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avr 21 2011

CONFERENCE DE PRESSE DU CAUCUS DES FEMMES CONGOLAISES DU SUD-KIVU POUR LA PAIX

CONFERENCE DE PRESSE DU CAUCUS DES FEMMES CONGOLAISES DU SUD-KIVU POUR LA PAIX EN RAPPORT AVEC LE DEROULEMENT DU PROCESSUS DE LA REVISION DU FICHIER ELECTORAL AU SUD-KIVU

MOT DE LA PRESIDENTE DU CAUCUS DES FEMMES

Le Caucus des femmes Congolaises du Sud Kivu pour la paix est un cadre de concertation et une dynamique inclusive qui regroupe les femmes des tendances et idéologies différentes, dans le but de renforcer le leadership de la femme et d’intégrer l’approche genre à tous les niveaux en vue de contribuer au développement et à l’avènement d’une paix durable en RD. Congo en général et en Province du Sud Kivu en particulier.


Ses objectifs sont :

- Promouvoir le leadership des femmes
– Défendre et protéger les droits et intérêts des femmes
– Encourager l’implication et la participation de la femme dans le processus de paix et de démocratisation en RDC
– Renforcer les capacités d’organisation, de communication et de gestion de la femme leader

Le cheval de bataille du Caucus des femmes est le plaidoyer pour la paix et la représentativité des femmes dans les instances de prise de décision.

C’est dans le souci d’encourager l’implication des femmes dans le processus de paix et de démocratisation en RD Congo que le Caucus des femmes suit de près le déroulement du processus de la révision du fichier électoral, lancé officiellement le 2 avril 2011 au Sud-Kivu.

C’est pour cela que le Caucus des femmes a organisé une rencontre d’échange ce vendredi 15 Avril 2011 avec les femmes leader du Sud-Kivu à travers ses différentes composantes à savoir : les femmes membres du mouvement associatif, les femmes actives au sein des partis politiques, les confessions religieuses, les medias, les étudiantes, les professions libérales, etc. Cette rencontre a connu la présence de Mme la Présidente de la Société Civile, International Alert, la Section genre de la MONUSCO, la CENI qui a en même temps représenté la section électorale de la MONUSCO.

Le temps fort de cette rencontre a été l’analyse du contexte par rapport à l’état d’avancement du processus de la révision du fichier électoral au Sud-Kivu. De cette analyse, les femmes ont montré que ce processus est entaché de plusieurs irrégularités qui constituent un obstacle à leur implication dans le processus électoral 2011.

Ces irrégularités sont situées à deux niveaux :

1. Au niveau de la CENI

- Réduction et éloignement de centres d’inscription,( kilomètres à parcourir à pieds par les personnes vulnérables).
– Réduction des kits
– Panne fréquente des matériel informatiques,unités centrales, disques durs externes, générateurs etc.)
– La non maîtrise de l’outil informatique des certains OPS (Operateurs de Saisie) qui peut occasionner certaines erreurs
– Lenteur alarmante observée dans le travail d’enrôlement au 14/04/2011,dans 303 bureaux d’enrôlement 191.391personnes ont été enrôlées soit une moyenne de 48 personnes par bureau et par jour. Comme en 2006 la CEI a enregistré 1666615 électeurs et électrices, à ce rythme pour arriver à ce chiffre, il faudra 34.721 jours soit 95 ans
– Monnayage des jetons dans certains centres
– Distribution des jetons à des heures tardives et non appropriées (3h, 4h du matin) exposant ainsi les électeurs à l’insécurité
– Le versement irrégulier de la ration alimentaire des policiers
– Absence de certains agents de la CENI dans certains centres d’enrôlement qui sont en même temps des fonctionnaires de l’Etat (enseignant et chef d’établissements)
– Les nouveaux inscrits sont demandés d’attendre qu’on termine avec les anciens cas pour enrôler les nouveaux cas (cas de Kavumu, Kabare et Murhesa)
– Non respect des groupes vulnérables dans certains centres de vote (femmes enceintes, vieillards, handicapés etc)
– grève des certains agents de saisi de bureaux de vote suite au non payement de salaire.

