, Bahati Lukwebo avait fait pression plusieurs fois sur Joseph Kabila, pour le pousser à réserver la présidence du Sénat à son regroupement, l’AFDC-A qui, avec 70 députés provinciaux, 14 sénateurs et 43 députés nationaux est la deuxième force politique (après le PPRD) au sein du FCC.[1]

b. Bahati Lukwebo suspendu du FCC pour une durée indéterminée

Le 8 juillet, au cours d’une conférence des présidents des regroupements politiques membres du Front commun pour le Congo (FCC), tous les participants ont réaffirmé leur soutien à la candidature d’Alexis Thambwe Mwamba au poste de Président du Sénat. Dans un communiqué diffusé à l’issue de cette conférence, le FCC a demandé à Modeste Bahati, président du regroupement politique AFDC-A, de faire une déclaration publique soutenant, lui aussi, Alexis Thambwe Mwamba comme candidat unique du FCC au poste de Président du Sénat.[2]

Le 9 juillet, au cours d’une réunion des présidents des partis membres du Front Commun pour le Congo (FCC), tenue à Rotana Hôtel, à Kinshasa, Modeste Bahati Lukwebo a été suspendu à durée indéterminée du FCC, pour avoir maintenu sa candidature à la présidence du sénat. La décision a été annoncée par Jean-Lucien Bussa, porte-parole de ce regroupement politique dirigé par Joseph Kabila. La réunion était dirigée par Néhémie Mwilanya, coordonateur du FCC.
Jean-Lucien Busa a ainsi rendues publiques les trois conclusions de la conférence des présidents des regroupements politiques membres du FCC: «la mobilisation générale de tous les sénateurs autour de la candidature de l’honorable Alexis Thambwe Mwamba; la suspension, à durée indéterminée, de l’honorable Modeste Bahati Lukwebo, responsable du regroupement politique AFDC-A du FCC. Par conséquent, il est demandé aux cadres et élus du regroupement AFDC-A, de présenter à la coordination du FCC un nouveau leadership devant représenter leur regroupement auprès des organes du FCC».
Toutefois, Modeste Bahati Lukwebo a dit maintenir sa candidature à la présidence du Sénat, en dépit de sa suspension du FCC et du soutien affiché publiquement par certains députés de l’AFDC-A à Alexis Thambwe Mwamba, désigné candidat par Joseph Kabila au nom du FCC. Il a déclaré de prendre acte de la décision du FCC, tout en soulignant l’autonomie juridique de son regroupement politique vis-à-vis du FCC et en rappelant les raisons de sa décision: «Nous avons 44 députés nationaux, 70 députés provinciaux, 13 sénateurs, deux gouverneurs, 7 Vice-gouverneurs. Il y a aussi des présidents et vice-présidents des assemblées provinciales. C’est quand même une grande force qui ne pouvait pas être écartée au profit d’un indépendant qui n’amène que sa personne au FCC. C’est cette injustice qui nous révolte et que nous avons dénoncée. Malheureusement, nos amis n’ont pas voulu nous écouter, en préférant les règlements de compte».[3]

c. Les divisions au sein de l’AFDC-A

Le 6 juillet, dans une déclaration faite depuis Kinshasa, un groupe de 10 députés nationaux membres de l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés (ADFC-A) de Modeste Lukwebo a dit soutenir la candidature d’Alexis Thambwe Mwamba comme président du sénat. La présidente du groupe parlementaire de l’AFDC-A, Nene Nkulu, a affirmé que «l’AFDC-A avait, en son temps, exprimé ses ambitions au sein de sa famille politique le FCC, en présentant la candidature du camarade Modeste Bahati Lukwebo. Cependant, du moment que le FCC, après sélection des candidatures, a retenu celle du camarade Alexis Thambwe Mwamba, nous n’avons pas d’autres choix que de nous plier à la décision de la haute hiérarchie de notre famille politique, à savoir, le FCC. C’est pourquoi nous soutenons la candidature de l’honorable Alexis Thambwe Mwamba».
Pour sa part, Modeste Bahati Lukwebo a affirmé que, «en attendant qu’ils reviennent à la raison, nous avançons avec les autres 116 élus qui comprennent le sens de notre combat jusqu’à la conquête du perchoir du Sénat. Je maintien donc ma candidature, tel que décidé à l’unanimité de notre Regroupement AFDC-A».[4]

Le 10 juillet, dans un point de presse, les 10 députés nationaux membres de l’AFDC-A qui avaient annoncé leur appui à la candidature de Thambwe Mwama ont déclaré avoir pris acte de l’auto exclusion de Bahati du FCC pour une durée indéterminée. Ils ont en outre réitéré leur loyauté à Joseph Kabila, autorité morale du Front Commun pour le Congo, et ils ont confirmé leur soutien à la candidature d’AlexisThambwe Mwamba à la présidence du sénat.[5]

Le 10 juillet, les présidents des partis membres de l’AFDC-A se sont réunis au Meriba Hôtel de Kinshasa. Cette conférence était élargie aussi aux sénateurs et aux députés issus de ce regroupement politique. Les participants ont pris acte de la suspension de l’autorité morale de leur regroupement politique par le Front Commun pour le Congo (FCC) et, dans un communiqué final, ils ont déclaré que, «suite au communiqué suspendant son président et autorité morale de la conférence des présidents des regroupements du FCC, la conférence des présidents des partis politiques membres de l’AFDC-A signale que c’est l’AFDC-A qui est membre du FCC et non son autorité morale. De ce fait, seule cette dernière engage ses membres au sein d’autres instances». Dans le même communiqué, ils ont annoncé que l’AFDC-A a décidé de reprendre son autonomie totale vis-à-vis des institutions de la République, des associations de la société civile ainsi que d’autres regroupements et partis politiques, en précisant que l’AFDC-A «n’enverra personne au FCC».
Selon le communiqué final, l’AFDC-A constituera un groupe politique autonome et à part, indépendant vis-à-vis du FCC et de CACH. Toutefois, avec ses 136 élus (44 députés nationaux, 70 députés provinciaux, 13 sénateurs, 2 gouverneurs, 7 vice-gouverneurs), l’AFDC-A demeurera dans la majorité et va soutenir le programme de Félix Tshisekedi et de Sylvestre Ilunga Ilunkamba. Enfin, les participants ont mis en garde tous ces frondeurs qui ont décidé de soutenir la candidature d’Alexis Thambwe Mwamba, car «ils n’auront ni légitimité ni légalité» pour engager l’AFDC-A au sein du FCC.[6]

Le 11 juillet, d’après un communiqué émanant des élus et cadres de l’AFDC-A fidèles à la plateforme politique Front commun pour le Congo, le FCC a accordé aux autres membres de l’AFDC-A qui occupent des responsabilités dans les institutions du pays de clarifier leur position endéans 72 heures.[7]

Le 11 juillet, le président du Parti Travailliste, Steve Mbikayi, a affirmé que «l’Honorable Bahati doit savoir que l’AFDC-A n’est pas l’AFDC. Il ne peut pas engager l’AFDC-A comme il engage l’AFDC. Il ne peut pas engager ses Alliés sans les consulter. Les décisions qu’ils ont prises sont donc nulles et de nul effet. L’AFDC-A a été créé au sein du FCC. Beaucoup des candidats sont élus dans l’AFDC-A tout simplement parce que l’AFDC-A est un regroupement du FCC. Nous restons toujours AFDC-A. Nous restons toujours au sein du FCC». Ila aussi annoncé la mise en place d’une coordination de 5 personnes au sein de l’AFDC-A, pour donner une réponse à la demande de la conférence des présidents du FCC, de voir un nouveau leadership combler le vide créé à la suite de «l’auto-exclusion» et la suspension du sénateur Bahati.[8]

Le 12 juillet, les élus et cadres de l’AFDC-A qui ont pris acte de « l’auto exclusion » de Bahati du FCC et ont exprimé leur soutien à la candidature d’Alexis Tambwe Mwamba, ont désigné Néné Nkulu, qui va désormais assurer «le leadership de l’AFDC-A et va traiter avec le FCC, en attendant que Bahati puisse peut-être revenir à la raison». Présidente du groupe parlementaire AFDC-A au niveau de la chambre basse du parlement, Néné Nkulu occupait jusque-là le poste de secrétaire générale adjointe du parti politique Alliance des Forces Démocratiques du Congo (AFDC),  sous la direction de Modeste Bahati. La désignation de la député nationale Néné Nkulu Ilunga vient donc répondre à la demande de la conférence des présidents du FCC, de voir « un nouveau leadership combler le vide à la suite de l’auto-exclusion » et la suspension de l’autorité morale de l’AFDC-A Bahati Lukwebo du FCC.[9]