2. Au niveau de certains acteurs politiques

L’analyse du contexte faite par les femmes est allée au-delà de la CENI. Les femmes ont jeté un regard sur les autres acteurs impliqués tels que certains acteurs politiques. Les femmes leaders de Bukavu étant non seulement des électrices mais aussi des candidates potentielles ont exprimé leurs craintes de voir la Circonscription électorale de Bukavu dépeuplée d’un nombre important de ses électeurs en général et en particulier l’électorat féminin. Les femmes ont dit que ce dépeuplement des électeurs de Bukavu se manifeste par :

- L’influence de quelques candidats potentiels sur certains électeurs de la ville de Bukavu à se faire enrôler dans leurs circonscriptions moyennant certains avantages
– La manipulation des finalistes en les trompant d’aller se faire enrôler dans lesTerritoires comme garantie d’obtenir leurs diplômes d’Etat.

Toutes ces irrégularités entrainent un certain nombre de conséquences telles que :

- Découragement des électeurs et particulièrement les femmes à Bukavu comme dans les territoires
– Risque des conflits entre les électeurs citadins et ceux retrouvés sur le centre d’enrôlement en territoires
– Risque d’arriver à la fin de l’échéance de la période de la révision du fichier électoral sans que tous les citoyens en âge de voter ne se fassent enrôler.
– Réduction du nombre des sièges dans la circonscription électorale de Bukavu
– Perpétuer la culture des antivaleurs telles que la corruption, la tricherie, etc.
– Exploitation de la vulnérabilité des électeurs pour ses propres fins

Les éléments du contexte tels que dégagés par les femmes leaders montrent à suffisance que les femmes du Sud-Kivu sont déterminées à s’impliquer dans le processus électoral 2011. Elles suivent tous les jours ce qui se passe dans différents centres d’enrôlement et analysent même le comportement des différents acteurs impliqués. C’est pourquoi, le Caucus des femmes congolaises du Sud-Kivu pour la paix lance un cri d’alarme aux autorités compétentes pour permettre à toutes les congolaises et congolais à l’âge de voter de participer effectivement au processus électoral 2011 car le vote est un droit civique.

Le Caucus des femmes demande au Gouvernement congolais et à la CENI de trouver les solutions aux différents problèmes techniques évoqués ci haut afin de remettre de l’ordre dans différents centres concernés et permettre ainsi aux potentiels électeurs de jouir de leur droit civique. Le Caucus des femmes leur demande aussi de commencer à réfléchir sur un plan B de prolongation de la révision du fichier électoral au cas où les 90 jours prévus ne suffisaient pas.

A la Section Electorale de la MONUSCO et autres partenaires de la CENI, d’aider la CENI à trouver des réponses aux problèmes qui se posent pour un aboutissement heureux de ce processus électoral.

Aux acteurs politiques qui seraient impliquées dans la manipulation des électeurs de cesser avec ces pratiques anti civiques.

Tout en reconnaissant que chaque citoyen est libre de se faire enrôler dans un centre d’inscription de son choix, le Caucus des femmes condamne toutes ces irrégularités. Comment aboutir à un développement durable si ceux là qui sont censés travailler pour améliorer les conditions sociales de la population ont toujours tendance à la maintenir dans une pauvreté pour que cette dernière et surtout les femmes vendent leur conscience pour satisfaire aux besoins égoïstes de certains acteurs politiques ? Le vote étant un devoir civique, il appartiendrait à toute congolaise et tout congolais de se laisser guider par sa volonté civique.

Nous femmes, nous déplorons que la démocratisation du pays se concrétise par des élections au sommet de la pyramide, alors que l’idéal serait de commencer les élections à la base.
– le Caucus des femmes du sud-kivu pour la paix émet le vœu de voir la loi sur la mise en application de la parité adoptée et la loi sur les élections révisée et promulguées
– le caucus des femmes est convaincu que pour ces échéances électorales 2011, les femmes seront suffisamment élues.