Le 13 juillet, le délai accordé aux membres de l’AFDC et Alliés restés fidèles à Bahati Lukwebo pour clarifier leur position d’appartenance ou non au Front commun pour le Congo (FCC) est arrivé à son terme. Le député Rubin Bukanga, rapporteur de ce regroupement, explique que «la décision qui était prise par la conférence des présidents du FCC avait demandé à ce que nous puissions proposer un nouveau leadership devant engager l’AFDC-A auprès du FCC. Et donc, il était normal que nous, au niveau de l’AFDC-A loyale au FCC, de demander aux autres camarades qu’ils clarifient leur position : est-ce qu’ils demeurent dans le FCC ? ou ils vont suivre le camarade professeur Bahati Lukwebo en indépendant».
En réaction à cette démarche, le sénateur Modeste Bahati Lukwebo met plutôt en garde ceux qui tentent de diviser le regroupement AFDC et Alliés. D’après lui, le nom de ceux qui engagent le regroupement sont connu par les autorités compétentes du pays et repris dans le journal officiel.
Bahati Lukwebo ne voit aucune démarche légale qui donnerait le pouvoir à aucune autre structure pour intimer l’ordre aux membres de son regroupement qui assument les responsabilités de l’Etat:
« De quel droit les gens du FCC vont demander au regroupement AFDC et alliés de désigner les délégués, désigner un autre président ? Ça ne se fait pas ! Je suis un président élu par le congrès pour le compte de l’AFDC, et l’AFDC étant présent dans le regroupement AFDC et alliés, j’ai été élu par mes paires qui sont les chefs des partis qui composent le regroupement. Et donc, il n’y a que ceux-là qui peuvent éventuellement apporter une modification».[10]

Le 13 juillet, le vice président de l’AFDC-A, Steve Mbikayi a convoqué une réunion de crise de son parti politique, le Parti Travailliste (PT), qui compte cinq élus au parlement, pour évaluer la situation et prendre position. «Deux lignes politiques étant actuellement diamétralement opposées au sein du regroupement AFDC-A. Toutefois, le Parti Travailliste ne se sent pas concerné par les prise de position et toutes les démarches entreprises par l’aile dissidente du regroupement», a fait remarquer le bureau politique du PT dans une déclaration lue à la presse. Le Parti Travailliste a dit regretter que «les sociétaires de l’AFDC ne partagent plus la même ligne politique pour des raisons de positionnement».
L’ancien ministre de l’enseignement supérieur et universitaire qui a pris ses distances avec Modeste Bahati, a dit demeurer membre de l’AFDC-A et du FCC. Il a également réitéré sa loyauté et sa fidélité à son autorité morale, l’ancien président Joseph Kabila.
Deuxième force politique du regroupement, le PT de Mbikayi a demandé à la coordination du FCC de tenir compte de son poids dans le partage de postes dans le futur gouvernement.
«Dans le regroupement politique AFDC-A, le PT est la deuxième force politique en terme du nombre des élus après l’AFDC. Le bureau politique du PT demande instamment à la coordination du FCC de tenir compte de cette réalité dans le partage des responsabilités quant au quota revenant à notre regroupement dans la formation du prochain gouvernement et de considérer sa qualité de vice-président de l’AFDC-A et président du parti qui vient en ordre utile dans le regroupement AFDC-A dans la collaboration entre la conférence des présidents du FCC et de l’AFDC-A» , lit-on dans la déclaration du bureau politique du PT.[11]

Le 14 juillet, le président de l’Association Africaine de Défense des Droits de l’Homme, (ASADHO), Jean-Claude Katende, a réagi suite aux divergences qui sévissent depuis quelques jours au sein du regroupement politique Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés, (AFDC-A). Selon Jean-Claude Katende, ceux qui font allégeance à l’ancien président Joseph Kabila sont tout simplement à la recherche des postes ministériels. Sur Twitter, il a souligné que
«l’allégeance de certains membres de l’AFDC-A à Kabila n’est pas une décision de conviction, mais ils attendent d’être nommés ministres ».
Pour rappel, la conférence des présidents de l’AFDC-A a réitéré son soutien à son autorité morale, le sénateur Modeste Bahati, ainsi qu’à sa candidature au poste de président du bureau définitif du Sénat. Cependant, un groupe des membres de l’AFDC-A s’est rangé derrière la candidature d’Alexis Thambwe Mwamba choisi par Joseph Kabila, autorité morale du Front Commun pour le Congo.
Cette dissidence a, par ailleurs, désigné Néné Nkulu, présidente du groupe parlementaire AFDC-A à l’assemblée nationale, comme sa coordonnatrice.[12]

d. Bahati Lukwebo radié définitivement du FCC

Le 15 juillet, le sénateur Modeste Bahati Lukwebo, président de l’AFDC-A, a été définitivement radié du FCC. La décision a été prise à Kinshasa, à l’issue d’une réunion de la conférence de présidents des partis politiques membres du FCC, plateforme de Joseph Kabila.
Tous ceux qui ont des mandants électifs sous le label AFDC-A /FCC (gouverneurs, vice-gouverneurs, membres des bureaux des assemblées provinciales, ministres provinciaux) sont sommés de clarifier leurs positions endéans sept jours, choisissant entre Modeste Bahati et le FCC et confirmant ou non leur appartenance au FCC. La réunion était co-présidée par Néhémie Mwilanya, Emmanuel Ramazani Shadary, Aubin Minaku et Alexis Thambwe Mwamba.[13]

Le 16 juillet, à l’issue d’une réunion tenue à Rotana Hôtel de Kinshasa, Modeste Bahati Lukwebo a été exclu de la présidence de l’AFDC-A par des cadres de ce regroupement politique restés fidèles au FCC et se réclamant membres de la conférence des présidents de partis membres de l’AFDC-A. Ces derniers ont désigné Néné Ilunga Nkulu, présidente du groupe parlementaire AFDC-A, comme présidente aussi de l’AFDC-A. Elle sera assistée de quatre vice-présidents: Steve Mbikayi, président du parti travailliste (PT), Jean-Pierre Tshimanga, Sébastien Luzanga Shamandefu et Rachidi Bukanga. La nouvelle équipe a réaffirmé son appartenance au FCC et exprimé loyauté à Joseph Kabila. Jusque-là, Modeste Bahati reconnaît 13 frondeurs, dont un sénateur. Il leur a demandé d’être conséquents et de renoncer à leur mandat acquis sous le label AFDC-A. Selon d’autres sources, il s’agirait d’au moins 25 députés nationaux et 4 sénateurs.[14]

e. Bahati Lukwebo annonce la mutation de l’AFDC-A à une plateforme politique autonome

Le 16 juillet, au cours d’une conférence de presse, Modeste Bahati Lukwebo a annoncé la mutation de l’AFDC-A à une plateforme politique autonome au même titre que le FCC, le CACH et LAMUKA. Il a expliqué ce changement par le non respect au sein du FCC des critères liés au poids politique en ce qui concerne la répartition des responsabilités. Il a affirmé que l’ADFC-A restera dans la majorité et qu’elle va soutenir le programme de Félix Tshisekedi et de Sylvestre Ilunga Ilunkamba. Par conséquent, il a demandé à Ilunga Ilunkamba, nouveau premier ministre, d’accélérer les consultations dans le but de former le gouvernement et ce, en tenant compte de la nouvelle majorité: «Nous demandons au premier ministre d’accélérer l’identification de la nouvelle majorité parlementaire en considérant la nouvelle plateforme AFDC-A et d’entamer les consultations pour la composition du nouveau gouvernement». Il a dénoncé les méthodes « staliniennes » employées par le FCC pour débaucher certains élus et cadres de l’AFDC-A. Il a rappelé que, selon les dispositions statutaire et règlementaire de l’ADFC-A, l’honorable Néné Ilunga n’a aucune qualité pour engager et représenter le regroupement AFDC-A ni auprès du FCC ni auprès des tiers. Il a enfin confirmé sa ferme décision de maintenir sa candidature à la présidence du sénat.[15]

Le 18 juillet, l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo et alliés (AFDC-A) a déposé une plainte auprès du procureur général près la Cour de cassation à Gombe. L‘AFDC-A de Bahati Lukwebo accuse quatre de ses membres et le coordonnateur du Front Commun pour le Congo (FCC) d’usurpation et abus de pouvoir, de débauchage, de faux en écriture, de menaces et d’insultes. Les personnes incriminées sont: Nene Nkulu Ilunga, Jean-Pierre Tshimanga, Steve Mbikayi, Patrick Djanga et Néhémie Mwilanya. «Les personnes incriminées ont, par leur déclaration du 16 juillet 2019, usurpé les pouvoirs de la Conférence des présidents de l’AFDC-A et de l’autorité morale et président dudit regroupement, en se substituant aux organes décisionnels du regroupement, pour engager l’AFDC-A auprès du FCC et auprès des tiers et en convoquant des réunions sans qualité ni mandat (…)», peut-on lire dans la plainte.
Modeste Bahati, qui a signé ce document, a aussi fait savoir que «les incriminés se sont permis d’adresser des messages menaçants aux élus, gouverneurs et vice-gouverneurs, ministres provinciaux et autres cadres de l’AFDC-A. Plus précisément, le coordonnateur du FCC, Mwilanya Wilondja Néhémie, s’est autorisé de demander au regroupement AFDC-A de limoger son président». Dans sa plainte, Modeste Bahati a indiqué que Néhémie Mwilanya, coordonnateur du FCC, s’est livré au débauchage des incriminés, «en leur offrant des espaces dans un hôtel 5 étoiles de la place. Ce qui est une forme de corruption». Le président de l’AFDC-A a demandé au Procureur général près la Cour de cassation d’engager des poursuites à l’encontre des personnes citées dans sa plainte, «afin de les mettre hors d’état de nuire».[16]

f. La liste des candidats rédigée par le FCC

Le 9 juillet, au cour d’une réunion des présidents des partis membres du Front Commun pour le Congo (FCC), tenue à Rotana Hôtel, à Kinshasa, le FCC avait procédé à la répartition des postes au sein du bureau définitif du sénat entre les différents regroupements politiques qui le composent.
Sur les 5 postes que s’octroie le FCC, la répartition se présenterait de la manière suivante:
– Président du sénat: Indépendant (Alexis Thambwe Mwamba);
– Un poste au PPRD. Le nom de Évariste Boshab circule pour occuper le poste de 1er vice président, mais il n’a pas encore été confirmé;
– Un poste au regroupement ACO de Patrick Bologna;
– Un poste à AAB de l’ex gouverneur Julien Paluku;
– Un poste à AAAC de Guy Mikulu, un proche de l’ancien président de l’assemblée nationale Aubin Minaku.
Sur les 2 postes restants, l’un irait à son allié Cap pour le changement (CACH) et l’autre à l’Opposition.
Selon une source proche de cette plateforme politique, le FCC aura 5 postes sur les 7 que compte le bureau de la chambre haute. Les postes au sénat sont: 1. Président, 2. 1er vice-président, 3. 2e vice-président, 4. Rapporteur, 5. Rapporteur adjoint, 6. Questeur, 7. Questeur adjoint. [17]

Le 13 juillet, le Front Commun pour le Congo (FCC) a publié officiellement la liste des candidats aux différents postes du bureau du Sénat. Les voici:
– Président: Thambwe Mwamba (Indépendant)
– 1er vice-président: Evariste Boshab (PPRD)
– 2ème vice-président: John Tibasima (AAB – Alliance Alternative pour le Bien-être)
– Rapporteur: professeur Kahumba (PPRD)
– Rapporteur adjoint: à pourvoir
– Questeur: Éric Rubuye (ACO – l’Avenir du Congo)
– Questeur adjoint: Zagbalafio (ATD – Alliance des Travaillistes pour le Développement).
Selon Néhémie Mwilanya, le poste de rapporteur adjoint, réservé à une femme, sera comblé après concertation avec d’autres forces politiques. Selon d’autres sources, ce poste serait déjà réservé à un membre de l’opposition, en l’occurrence Marie-José Kamitatu Sona, du G7.
Sur la liste du FCC, il n’y à aucun membre de l’AFDC-A, ni de ceux qui appuient la candidature de Modeste Bahati Lukwebo, ni de ceux qui soutiennent celle de Thambwe Mwamba.
La liste du FCC ne reprend pas non plus aucun délégué de Cap pour le Changement (CACH), plate-forme qui a gagné la dernière présidentielle de décembre. Et pourtant, CACH avait publiquement annoncé son intention d’être représenté au sein du bureau du sénat. «Le FCC ferait une erreur de ne pas laisser un poste à CACH» , avait dit au début de la semaine, Jean Bertrand Ewanga, secrétaire général de l’UNC, le parti de Vital Kamerhe, allié et directeur de cabinet de Félix Tshisekedi.[18]

Le 19 juillet, le Bureau provisoire du Sénat a annoncé que l’élection du bureau définitif aura lieu le 27 juillet prochain. Pour le moment, il y a deux candidats à la présidence du Sénat. Il s’agit du FCC Alexis Thambwe Mwamba et de l’AFDC-A Modeste Bahati.[19]

Le 22 juillet, les candidats aux différents postes du bureau définitif du Sénat ont déposé leurs dossiers au bureau provisoire du Sénat.
La liste du Front Commun pour le Congo (FCC) comprend Alexis Thambwe Mwamba comme candidat président, Evariste Boshab (PPRD) et John Tibasima (AAB) respectivement comme candidats 1er vice-président et 2ème vice-président, Maurice Kahumba (PPRD) comme candidat rapporteur, Eric Rubuye (ACO) comme candidat questeur et Jean-Pierre Zagbalafio (ATD) comme candidat questeur adjoint.
Peu avant le FCC, Modeste Bahati Lukwebo, de l’ADFC-A, avait déposé sa candidature à la présidence, l’ancien premier ministre Samy Badibanga avait présenté sa candidature à la première vice-présidence et Marie Josée Kamitatu, de l’Alliance pour le Renouveau du Congo (ARC) et membre du G7 (Opposition) avait déposé sa candidature au poste de rapporteur adjoint.[20]

Le 23 juillet, le bureau provisoire a publiée la liste définitive des candidats à l’élection du bureau définitif du Sénat. Il s’agit de 18 candidats.
I. Président
– Bahati Lukwebo Modeste
– Makangu Kabongo Georges-Erick
– Thambwe Mwamba Alexis
II. Premier Vice-président
– Badibanga Ntita Samy
– Boshab Mabudj-ma-Bilenge Evariste
– Sanguma Temongonde Mossa
III. Deuxième Vice-président
– Kanyimbu Shindany Michel
– Tibasima Mbogemu Ateenyi
IV. Rapporteur
– Kaumba Lufunda
– Mabaya Gizi-Amine Jean-Philbert
V. Rapporteur-adjoint
– Kamitatu Marie-Josée Sona
– Moleka Liambi Jean de Dieu
VI. Questeur
– Goya Kitenge Bijoux
– Loando Mboyo Guy
– Rubuye Hakizimwami Éric
VII. Questeur-adjoint
– Lelo Nzazi Tilly
– Nikomba Sabangu Madeleine
– Zagbalafio Angala Jean-Pierre.[21]

g. Les résultats du vote

Le 27 juillet, les sénateurs ont procédé aux élections des membres du Bureau définitif du Sénat. Alexis Thambwe a été élu président du Sénat avec 65 voix sur les 108 votants. Il a battu Modeste Bahati qui a raflé 43 voix.
Bahati Lukwebo a eu plus de voix par rapport au nombre de 13 sénateurs que, initialement, il revendiquait à la chambre haute du parlement. Deux d’entre eux sont restés fidèles au FCC. La coalition Lamuka (Opposition) dispose de 13 sénateurs. Ce qui fait croire que parmi les 91 sénateurs revendiqués par le FCC, certains d’entre eux (19) ont voté pour M. Lukwebo.
Contre toute attente, l’ancien premier ministre Samy Badibanga a été élu premier vice-président avec 60 voix. Il est président du regroupement politique « les progressistes » et il n’est pas membre du FCC. Il a battu Evariste Boshab candidat du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie et soutenu par le Front Commun pour le Congo. Evariste Boshab n’a obtenu que 43 voix.
John Tibasima Mbogemu Ateenyi a été élu 2e vice-président du Sénat avec 63 voix.
Membre du regroupement AAB et du FCC, il a battu Kanyimbu Shindany Michel (44 voix), candidat indépendant.
Prince Kaumba Lufunda, candidat du FCC a été élu rapporteur avec 78 voix. Il a battu le candidat de Lamuka, Jean-Philibert Mabaya Gizi, qui n’a obtenu que 29 voix.
La sénatrice Marie-Josée Kamitatu Sona, de l’Alliance pour le Renouveau du Congo (ARC), a été élue au poste de rapporteur adjoint. Elle a battu avec 56 voix à ce poste le candidat indépendant Jean de Dieu Moleka Liambi.
Eric Rubuye Hakizimwami a été élu questeur avec 80 voix. Ce sénateur FCC élu de Kinshasa a devancé la sénatrice Bijoux Goya. Guy Loanda avait désisté à la veille de l’élection.
Rolly Lelo Nzazi a été élu questeur adjoint avec 63 voix au second tour. Ce sénateur élu de Kongo Central a battu le candidat FCC Jean Pierre Zagbalafio Angala, qui n’a obtenu que 38 voix. Les deux candidats avaient obtenu 44 voix chacun au premier tour.
Ci-dessous la composition du bureau définitif du Sénat :
– Président: Alexis Thambwe Mwamba (indépendant, soutenu par le FCC)
– 1er vice-président: Samy Badibanga Ntita (président des Progressistes et proche de l’UDPS)
– 2ème vice-président: John Tibasima Mbogemu Ateenyi (Membre de AAB et soutenu par le FCC)
– Rapporteur: Prince Kaumba Lufunda (membre du FCC)
– Rapporteur adjoint: Marie-Josée Kamitatu Sona (membre de ARC et du G7/Opposition)
– Questeur: Eric Rubuye Hakizimwami (membre du FCC)
– Questeur adjoint: Rolly Lelo Nzazi (indépendant).[22]

L’alternance n’a pas eu lieu. Tel un serpent qui change de peau tout en restant venimeux, l’ancienne majorité présidentielle (MP), qui a fait plus la pluie que le beau temps durant 18 années, s’est métamorphosée en «majorité parlementaire». C’est une des conséquences du fameux « deal » passé entre le FCC de Joseph Kabila et la coalition CACH du duo Tshisekedi-Kamerhe.
Mais qui sont les nouveaux membres du Bureau du Sénat?
Alexis Thambwe Mwamba (ATM)
Né le 6 mai 1943 à Longa, dans la province du Maniema, le nouveau président du Sénat est juriste de formation et avocat de profession. « ATM » fait partie de ceux qu’on pourrait appeler les « anciens dignitaires » du régime de Mobutu Sese Seko. «C’est en 1985, suite à la demande» de Léon Kengo wa Dondo, alors Premier commissaire d’Etat, qu’il va faire son entrée dans la politique. Plusieurs fois ministre (Travaux publics, Portefeuille, Transports et communications), il a été ambassadeur en Italie, avant d’être nommé à la direction générale de l’Office de douanes et accises (ex-Ofida). En mai 1997, après l’entrée à Kinshasa de l’AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo), Thambwe Mwamba prend le chemin de l’exil. Fin 1998, au lendemain de la rupture entre LD Kabila et ses anciens parrains rwandais et ougandais, il rejoint la nouvelle «rébellion congolaise» montée de toutes pièces à partir de Kigali, au Rwanda, le «Rassemblement congolais pour la démocratie » (RCD).
Sous le régime de Transition « 1+4 », ATM est nommé ministre du Plan avec l’étiquette MLC (Mouvement de libération du Congo) de Jean-Pierre Bemba. Après la présidentielle de 2006, l’ancien président de l’UDI (Union des démocrates indépendants) rejoint la toute nouvelle « Alliance de la majorité présidente » de Joseph Kabila sous la bannière de « personnalité indépendante ». À ce titre, il a été élu député national de la circonscription électorale de Kindu en 2006 et sénateur de la province du Maniema en décembre 2018
Au même titre, il a pu diriger deux ministères régaliens, à savoir les Affaires étrangères et la Justice.
Au ministère de la Justice, Thambwe Mwamba a brillé par ses violations répétées du principe de la séparation des pouvoirs. Dans plusieurs dossiers, l’homme s’est comporté en une sorte de « super procureur ». On l’a vu instrumentaliser la justice en enjoignant au procureur général de la République, Flory Kabange Numbi, d’ouvrir une « information judiciaire » sur des allégations de «recrutement de mercenaires» imputé à Moïse Katumbi Chapwe, ancien gouverneur du Katanga.
Dans un premier temps, Thambwe lança le chiffre de 600 «mercenaires». Le nombre finit par être revu à la baisse jusqu’à atteindre le chiffre 11. Personne n’a finalement jamais vu un seul mercenaire. Thambwe Mwamba a été l’inspirateur d’un deuxième affaire instruit à charge de Moïse Katumbi, celui de « détention de double passeport ». Ces deux affaires: « recrutement de mercenaires » et « détention de double passeport », ont contribué substantiellement à écarter Katumbi de la présidentielle de 2018,
Thambwe Mwamba fait partie des personnalités (Boshab, Shadary, Mende, …) proches de Kabila qui ont été sanctionnées (restriction de visa et gel des avoirs) soit par l’Union européenne que par les Etats-Unis, pour violations des droits de l’homme et entraves au processus électoral.
Samy Badibanga Ntita
Né le 12 septembre 1962 à Kinshasa, le nouveau 1er vice-président du Sénat a évolué dans le secteur privé, avant d’apparaître dans le proche entourage de Etienne Tshisekedi wa Mulumba, président de l’UDPS, le proncipal parti de l’opposition.
Elu député national en novembre 2011, Badibanga prend ses distances par rapport à l’UDPS après son refus d’obtempérer à l’oukase de « Tshitshi » demandant aux élus de son parti de ne pas siéger à l’Assemblée nationale. En dépit de ce différend, « Samy » serait resté en bons termes avec Felix Tshisekedi Tshilombo, fils de Etienne Tshisekedi.
Le 17 novembre 2016, Badibanga est nommé Premier ministre à l’issue du « dialogue politique » piloté par le Togolais Edem Kodjo. Il est remplacé par Bruno Tshibala, alors secrétaire général adjoint de l’UDPS. C’était en marge des concertations politiques arbitrées par la Conférence des évêques catholiques au centre interdiocésain.
John Tibasiima Mbogemu Ateenyi
Natif de la province de l’Ituri, le nouveau 2ème vice président du Sénat est né le 7 septembre 1951 à Nyankunde. Licencié psychologie, John Tibasiima est un Hema du Sud.
C’est en 1987, que cet Iturien s’est engagé en politique en tant que commissaire du peuple (député) sous le MPR- parti Etat. Il devient membre du Haut conseil de la République, parlement de transition (HCR-PT). De 1993 à 1996, il est PDG de l’office d’or de Kilo-Moto (Okimo) avant de rejoindre l’AFDL en 1997.
Fin 1998, Tibasiima rejoint le RCD. Après l’éclatement de ce mouvement en plusieurs groupes dissidents, il se rallie au RCD-ML dirigé par Antipas Mbusa Nyamwisi. « John » finit par mettre sur pied son propre mouvement rebelle dénommé « RCD-Bunia ».
En 2003, « John » est promu ministre de l’Urbanisme et de l’habitat sous le régime de transition « 1+4 ». Son nom fut pourtant épinglé dans le rapport rédigé par le panel des experts onusiens sur le pillage des ressources naturelles au Congo. En janvier 2007, il est élu sénateur à Irumu.
Prince Kaumba Lufunda Samajiku
Natif du «Grand Katanga», âgé de 62 ans, docteur en philosophie et licencié en criminologie, le nouveau Rapporteur du Bureau du Sénat a été recteur de l’Université de Lubumbashi.
En 2008, il a été appelé à succéder à Guillaume Samba Kaputo – décédé en 2007 – au poste de conseiller spécial du chef de l’Etat en matière de Sécurité. Il assumera, par la suite, les fonctions de directeur de cabinet au ministère de l’Intérieur.
Marie Josée Kamitatu Sona
On sait très peu de chose sur le nouveau Rapporteur adjoint du Bureau du Sénat. Elle est membre de l’ARC (Alliance pour le renouveau du Congo), un parti membre de LAMUKA, plateforme politique de l’opposition. Elle serait la fille de Olivier Kamitatu, président de l’ARC et porte-parole de Moïse Katumbi.
Eric Rubuye Hakizimwami
Selon des sources, le nouveau questeur du Bureau du Sénat serait un Mushi du Sud Kivu. Il serait un « parent par alliance » de « Joseph Kabila« . « Eric » aurait pour seconde épouse, une certaine « Agathe » qui serait une des filles de feu Mzee Kabila. Par la volonté de « autorité morale » du FCC, les finances du Sénat congolais seront «gérées en famille». Rubuye est issu du monde des affaires et serait membre de l’ACO (Avenir du Congo).[23]

[1] Cf Radio Okapi, 03.07.’19
[2] Cf Radio Okapi, 09.07.’19
[3] Cf Radio Okapi, 09.07.’19; Patrick Maki – Actualité.cd, 09.07.’19
[4] Cf Radio Okapi, 06.07.’19
[5] Cf Thierry Mfundu – Politico.cd, 10.07.’19
[6] Cf Actualité.cd, 10.07.’19
[7] Cf Radio Okapi, 13.07.’19
[8] Cf Alain Tshibanda – Top Congo FM – via mediacongo.net, 11.07.’19
[9] Cf 7sur7.cd, 12.07.’19
[10] Cf Radio Okapi, 13.07.’19
[11] Cf Jean Pierre Kayembe – Cas-info.ca, 14.07.’19; Jeff Kaleb Hobiang 7sur7.cd, 14.07.’19
[12] Cf Jephté Kitsita – 7sur7.cd, 14.07.’19
[13] Cf Radio Okapi, 16.07.’19; Actualité.cd, 15.07.’19
[14] Cf Actualité.cd, 16.07.’19 ; Jeff Kaleb – 7sur7.cd, 16.07.’19
[15] Cf 7sur7.cd, 16.07.’19; Actualité.cd, 16.07.’19; Cas-info.ca, 16.07.’19
[16] Cf Radio Okapi, 19.07.’19
[17] Cf Alphonse Muderhwa – 7sur7.cd, 09.07.’19
[18] Cf Radio Okapi, 13.07.’19; Cas-info.ca, 13.07.’19
[19] Cf Jephté Kitsita – 7sur7.cd, 19.07.’19
[20] Cf Fonseca Mansianga – Actualité.cd, 23.07.’19
[21] Cf Japhet TokoActualité.cd, 23.07.’19
[22] Cf Radio Okapi, 27.07.’19; Actualité.cd, 27.07.’19; 7sur7.cd, 27.07.’19
[23] Cf Baudouin Amba Wetshi – Congo Indépendant.com, 28.07.’19